Résidences vertes
Les enjeux de transition écologique sont au cœur des politiques portées par le ministère de la Culture. Le dispositif des Résidences vertes fait partie des accompagnements proposés aux artistes en vue de mieux produire et mieux diffuser.
Que sont les résidences vertes ?
Mener à bien la transition de la culture : c’est l’enjeu du Guide d’orientation et d’inspiration pour la transition écologique, publié en 2023 par le ministère de la Culture. Son premier axe, « Créer autrement », se traduit par un ensemble d’actions inscrites dans la stratégie « Mieux produire, mieux diffuser » relative à la transformation écologique du secteur de la création.
C’est dans ce cadre que le ministère a lancé un nouveau dispositif : les Résidences vertes. Une expérimentation du dispositif a été réalisée en 2023-2024 sur la base de six projets sélectionnés par cinq DRAC/DAC partenaires (Bourgogne Franche-Comté, Bretagne, Martinique, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur). Les artistes et leurs co-porteurs ont bénéficié d’un financement de 20 000 euros par projet. Pendant six à douze mois, ils ont travaillé à un projet alliant transformation des pratiques professionnelles et évolution des médiums et des représentations artistiques.
Le bilan dressé à la suite de cette expérimentation a permis d'ajuster le dispositif avant le lancement du premier appel à candidatures en juin 2025.
Temps de recherche et d’expérimentation, les résidences vertes peuvent avoir trait aux modes de production ou de diffusion, aux techniques de fabrication, aux modes d’organisation du travail (dont la mobilité), aux relations que ces œuvres entretiennent avec le milieu ou le vivant, ou plusieurs de ces dimensions. Sur une période de 12 mois, continue ou non, l’artiste explore, avec les co-porteurs du projet, une ou plusieurs nouvelles pratiques favorables à la transition écologique.
Documentées, les résidences vertes ont également vocation à constituer une ressource vivante et inspirante pour l’ensemble des artistes et plus généralement le secteur de la création.
Projets soutenus
— Projets lauréats de la première édition (2025-2026)
Le 14 avril 2026, le ministère de la Culture, en lien avec la fondation Daniel et Nina Carasso, le PEPR ICCARE, l’Office français de la biodiversité et la Fondation François Sommer - Musée de la Chasse et de la Nature, a annoncé les 18 lauréats du dispositif, parmi 260 candidatures. Ils ont été sélectionnés, à l'issue de l’appel à candidatures, par un comité composé de représentants du ministère de la Culture (DGCA/DRAC) et des organisations partenaires du dispositif.
Le projet part d’un postulat simple : la transition écologique ne doit pas sacrifier le merveilleux ni la force de l’imaginaire. Avec cet objectif en vue, la scénographe Aurélie Deloche souhaite explorer des alternatives durables pour la conception de décors afin de limiter l’impact écologique lié à leur fabrication, à leur transport et à l’énergie consommée lors des spectacles.
La recherche-action s’appuie sur les principes du low-tech pour expérimenter des dispositifs scéniques légers, modulaires, biosourcés, issus du réemploi et sobres en énergie, afin de concilier réduction de l’empreinte carbone et richesse poétique des créations.
Le projet repose sur la complémentarité de trois acteurs : le regard artistique et plastique d’Aurélie Deloche, l’expertise du Low-tech Lab Grenoble et l’ancrage territorial du Théâtre les Aires, Théâtre de Die et du Diois. Cette collaboration sera nourrie par une enquête de terrain auprès des acteurs culturels locaux (artistes, ressourceries, etc.).
La résidence sera valorisée par un workshop à destination des artistes et compagnies du territoire, permettant de partager les problématiques rencontrées et de tester collectivement les prototypes développés. L’ensemble de la recherche fera l’objet d’une documentation plurielle en open source, partagée auprès des réseaux professionnels et via les sites internet des co-porteurs du projet.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Le Low-tech LAB de Grenoble, représenté par l’ingénieur Kevin Loesle. Depuis 2019, l’association œuvre à la diffusion de la démarche low-tech sur son territoire à travers plusieurs leviers d’action que sont la sensibilisation, l’encapacitation et la production de communs. Elle s’inscrit dans un réseau regroupant une trentaine d’associations low-tech dans la francophonie.
- Lieu d’accueil : Le Théâtre les Aires, Théâtre de Die et du Diois. Scène Conventionnée d’Intérêt National Art en Territoire, le théâtre développe une programmation pluridisciplinaire rythmée par deux festivals, l’Echappée des Rues en septembre et F(r)iction du Réel au printemps. Le théâtre s’interroge aujourd’hui sur les modes de déplacement et d’habitat, sur les loisirs et sur les modes de production agricole et de consommation. Les villages du Diois sont le cadre de l’ensemble des missions du théâtre : diffusion de spectacle, résidence d’artistes et projets de médiation.
Dans le cadre de sa résidence verte, la designer Leïla Bouyssou souhaite explorer les enjeux relatifs à la mobilité des œuvres et à leur conditionnement, avec pour objectifs la réduction du coût écologique et le développement de nouvelles pratiques d’écoconditionnement.
La résidence sera l’occasion d’envisager différents matériaux et de développer des prototypes à travers une démarche d’expérimentation. Elle s’inscrit dans une volonté plus large d’accompagner la transition écologique du secteur culturel et de favoriser l’emploi de ressources locales ; dont, entre autres, la laine de mouton. Il s’agit également d’ancrer une institution culturelle dans des problématiques directement liées à son territoire, en faisant de la recherche et de l’expérimentation des leviers de transformation des pratiques.
La résidence sera valorisée lors de plusieurs temps : à l’occasion de France Design Week 2027, d’une présentation publique au Musée Buffon de Montbard, et auprès des étudiants de master de l’Université de Bourgogne-Europe dans le cadre d’un cours intitulé « La fabrique de l’exposition ». La recherche fera également l’objet d’un article pour Les Carnets de l’OCIM et l’ICOM, d’une intégration à l’écothèque de L’Augures Lab Culturrrre Circulaire et d’une vidéo réalisée par l’équipe du Musée Buffon.
