Troyes - Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul
Malgré une construction qui s’est étalée sur plus de 400 ans, entre le début du XIIIe et le XVIIe siècles, la cathédrale de Troyes est l’une des plus belles réalisations de l’art Gothique et se révèle d’une grande unité architecturale intérieure et extérieure.
Un haut lieu du vitrail
La cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Troyes se distingue par la richesse de ses vitraux, datés du XIIIe siècle dans le chœur et des XVe et XVIe siècles dans la nef, qui concourent à faire de cet édifice un haut lieu du vitrail avec ses 1 500 m2 de verrières historiées.
Une importante collection d'émaux mosans et limousins
Constitué d’œuvres et d’objets sacrés des IXe - XIXe siècles, le trésor de la cathédrale de Troyes, est l’un des plus importants de France. Il comporte 260 pièces, dont 75 sont protégés, depuis 1894, au titre des monuments historiques.
Le trésor présente une collection importante de reliques, d'insignes et d’émaux mosans et limousins. Pour en savoir plus sur les émaux de la cathédrale de Troyes.
Au Moyen Âge, à Troyes, le Trésor le plus important était celui de la collégiale Saint-Étienne située sur l’actuelle place du Préau, que les Comtes de Champagne avaient magnifiquement dotée. La cathédrale, la collégiale Saint-Urbain, les abbayes Saint-Loup et Notre Dame-aux-Nonnains avaient également le leur.
Le trésor de la cathédrale est attesté dès le Xe siècle : une charte de 991 mentionne le nom du trésorier, mais sans en préciser le contenu. Il est constitué à partir de 1204, lors de la IVe croisade.
Le trésor de la cathédrale gothique
Le trésor de la cathédrale gothique se constitue à partir de 1204, date du pillage de Constantinople par les croisés, lors de la IVe croisade auquel l’évêque de Troyes, Garnier de Traînel (1193-1205) et doyen des prélats, participa.
Désigné par le pape Innocent III gardien des reliques confisquées aux grecs, il en garda une part pour sa cathédrale alors en reconstruction après que l’édifice roman eût été ravagé en 1188 par un incendie.
Garnier de Traînel mourut à Constantinople et ce fut son successeur, l’évêque Hervé (1207-1223), qui acheva les travaux de la cathédrale gothique. Le Trésor, formé de deux pièces superposées qui communiquaient entre elles, fut dès l’origine implanté où il se trouve actuellement.
Sa genèse est inscrite sur trois verrières hautes du chœur, datant des années 1240-1250, l’une d’elle figurant Garnier de Traînel portant le vase de la Cène.
Ce fut le chapelain de Garnier de Traînel qui rapporta les objets que ce dernier avait soigneusement mis de côté, notamment un coffret d’ivoire pourpré byzantin, un morceau considérable de la vraie Croix, le corps de sainte Hélène d’Athyra, le chef de saint Philippe, le pied de sainte Marguerite et le vase de la Cène en porphyre vert et noir, de quoi assurer le renom du chapitre et des revenus nécessaires à la construction de la cathédrale gothique.
La Révolution
Soigneusement entretenu et surveillé durant des siècles, il fut à la Révolution française la proie de fanatiques.
Après le vote de la confiscation des biens du clergé en 1789, la cathédrale devint un dépôt révolutionnaire où furent regroupées les pièces d’orfèvrerie sacrées provenant des trésors que comptait la ville. Les nuits des 9 et 10 janvier 1794, les objets les plus précieux furent brisés ou fondus par l’orfèvre Rondot et ses acolytes, qui récupérèrent ainsi près d’une tonne de métal qu’ils expédièrent à Paris au magasin général des dépouilles des églises.
Le renouveau liturgique ou la renaissance du Trésor au début du XIXe siècle
Après le Concordat (1801), Monseigneur de la Tour du Pin Montauban, évêque de Troyes en 1803, redonna un premier élan à la renaissance du Trésor en léguant en 1807 la chapelle royale d’orfèvrerie aux armes du dauphin, futur Louis XVI.
Cette même année, le préfet confia aux fabriciens de la cathédrale les vestiges du saccage de 1794, soit quarante huit objets parmi lesquels le coffret en ivoire pourpré byzantin, les aumônières des comtes de Champagne, les émaux limousins du chef reliquaire et la statuette de saint Loup (XVIe), des plaques émaillées des XIIe et XIIIe siècles, des intailles antiques et le psautier carolingien du IXe siècle ayant appartenu au comte Henri 1er.
La chapelle d’orfèvrerie d’Edouard Colbert, marquis de Villacerf (Aube), surintendant des bâtiments du roi Louis XIV, fut quant à elle déposée à la cathédrale au titre de confiscation révolutionnaire.
Ces précieux témoignages furent exposés dès 1808 dans la salle basse du Trésor.
Entre 1807 et 1882, de nombreuses donations furent faites au Trésor. Le chef de saint Bernard fut remis au chapitre en 1813. La fabrique de la cathédrale acquit en 1857, avec la participation de l’Etat, la châsse romane de saint Alban, provenant de l’abbaye de Nesle-la Reposte (Marne). Restaurée avec le concours de Viollet-le-Duc, elle abrite toujours les reliques de saint Bernard et de saint Malachie
Les fouilles archéologiques entreprises en 1844 et 1864 lors de travaux dans le chœur de la cathédrale permirent au trésor de s’enrichir d’objets insignes provenant des sépultures des évêques Hervée (†1223), Nicolas de Brie († 1269) et Pierre d’Arcis († 1395).
Le sarcophage d’Hervée, père de la cathédrale gothique, fut retrouvé le 20 octobre 1844 sous la chapelle d’axe lors de la construction d’un caveau pour les prélats et l’on mit au jour à cette occasion les cercueils des comtes de Champagne, Henri 1er le libéral († 1181) et Thibaut III († 1201) dont les restes avaient été déposés en 1792 après le saccage de leurs tombeaux dans la Collégiale Saint-Etienne qui jouxtait l’ensemble palatin.
Le calice et la patène du prélat, qui servirent de modèle pour les créations d’orfèvrerie néo-gothique, furent communément appelés du type "calice de Troyes".
Bénéficiant de l’élan national en faveur de l’archéologie et des monuments historiques à cette époque, le Trésor s’enrichit de plusieurs dons, notamment celui de la collection personnelle du chanoine Coffinet (1810-1882), secrétaire de l’évêché puis conservateur de l’archéologie au musée de Troyes de 1863 à 1882 : pyxides et navette émaillées du XIIIe siècle, croix reliquaire des XIIIe et XVe siècle, médaillon florentin du XVIIe siècle de l’atelier des Médicis.
Le trésor actuellement en travaux
En 1973, le trésor de la cathédrale de Troyes est installé dans deux salles de la tour forte, qui n’étaient plus compatibles avec les exigences de conservation des œuvres, de présentation, de sécurité, d’accueil et de médiation. En 2014, la DRAC le réorganise et il est présenté dans une salle basse voûtée, à droite du chœur depuis 2014.
Aujourd'hui, sa présentation fait l'objet d'un nouveau projet. En attendant les travaux, une exposition photographique vous présente les plus beaux exemples du trésor.
Quelques pièces importantes seront visibles, du 5 mai au 31 octobre 2026, à Troyes, à la Cité du Vitrail/ Hôtel-Dieu-le-Comte, dans l'exposition : Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes
Partager la page