Co-porteurs et partenaires du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Fanny Legros, de l’agence Sursauts (ex-Karbone Prod). Forte d’une expérience de plus de dix ans dans l’art contemporain, Fanny Legros propose avec Sursauts une expertise pointue en analyse de cycle de vie (ACV) pour mesurer l’impact environnemental des matériaux et procédés. Elle développe un accompagnement méthodologique en écoconception et contribue à la structuration et à la valorisation des résultats pour favoriser leur diffusion auprès de la communauté muséale et patrimoniale.
- Lieu d’accueil : Le Musée et Parc Buffon de Montbard invite à un voyage dans l’histoire des sciences, des cabinets de curiosités aux premiers Muséums. Lieu de flânerie, il propose aussi visites guidées, animations pédagogiques et expositions temporaires sur la nature, en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle.
- Structure de production et de diffusion : ARCADE Design à la campagne ®. Fondée en 1986, l’association ARCADE est dédiée à la promotion, à la diffusion et au soutien du design et des métiers d’art. Implantée au cœur d’un territoire rural, ARCADE conçoit et accueille des expositions, des résidences et des temps de recherche qui interrogent les pratiques du design à l’aune des mutations sociales, environnementales et économiques actuelles. À travers son projet emblématique Design à la campagne®, ARCADE ancre durablement son engagement dans le territoire à dominante rurale de l’Auxois, en valorisant ses ressources, ses savoir-faire et ses dynamiques locales.
Dans le cadre d’un projet de création chorégraphique intitulé « Manifeste du Monde Flottant » portant sur les Bishnoïs, peuple d’Inde considéré comme l’un des premiers écologistes, Sarath Amarasingamet la compagnie Advaïta L Cie dédient un cycle de recherche (« Terre Fertile ») à la problématique suivante : comment concilier ambition artistique et enjeux éthiques ?
Avec l’aide d’Anaïs Roesch, chercheuse et curatrice travaillant depuis plus de dix ans à la croisée de l’écologie politique et des arts visuels, la compagnie souhaite questionner chaque poste de création à l’aune des enjeux écologiques par le biais de plusieurs « laboratoires » ; l’objectif étant de résoudre les contradictions liées aux enjeux écologiques en amont du processus de création. Cela permettrait d’anticiper les impacts et de rechercher des solutions conciliant exigences esthétiques, enjeux écologiques et contraintes économiques. Il s’agit donc de dépasser une approche empirique de l’écoconception pour tendre à une démarche fondée sur des données quantifiables et mesurables. Le Dancing – CDCN de Dijon, co-porteur de ce projet, accompagnera le projet pour ce qui a trait à l’artistique, la logistique et la mise en réseau.
La recherche sera valorisée lors d’un temps fort consacré à « l’écoconception dans la création chorégraphique » organisé pendant le festival Art Danse du Dancing – CDCN de Dijon en mars 2027 et destiné aux professionnels du secteur. Elle donnera également lieu à la rédaction d’un guide d’écoconception pour les chorégraphes, illustré par une dessinatrice.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Anaïs Roesch est chercheuse et curatrice. Elle a initié et codirigé un rapport de référence sur la décarbonation du secteur culturel français pour le think tank The Shift Project en 2019. En parallèle de la thèse qu’elle finalise, portant sur la construction sociale des sensibilités écologiques chez les artistes, elle accompagne Advaïta L Cie dans sa démarche d’écoconception pour cette résidence verte.
- Lieu d’accueil : Le Dancing CDCN Dijon Bourgogne-Franche-Comté. Installé à Dijon, Le Dancing accompagne le champ chorégraphique au moyen de différents leviers : soutien à la création et à la recherche, diffusion, actions d'éducation artistique et culturelle, formations auprès de tous les publics, etc. Depuis plusieurs années, le centre met l’accent sur la rencontre avec le territoire et ses populations autour de la « danse située », une danse en prise avec son environnement, tant urbain que rural.
Dans le cadre de ce projet, l’artiste Natacha Nisic et la chercheuse en génie des procédés Melaz Tayakout souhaitent explorer les données liées à l’acidification des océans en imaginant un modèle scientifique adapté à la création artistique. Le projet vise à rassembler et à comprendre ces données pour les traduire en sons et en images.
Avec cette résidence verte, l’objectif est de déplacer les modes de création et de diffusion en favorisant le travail en équipe entre artistes, scientifiques, et personnes impliquées dans le tissu économique et social maritime. Le tout afin d’approcher de manière interdisciplinaire le sujet et d’envisager des formes de restitution en dehors des lieux classiques de diffusion.
Cette recherche s’appuie sur une collaboration étroite avec le monde scientifique, notamment avec Florence Cayocca, chercheuse à l’Ifremer, et l’Ircam.
Les données recueillies seront restituées en collaboration avec des enfants et des chorales pour donner lieu à une conférence performée, une installation vidéo et un concert. La recherche sera également documentée à travers un making-of vidéo et un site internet dédié à l’œuvre.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Florence Cayocca (Ifremer) est une chercheuse travaillant sur la quantification des impacts des activités humaines, notamment l’ostréiculture et le chalutage, sur l’environnement côtier.
- Lieu d’accueil : Le SMTS – Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique) est un centre de recherche public consacré à la création musicale et à la recherche scientifique, où convergent prospective artistique et innovation scientifique et technologique.
Dans le cadre de cette résidence verte, le metteur en scène Quentin Rioual accompagné de la scénographe Clara Georges Sartorio et du dramaturge Ezra Baudou s’intéresse à la notion de « communs négatifs », notamment développée par Alexandre Monnin.
À travers l’étude d’anciennes décharges situées au sud-ouest de Rennes et exploitées entre 1960 et 2022, l’artiste souhaite explorer la traduction narrative, spatiale et musicale des déchets en tant que récits invisibilisés, le tout par une approche décoloniale des ruines et du traitement actuel des déchets.
Pour les artistes, cette résidence constitue l’opportunité de se former au théâtre au-dehors et à de nouveaux protocoles de travail, dont l’écriture de terrain, et de développer une méthodologie d’arpentage. L’enjeu sera aussi de décentrer la figure du metteur en scène et d’avancer au rythme d’une équipe scientifique ici composée de Marguerite Courtel (Les Augures, biodiversité) et de Léa Lévy (GéoSciences Rennes, hydrologie). Une occasion de défendre l’intérêt de la démarche artistique au sein d’un projet de recherche croisant hydrogéologie et sciences humaines et sociales.
La recherche sera valorisée lors des « Rencontres du décombrement » prévues en avril 2027 avec des ateliers et tables rondes ouverts tant aux professionnels du secteur qu’au tout public. La résidence fera l’objet d’une documentation via un journal de suivi en ligne (oaqi.substack.com) et donnera lieu à la formalisation d’un protocole réplicable, afin de permettre la transmission et la réutilisation de la méthodologie développée au cours de la recherche.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnelles de la transition écologique : Marguerite Courtel (Les Augures) est cofondatrice de l’association Les Augures qui accompagne le secteur culturel dans sa transition écologique et sa capacité d'adaptation et d'innovation. Léa Lévy (GéoSciences Rennes ; CNRS, Université Rennes 1) est doctorante en géophysique et minéralogie et travaille sur la pollution souterraine, et particulièrement sur les anciennes décharges de Ploemeur-Guidel depuis 2023.
- Lieu d’accueil : Au bout du plongeoir (Bretagne) est une structure qui soutient et accompagne des artistes dans les premiers temps de leurs recherches et réflexions et favorise leur mise en lien avec des personnes ressources, dans le domaine de l’art mais aussi dans d’autres champs de recherche et de compétences. Au bout du plongeoir assure également la présentation aux publics du travail en cours de cheminement des artistes qu’elle accueille dans son domaine de Tizé.
Pour sa résidence verte, l’artiste Alexandru Balgiu souhaite réhabiliter un déchet courant de l’industrie graphique : les feuilles de passe et macules issues de l’impression offset, habituellement jetées. L’artiste propose de récupérer ces supports pour les transformer en matériaux artistiques et faire émerger de nouveaux espaces narratifs, à partir de leurs strates et des accidents d’impression.
Cette recherche s’inscrit dans une démarche écopoétique du déchet graphique : révéler la valeur sensible de matériaux considérés comme des rebuts en les transformant en ressources artistiques et pédagogiques, tout en expérimentant de nouvelles manières de produire et penser les pratiques graphiques et éditoriales.
Le projet vise aussi à instaurer une logique circulaire à l’échelle du territoire en créant des liens entre industries graphiques locales, structures culturelles et publics. En partenariat avec des imprimeries offset du Gâtinais et des fournisseurs de macules et feuilles de passe, la résidence explore la possibilité de remplacer progressivement les supports neufs par des papiers déjà imprimés.
La résidence donnera lieu à des ateliers de création participatifs aux Tanneries associant publics, structures locales et artistes autour de pratiques telles que la riso, l’impression expérimentale et le façonnage. Les réalisations seront ensuite présentées dans le cadre d’une exposition. Des tables rondes et performances réunissant penseurs, artistes et éditeurs permettront d’élargir les réflexions autour de pratiques éditoriales circulaires.
La recherche sera documentée à travers des captations audiovisuelles, un journal de bord composé de tirages éphémères et une publication finale témoignant du travail mené, avec la contribution de la chercheuse Nathalie Blanc et autres invités.
Co-porteurs et partenaires du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Nathalie Blanc, directrice de recherche au CNRS au Centre des Politiques de la Terre (Université Paris Cité). Pionnière de l'écocritique en France, elle mène des programmes de recherche sur la nature en ville, l'esthétique environnementale et les mobilisations environnementales dans un contexte d’urgence écologique. Son travail vise à analyser et accompagner les processus de transformation socio-écologique en intégrant la diversité des acteurs, des pratiques et des sensibilités.
- Lieu d’accueil : Les Tanneries — Centre d’art contemporain d’intérêt national (Centre-Val de Loire). Installé dans une ancienne tannerie à Amilly, le centre mène des missions de soutien, de sensibilisation et de diffusion de la création contemporaine à différentes échelles, du local à l’international.
Pour cette résidence verte, Camille Mutel et la Compagnie Li(luo) souhaitent explorer la complexité des relations entre humains et non-humains à travers les gestes de mise à mort animale pratiqués par des paysans dans le cadre de l’autonomie alimentaire. La démarche s’appuie sur l’enregistrement audio de témoignages de ces paysans, afin de répertorier ces gestes et œuvrer à leur sauvegarde.
Le projet vise à mettre au point des protocoles d’échange, d’écoute et de pratique entre paysans, chercheurs et artistes, pour intégrer la diversité et l’exigence des savoir-faire d’un territoire dans le processus de création. Ce faisant, il s’agit aussi de rendre accessible, visible et audible l’écologie d’une œuvre, entendue comme la relation qu’elle entretient avec son milieu, et de favoriser la biodiversité culturelle dans le secteur du spectacle vivant (pratiques gestuelles locales, accents locaux, etc.).
Le projet associe plusieurs co-porteurs : l’ingénieure agronome Margaux Thevenin, et deux structures implantées dans le Grand Est, La Cité des paysages et Scènes et territoires.
La restitution de la résidence verte prendra plusieurs formes : table ronde et performances, à destination des lycées agricoles mais aussi du tout public. La recherche fera également l’objet d’une documentation sous forme de podcast et de carnet de bord.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Margaux Thevenin, ingénieure agronome de formation. Intéressée par l'organisation et le fonctionnement du vivant, elle observe les relations inter espèces au cœur des écosystèmes et s'inspire de leur interdépendance et autres antagonismes pour comprendre ce qui nous lie.
- Lieu d’accueil : La Cité des Paysages (Grand Est). Centre de culture scientifique, la Cité des Paysages est un espace culturel et pédagogique en faveur de la connaissance, de la préservation et de la valorisation des paysages, des espaces naturels et de la biodiversité. Située au croisement des arts et des sciences, elle développe l'information et la réflexion des publics pour la science et ses enjeux
- Structure de production-diffusion : Scènes et Territoires (Grand Est). Agissant pour le développement culturel de l’espace rural, cette association est guidée par la volonté de soutenir la création artistique contemporaine, participer au développement des territoires ruraux et œuvrer à l'émancipation des individus. Composée de quinze Fédérations Régionales et Départementales d’Éducation Populaire qui constituent un réseau solide, elle a une connaissance fine des territoires et des réseaux régionaux.
Pour cette résidence verte, la photographe Elise Fitte-Duval souhaite documenter les transformations des paysages de Guadeloupe et de Martinique liées à la pollution environnementale provoquée par les sargasses. Le projet s’intéresse aux effets de cette invasion sur les personnes et les corps et aux initiatives visant à recycler et valoriser ces algues.
La démarche artistique explore plus particulièrement le réemploi de ces déchets végétaux comme supports de création et d’impression. L’artiste expérimentera la fabrication de papier et d’encre à partir des sargasses, ainsi que différentes techniques d’impression sur papier artisanal afin de transformer une matière à l’origine d’une pollution en ressource artistique.
Le projet sera mené en lien avec le développement du projet d’écopapeterie de l’association Arts au Pluriailes et bénéficiera de l’expertise de Sarra Gaspard, enseignante-chercheuse à l’Université des Antilles, dont les travaux portent notamment sur la valorisation de la biomasse et des algues.
La résidence verte donnera lieu à une classe d’apprentissage réunissant différents artistes et à une présentation du travail dans une institution culturelle ou scientifique. Elle sera documentée par des photographies prises lors des rencontres et des expérimentations, et par la réalisation d’un cahier de nuancier.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Sarra Gaspard est professeur enseignante-chercheuse à l’Université des Antilles (Guadeloupe). Chimiste, elle travaille notamment sur la valorisation de la biomasse, la valorisation des algues pour la dépollution et sur le traitement des eaux par absorption par les charbons actifs. Elle est aussi directrice adjointe du laboratoire COVACHIMM2E depuis 2010.
- Lieu d’accueil : Arts au Pluriailes est une association culturelle née en octobre 2016 en Guadeloupe. Elle a pour mission de soutenir, développer et valoriser la création artistique et la créativité, en accompagnant aussi bien les amateurs que les artistes émergents ou confirmés. Son action s’articule autour de plusieurs axes : transmission, médiation culturelle, résidences, coopération internationale, etc.
Avec « Dérive littorale », l’artiste Pauline Delwaulle souhaite réaliser un film 16mm portant sur le rechargement en sable de la plage de Dunkerque, reproduisant artificiellement le phénomène de la dérive littorale en réponse aux enjeux de la montée des eaux.
La résidence est l’occasion d’expérimenter des procédés non-toxiques en remplacement des chimies de développement photographique, en association avec la chercheuse Erika Clavijo. Elles travailleront ensemble à la recherche et à la conception d’une recette de révélateur à partir d’algues du littoral et de déchets de la cafetière du laboratoire.
Avec la résidence verte, Pauline Delwaulle veut repenser des modes de production d’images qui soient situés et ancrés dans le milieu, par un projet en immersion aux côtés de chercheurs, approfondissant de fait les collaborations entre arts et sciences.
En coopération avec l’Institut pour la Photographie des Hauts-de-France, le projet sera restitué via des workshops dans les écoles d’art de Tourcoing et Dunkerque, et via des tables rondes et des accrochages. L’édition d’un livret de recettes de développement alternatif créé avec les étudiants est aussi prévu.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Erika Clavijo (IUT Lille- BioEcoAgro) est enseignante-chercheuse en bio-raffinage des macroalgues et spécialiste des procédés verts d’extraction et de séparation de biomolécules. Elle accompagne le projet sur les récoltes de différents types d’algues et sur différents protocoles d’extraction de polyphénols.
- Lieu d’accueil : Institut pour la Photographie des Hauts-de-France. L’Institut est conçu comme un lieu de ressources, de diffusion, d’échanges et d’expérimentations. Il œuvre au développement de la culture photographique auprès du grand public. Il accompagne le projet dans le cadre de sa politique de soutien à la création et de sa démarche de développement durable.
Le projet TAN ROUGE ou les lianes de Rahariane porté par la plasticienne Magalie Grondin à La Réunion marque un basculement vers des modes de création écoresponsables, fondés sur l’abandon progressif des peintures industrielles au profit de peintures végétales locales, issues des plantes tinctoriales et médicinales de l’île.
Cette recherche matérielle s’accompagne d’un travail sur les savoirs botaniques, rituels et culturels de La Réunion, transmis notamment par les femmes, ainsi que sur les circulations historiques des plantes et des corps dans l’océan Indien. La résidence verte interroge aussi la place du vivant dans les processus de création et les rapports de domination entre humains et nature. La volonté de Magalie Grondin est de proposer une pratique artistique attentive aux cycles, aux temporalités naturelles et aux équilibres écologiques.
La visée transformatrice de la démarche est de privilégier des peintures végétales au détriment de celles industrielles, en accordant le rythme humain à celui de la nature. Construit en collaboration avec le Conservatoire et le Jardin botanique des Mascarins, qui apportent une expertise sur les plantes de La Réunion, le projet s’ancre davantage dans le territoire insulaire en travaillant à partir des éléments naturels offerts par l’île, tout en renouant avec son histoire et sa culture.
La résidence verte donnera lieu à une exposition en mars 2027 au sein du Jardin botanique. Elle sera également documentée par des vidéos et des publications sur le compte Instagram « tan.rouge » dédié au projet, et par d’autres événements organisés sur l’île, notamment au FRAC Réunion.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Le Conservatoire Botanique des Mascarins (La Réunion) est un acteur scientifique de référence à La Réunion et dans l’océan Indien pour la connaissance, la conservation et la valorisation de la flore. Il œuvre à l’étude, à la protection et à la transmission des patrimoines végétaux, en particulier des espèces endémiques, indigènes et menacées. Il développe également des actions de sensibilisation à la biodiversité et aux enjeux écologiques contemporains.
- Lieu d’accueil : Le Jardin Botanique des Mascarins (La Réunion). Situé à la croisée de la recherche, de la pédagogie et de la médiation culturelle, le Jardin botanique constitue un espace privilégié de diffusion des savoirs botaniques, en lien étroit avec le Conservatoire botanique national des Mascarins, accueilli en son sein. Pour TAN ROUGE, le Jardin botanique sera à la fois lieu d’accueil, de diffusion et de médiation, mais aussi cadre de présentation des œuvres, d’organisation d’ateliers et de dialogue entre les pratiques artistiques, à l’aune des enjeux écologiques contemporains.
Porté par Didier Boutiana et la compagnie Soul City, ce projet est pensé comme un laboratoire de pratiques ancré sur le territoire réunionnais, dans le but de dédier un temps de recherche, d’expérimentation et de transmission au rapprochement entre création artistique et transition écologique.
Concrètement, ce laboratoire se matérialise par un parcours de neuf mois proposé à quatre artistes chorégraphiques. L’accompagnement repose sur trois axes : méthode, technique et matière. Le tout afin de permettre à ces artistes de relier plus étroitement leurs choix artistiques aux réalités techniques, matérielles et écologiques. Le parcours vise notamment à intégrer davantage d’anticipation, de réemploi et d’optimisation dans le processus de création, en développant des façons de créer qui soient plus conscientes, sobres et cohérentes, et ce sans réduire l’ambition artistique.
Pour cette résidence, la compagnie collabore avec le Théâtre Luc Donat et le bureau d’ingénierie Eco-Stratégie pour l’accompagnement méthodologique et écologique. D’autres intervenants sont impliqués : Alice Laslandes pour les costumes, la matière et le réemploi, Bebass pour l’accompagnement technique et la sobriété énergétique, ou encore Geoffrey Saktini pour la scénographie, l’optimisation et les matériaux.
La résidence verte sera valorisée par une restitution publique au Théâtre Luc Donat et par des temps d’échange avec les professionnels, les partenaires et le public, dont une rencontre professionnelle Art & Écologie en fin de parcours. La recherche donnera lieu à des carnets de recherche individuels, une documentation photographique et vidéo, des podcasts, des guides pratiques issus de l’expérience et un bilan écologique et méthodologique final. Le tout dans l’objectif de produire une méthode de travail transférable à d’autres artistes et structures.
Co-porteurs du projet de résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Eco-Stratégie Réunion, représenté par Pierre Paubert.Ce bureau d’ingénierie et de conseil implanté à Piton Saint-Leu est spécialisé en transition écologique et énergétique. L’équipe accompagne collectivités, entreprises et associations dans l’amélioration de leurs pratiques autour de la maîtrise des énergies renouvelables, de l’écoconception et de l’adaptation aux enjeux climatiques. Dans le cadre de la résidence verte, Pierre Paubert contribuera au diagnostic initial, à la définition d’indicateurs simples et utiles, à l’animation de temps de sensibilisation autour des usages énergétiques et à la formalisation de fiches pratiques et d’un guide de référence destiné aux artistes et aux lieux.
- Lieu d’accueil : Théâtre Luc Donat (La Réunion). Inauguré en 1980, cet établissement culturel historique de la commune du Tampon accorde une attention particulière au lien avec les publics et à l'accessibilité de l'offre culturelle, au regard des droits culturels. Le déploiement d’un programme complémentaire hors-les-murs depuis 2017 a permis l’obtention de l’appellation Scène Conventionnée d’Intérêt National avec mention « Art en territoire » en octobre 2021. Didier Boutiana est artiste associé du Théâtre Luc Donat.
Le projet « Zourite » (« pieuvre » en créole réunionnais) porté par Bastien Picot (alias Aurus) au sein de la SCIC La Machinerie est un projet de spectacle vivant mêlant chant, danse, scénographie immersive et théâtralité. Il réunit un chœur d’excellence réunionnais composé de huit interprètes et d’un danseur et croise maloya, traditions orales et musiques expérimentales.
Le spectacle se construit comme un cri vocal face à la montée des eaux, aux violences sociales et climatiques, et à la pollution des écosystèmes. Ancrée dans son territoire, la démarche est aussi mue par la volonté de faire rayonner la richesse vocale et culturelle de La Réunion.
Pour l’artiste, la résidence verte doit permettre d’agir sur les différentes dimensions du processus de création. Sur le plan artistique, elle portera sur une conception de la scénographie qui intègre les contraintes écologiques. Sur le plan de la production, le projet prévoit une coopération transversale avec des acteurs de l’économie circulaire, de l’artisanat, de l’agriculture et de l’insertion. La diffusion prendra en compte l’impact logistique en matière de transports, d’énergie, d’alimentation et de déchets. Enfin, le projet revendique une dimension éthique et politique, aussi bien dans son message que dans sa création, avec une attention particulière portée au collectif et au « faire ensemble ».
La résidence verte sera enrichie par la collaboration avec Perma’kiltir Réunion comme partenaire de la transition écologique, Kaz Maron comme lieu d’accueil et La Cité des Arts comme structure de production-diffusion.
Les recherches menées seront valorisées au travers d’actions culturelles et d’une restitution au sein de Kaz Maron. Les partenaires et les publics ayant participé seront ensuite conviés à la première de « Zourite » à la Cité des Arts en 2027. La résidence sera documentée par des guides techniques, une base de données, un tableau d’indicateurs et une vidéo documentaire.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Perma'kiltir Réunion, représentée ici par Floran Hoarau, est une structure spécialisée dans l'accompagnement à la transition écologique et sociale. Elle développe depuis plusieurs années une expertise reconnue dans l'accompagnement de projets durables, adaptés aux spécificités écologiques et sociales de l’île. Son approche s'ancre dans une démarche permaculturelle visant à créer des environnements résilients, diversifiés et autonomes, et favorisant le recyclage des ressources, l’équilibre des écosystèmes et la synergie entre les êtres vivants et leur milieu, dans une perspective de long terme.
- Lieu d’accueil : Kaz Maron est un lieu engagé en sobriété et authenticité et qui œuvre à la préservation de l’environnement, de la biodiversité et des ressources naturelles. Structuré en tiers-lieu socio-culturel, il sensibilise 5 000 enfants et 2 000 adultes par an aux enjeux écologiques, sociaux et économiques. Son action locale promeut des comportements citoyens résilients, tout en développant une petite paysannerie diversifiée pour renforcer l’équilibre des écosystèmes. Kaz Maron forme aussi ses salariés aux métiers agricoles durables, combinant transmission culturelle, insertion et éducation environnementale.
- Structure de production-diffusion : La Cité des Arts de la Réunion est un lieu de création, de diffusion et d’accompagnement pluridisciplinaire. Il a vocation à rayonner sur le bassin Nord de l’île, qui regroupe un quart de la population réunionnaise, mais aussi à l’échelle régionale, nationale et internationale dans un souci de désenclavement culturel de sa Région.
« Dans ma paume » est une exploration poétique de la préhistoire, de l’image et de la magie. Avec cette création, Clément Debailleul et la compagnie 14:20 souhaitent faire évoluer la Magie nouvelle, mouvement artistique dont ils sont à l’origine, vers des formes plus sobres, légères et durables. Il s’agit de construire une expérience sensorielle destinée à réveiller le lien au vivant et à nourrir la conscience écologique de tous à travers une écriture scénique qui mêle ombromanie, magie nouvelle, création sonore et littérature. En somme, faire de la contrainte écologique un moteur de l’émerveillement plutôt qu’un obstacle.
La résidence verte sera l’occasion d’expérimenter l’écoconception d’un spectacle selon des principes de sobriété technique, de réemploi et de slow tech. Le projet entend généraliser ces pratiques afin de lutter contre l’obsolescence et repenser les modes de production et de diffusion. La démarche de la compagnie sera renforcée par l’expertise de Violaine Talbot-Havard et le soutien de la scène nationale de Dieppe.
Pour valoriser cette recherche, des restitutions sont prévues sur le territoire normand, notamment dans les écoles et auprès des familles et des habitants, et sous diverses formes (spectacles, actions artistiques, rencontres). « Dans ma paume » est aussi destiné à être diffusé en scène nationale et dans d’autres lieux culturels en France. La résidence verte sera documentée par un carnet de recherche en ligne réunissant textes, images et vidéos autour des pratiques d’écoconception, conçu comme une ressource transposable à d’autres acteurs du secteur.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Violaine Talbot-Havard (Le Bureau du Cèdre) est une professionnelle du secteur culturel depuis plus de 20 ans, et actuellement directrice adjointe en charge des Cultures Durables à la Ville de Rouen. En parallèle de ces fonctions, elle a développé une activité de formatrice et d’écoconseillère en transition écologique et sociale pour le secteur culturel, au sein du Bureau du Cèdre dont elle est la fondatrice. Elle est animatrice de plusieurs ateliers, fresques et formations, et a récemment été élue au sein du Conseil d’Administration d’ARVIVA – arts vivants, arts durables.
- Lieu d’accueil : DSN - Dieppe Scène Nationale(Normandie) est une structure qui dispose de deux salles de diffusion, d’un espace de répétition et d’appartements pour l’accueil en résidence. Chaque saison, plusieurs artistes s’inscrivent en compagnonnage et contribuent à donner une couleur à la ligne artistique pluridisciplinaire de la Scène nationale. DSN mène aussi une activité cinématographique importante : elle dispose des trois labels Art et Essai et s’inscrit dans le réseau Europa Cinéma. À Dieppe, la scène nationale est un véritable carrefour où se rencontrent les artistes, les idées et les publics : un lieu de vie, d’émotions et d’échanges.
Le projet « C.H.A.O.S. (Comité des Amoureux d’Oryza et ses Soins) » porté par Prune Phi explore le riz comme récit de soin, de mémoire et de territoire. Il étudie les transformations écologiques et sociales liées à la culture du riz et propose de développer une démarche artistique ancrée dans le rythme des rizières.
Avec cette résidence verte, il s’agit de créer un espace collectif de recherche et de transmission en plaçant l’enquête et le soin au cœur du processus artistique. Prune Phi souhaite faire évoluer sa mémoire familiale vers une mémoire écologique et territoriale en développant des formes de création collaboratives et situées. La résidence permettra également d’expérimenter des modes de fabrication écologiques et fondés sur le réemploi, afin de construire de nouveaux récits à la croisée de la fiction, de l’écologie et de la réparation.
Cette recherche sera menée en collaboration avec le centre d’art contemporain Le Hangar Blanc, implanté à Carcassonne, et La Belle Transition, structure qui accompagne les acteurs dans leur transition écologique.
La résidence verte donnera lieu à des temps ouverts au public, des rencontres et des ateliers, ainsi qu’à un dîner collaboratif. Le projet prévoit également la mise en place d’un laboratoire-installation conçu comme un centre de ressources évolutif.
Pour documenter la recherche, une archive vivante et participative réunira textes, images, sons, vidéos et contributions des participants. Des formats accessibles et durables, notamment un livret de petits savoirs et une diffusion numérique, permettront de prolonger et de partager l’expérience.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : La Belle Transition est un acteur régional engagé dans la sensibilisation, la formation et l’accompagnement des organisations face aux enjeux de transition écologique. Sa mission : démontrer pourquoi s’engager dans cette démarche est à la fois stratégique et vital. Son approche combine apports théoriques et compréhension des mécanismes psychologiques qui freinent ou facilitent le passage à l’action.
- Lieu d’accueil : Le Hangar Blanc est un centre d’art contemporain et culturel indépendant, installé dans une ancienne halle industrielle réhabilitée au cœur de Carcassonne. Lieu hybride et ouvert, pensé comme un tiers-lieu artistique, il croise création contemporaine, dialogue social et innovation culturelle. Sa programmation articule expositions, résidences d’artistes, ateliers, rencontres, évènements publics et festifs, dans des espaces conçus pour être aménagés et reconfigurés selon les projets accueillis.
Avec le projet « D’Une Montagne à l’Autre », Magali Milian et Romuald Luydlin (Compagnie La Zampa) envisagent la montagne comme un espace de recherche à la fois artistique et écologique. L’objectif est de faire évoluer les modes de production culturelle vers davantage de sobriété et d’ancrage territorial, en croisant les savoirs scientifiques, artistiques et vernaculaires.
La création est ici pensée comme un outil de lien social et de médiation autour des enjeux environnementaux, le projet se présentant comme un laboratoire de coopération pour imaginer des territoires de montagne plus habitables et durables.
La démarche artistique vise à passer d’une logique de production à celle d’écosystème, en faisant du territoire un véritable partenaire de création. L’écologie n’est plus seulement considérée comme un sujet mais comme une véritable méthode, fondée sur l’ouverture et la porosité entre différents champs de connaissance.
Tout au long de la résidence verte, la compagnie sera accompagnée par le GIS CIMES (Centre International des Montagnes du Sud), le service culturel de la ville de Saverdun et Le Parvis – Scène nationale de Tarbes Pyrénées.
Les restitutions envisagées à l’issue de la résidence sont pensées comme des étapes de dialogue à part entière, rendant visible la recherche en train de se faire. Elles prendront des formes plurielles, allant de la performance et la création in situ aux résidences ouvertes et rencontres publiques, en passant par des ateliers, marches, projections, etc. La résidence sera documentée sous la forme d’un récit vivant associant écrits, images, films, archives sensibles et traces des rencontres, accessibles sur des supports numériques partagés.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Le GIS CIMES (Centre International des Montagnes du Sud) est un groupement d’intérêt scientifique qui réunit des enseignants-chercheurs et acteurs des territoires de montagnes et qui est porté par l’Université Toulouse Jean Jaurès. Il a pour objectif de structurer, soutenir et visibiliser les recherches, et de fédérer les enseignants-chercheurs à différentes échelles : Pyrénées, Massif central et espace euroméditerranéen, avec une ouverture vers d’autres « Suds ». Il se propose de répondre aux enjeux de transformation et de durabilité des socio-écosystèmes, aux problématiques socio-économiques spécifiques aux montagnes du Sud, aux héritages socio-environnementaux, aux identités collectives, aux recompositions territoriales, ainsi qu’aux conflits d’usages.
- Lieu d’accueil : La ville de Saverdun mène une politique culturelle volontariste visant à soutenir la création contemporaine et à rendre la culture accessible au plus grand nombre. Elle s’appuie sur un ensemble structurant d’équipements et d’initiatives, parmi lesquels le centre culturel (médiathèque, cinéma et programmation hebdomadaire). De nombreuses associations locales complètent cette dynamique et participent au rayonnement du territoire. La municipalité affirme son ambition de désacraliser les lieux de culture, de favoriser la découverte de talents et de maintenir une offre en cœur de ville.
- Structure de production-diffusion : Le Parvis - Scène Nationale Tarbes-Pyrénées propose une programmation riche et éclectique (spectacle vivant, cinéma, art contemporain), ainsi que des espaces de travail et de représentation pour les artistes. Sur un vaste territoire, il déploie une offre culturelle structurée autour de 12 salles de cinéma en milieu rural et d’un programme itinérant de spectacles mené avec des partenaires des champs de l’Éducation nationale, associatif, économique et institutionnel.
Dans le cadre de leur résidence verte, et à bord de leur bateau-atelier La Déparleuse, les plasticiens Patrick Bernier et Olive Martin souhaitent œuvrer à la mise en place d’une filière de collecte et de transformation des excrétas bateliers sur le bassin de l’Erdre à Nantes, pour les utiliser comme humus et fertilisants sur des parcelles en amont.
Cette recherche s’inscrit dans une démarche collaborative associant différents acteurs concernés par les usages de la rivière et les enjeux d’assainissement : bateliers, agriculteurs, gestionnaires de l’eau et de la rivière, associations de protection de l’environnement, professionnels de l’assainissement écologique.
Accompagnés par la biologiste et anthropologue Marine Legrand, les artistes vont explorer des méthodes fondées sur les savoirs sensibles, la recherche-action collaborative et l’inter et transdisciplinarité. Le projet questionne aussi les injonctions contemporaines à « laisser son empreinte » en défendant l’idée d’un art humble et compostable.
La résidence sera valorisée par la projection d’un film en clôture de la journée professionnelle du 16 septembre 2026 au Lieu Unique à Nantes, lieu d’accueil de la résidence, lors d’une séance ouverte au public. Un événement festif et artistique aura lieu en février 2027 afin de ritualiser la collecte et la remise à la terre des matières qui lui sont dues.
La recherche produite dans le cadre de la résidence verte sera documentée sous la forme d’une « pilule », en référence à la boule que poussent les bousiers. Cette boule agrègera les documents collectés au cours de la résidence. Cette sphère roulable sera également un accessoire de performance et de présentation publique. Des publications sur le blog de Marine Legrand « Aux toilettes et après… » et sur le site internet d’OCAPI complèteront le tout, et seront relayées via les listes de diffusion du RAE (Réseau de l’Assainissement Écologique) et les réseaux sociaux du Lieu Unique.
Co-porteurs et partenaires du projet de résidence verte :
- Professionnelle de la transition écologique : Marine Legrand est biologiste et anthropologue. Elle mène des recherches sur l’introduction des enjeux écologiques dans l'(a)ménagement des territoires et en particulier des villes. Elle est rattachée à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, membre du Laboratoire Eau, Environnement et Systèmes Urbains (LEESU), et du programme OCAPI consacré au développement de modes de gestion sobres et circulaires des excrétas humains (urines et matières fécales).
- Lieu d’accueil : Le Lieu Uniqueà Nantes est un centre culturel et une scène nationale dédiée aux arts vivants, aux arts visuels et aux débats d'idées. Il est riverain de la rivière sur laquelle travaillent les deux artistes et introduira leur démarche auprès des instances locales. Il accueillera et relayera les rencontres publiques qu’ils organiseront.
Le projet « Prendre l’air » porté par le musicien Mattieu Delaunay au sein de la compagnie Atelier de papier s’ancre dans le quartier de Monplaisir à Angers. Il interroge les lieux où les habitants vont respirer, les courants d’air qui circulent dans les rues, et notamment dans le contexte particulier de la rénovation urbaine.
Le projet est envisagé comme une cartographie sonore des espaces de respiration de Monplaisir. Dans un second temps, l’enjeu est d’élaborer des processus artistiques participatifs autour de la thématique de l’air en associant habitants, secteur associatif, paysagistes, urbanistes ; mais également les services de la ville et l’ADEME Pays de la Loire, co-porteur du projet. La création devient ainsi collective : les récits des habitants orientent l’écriture et nourrissent une réflexion sur l’air, sa qualité et ses répercussions sociales, politiques et sensibles.
La visée transformatrice de la résidence concerne aussi la pratique artistique : diffusion hors des lieux dédiés, jauges réduites, mobilité légère et concerts in situ dans l’espace public. Le projet est aussi l’opportunité d’expérimenter, avec l’équipe du Chabada et la classe de chaudronnerie du lycée professionnel du secteur, un dispositif inspiré du « Gyrophone ». Cette machine sonore conçue pour l’espace public et inventée par la compagnie se veut modulable et autonome du point de vue énergétique. Elle a été pensée pour s’adapter à des lieux non dédiés au spectacle et permettra de proposer des formes d’écoute publiques dans les différents espaces où les habitants vont prendre l’air.
La résidence verte sera documentée par des portraits sonores des lieux du quartier et par l’enregistrement de paroles d’habitants et de professionnels.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Robert Bellini est chef du service adaptation au changement climatique de l’ADEME – agence des Pays de la Loire. Physicien et ingénieur de formation, il est d’abord ingénieur dans le domaine de l’éolien, depuis les données météo et les technologies des éoliennes jusqu’aux impacts environnementaux et aux projets participatifs et citoyens. Depuis 2017, il pilote le service pour l’adaptation au changement climatique au siège de l’ADEME à Angers, dont la mission est de fournir aux organisations (villes, entreprises) des méthodes pour anticiper, s’adapter et préparer la ville de demain. La ligne directrice du service Adaptation est de développer une expertise et un engagement collectif : on ne s’adapte pas tout seul !
- Lieu d’accueil : Le Chabada est un établissement culturel situé à Angers, bénéficiant du label SMAC (Scène de Musiques Actuelles) et géré par l'association ADRAMA. Ses missions s'articulent autour de trois axes principaux : diffusion, accompagnement de la création et médiation culturelle. L'infrastructure dispose de deux salles de concert, quatre studios de répétition équipés et des espaces de stockage, facilitant le travail technique des groupes locaux et nationaux. En tant que centre de ressources pour le spectacle vivant, Le Chabada propose des résidences de création, de l’accompagnement et de la formation.
Le cycle de recherche et création « Alpages » est porté par la compositrice Iris Kaufmann et l’artiste pluridisciplinaire Alban de Tournadre, au sein de FeM collectiu. Les deux artistes souhaitent explorer la faisabilité d’une représentation musicale multiphonique en espace pastoral de montagne, qui impliquerait des musiciens, un berger et ses chiens, ainsi qu’un troupeau de brebis.
Grâce à l’expertise de l’ingénieur forestier Olivier Pichard, l’enjeu est de créer des outils permettant d’analyser la faisabilité de cette proposition au regard du respect de la biodiversité endémique et des habitudes du troupeau. Il s’agit également de repenser les modalités de diffusion de l’œuvre dans une logique de co-construction écoresponsable avec les opérateurs du secteur, dont le GMEM, co-porteur du projet.
Derrière « Alpages », il y a la volonté de créer une œuvre en dialogue direct avec les éléments du paysage et du vivant. La météo ainsi que les ordres du berger auront une action directe sur l’œuvre musicale, tant sur son contenu que sur son déroulé. La recherche repose sur un important travail de terrain, de collecte de paysages sonores et de témoignages, qui impliquera autant les éleveurs et bergers du territoire que les habitants, et plus généralement le vivant, sans modifier les habitudes de pâture.
La restitution de la résidence verte est prévue en plusieurs étapes de travail devant public, avec une première le 24 juillet 2026 à Prapic (05), dans le cadre du Festival de l’Alpage. La résidence sera documentée à travers des carnets de terrain, des documents d’analyse de l’impact et une captation vidéo.
Co-porteurs de la résidence verte :
- Professionnel de la transition écologique : Olivier Pichard est ingénieur forestier de formation et possède plus de 25 ans d'expérience dans la protection de la nature et l'aménagement du territoire. Naturaliste de terrain passionné, il a développé une expertise reconnue en botanique, ornithologie et bioacoustique. Au sein du Cerema Hauts-de-France, il mène depuis 2014 des expertises nationales et internationales sur l'intégration de la biodiversité dans les projets d'aménagement. Ses travaux portent notamment sur les pollutions sonore et lumineuse, l'écologie comportementale et la restauration des continuités écologiques. Audio-naturaliste reconnu, il pratique l'enregistrement professionnel des sons de la nature et développe des approches innovantes croisant bioacoustique et écologie.
- Lieu d’accueil : La Communauté de Communes Champsaur-Valgaudemar organise depuis huit ans un festival dédié au pastoralisme : le Festival de l’Alpage. Au sein de la collectivité, le service culture & patrimoine développe au sein de La Maison du Berger, centre de ressource dédié au pastoralisme alpin, une politique de recherche permettant de nourrir des expositions et de constituer un réseau de partenaires.
- Structure de production-diffusion : Le GMEM, fondé en 1972 à Marseille par un collectif de compositeurs, est un centre national de création musicale (CNCM) labellisé en 1997. Ses missions concernent la production de la création musicale, mais aussi la diffusion, la transmission et la recherche. Dirigé depuis 2011 par Christian Sebille, le GMEM accompagne des équipes artistiques, notamment lors de résidences. Il produit des spectacles dans le domaine de la création musicale, conduit de nombreuses actions pédagogiques, d’enseignement, de formation. Ses activités sont partagées lors de présentations régulières aux publics (concerts, installations, rencontres, sorties de résidences...).
— Projets sélectionnés pour l’expérimentation (2023-2024)
La Coopérative 326 (Bretagne), théâtre, avec :
- Sylvie Pimbert (Université Bretagne Sud)
- Haras national d'Hennebont (Bretagne)
Mawongany (Martinique), musique, avec :
- Nathalie Ruffin (architecte du patrimoine)
- Sénané Koffi Agbojinou (architecte et fondateur du WOELAB (Fablab) à Lomé, Togo)
- Gilles Pastel (ingénieur du son et professeur d’électrotechnique)
- Marika Gibauyo (mycologue)
- Michel Petris (designer)
- Permactivie (Martinique)
Douce Mirabaud (Bretagne), arts visuels, avec :
- Anaïs Grasset (chargée de mission Transition au PETR Causses et Cévennes)
- Léa Bresson (écoconseillère sur la transition des évènements artistiques et culturels)
- Filature du Mazel (Occitanie)
Quentin Lazzareschi (Provence-Alpes-Côte d'Azur), design, avec :
- Laurence Perrillat (Les Augures)
- TranSylience
- Ecole du Chazelet
Robin Decourcy (Provence-Alpes-Côte d'Azur), danse, avec :
- Aline Salvaudon (Responsable du pôle Biodiversité, géologie et ressources naturelles - PNR du Lubéron)
- Sara Dufour & Lauranne Germond (COAL)
- Parc naturel régional du Lubéron
DISNOVATION.ORG (Ile-de-France), arts numériques, avec :
- Cédric Carles (Atelier 21)
- Espace Multimédia Gantner (Bourgogne-Franche-Comté)
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