Comment le ministère de la Culture accompagne-t-il les artistes qui s’engagent dans la transition écologique de leurs pratiques ? Ce soutien s’exprime notamment à travers les Résidences vertes. Celles-ci consistent en des temps de recherche et d’expérimentation, dont l’objectif premier est de permettre à un artiste, ou à un collectif d’artistes, de prendre en compte les problématiques écologiques pour questionner et transformer ses activités en profondeur et de manière durable.
Après une expérimentation conduite en 2023-2024 sur 6 résidences, le ministère de la Culture a consolidé le dispositif, qui permettra d’incuber 18 résidences en 2026 grâce au partenariat financier de la direction générale de la création artistique (DGCA) avec la Fondation Carasso, le programme et équipement prioritaire (PEPR) ICCARE, l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Fondation Sommer. À la suite de cette incubation, durant laquelle les projets sont finalisés, les lauréats seront sélectionnés en mars 2026, et recevront une subvention leur permettant de poursuivre leur démarche.
Du temps dédié à la transformation écologique des démarches artistiques
Comment une résidence verte se déroule-t-elle concrètement ? L’artiste s’associe à un professionnel de la transition écologique et à un lieu d’accueil et explore avec eux de nouvelles pratiques favorables à la transition écologique. Celles-ci peuvent avoir trait aux modes de production ou de diffusion, aux techniques de fabrication, aux modes d’organisation du travail (dont la mobilité), au propos des œuvres, aux relations que ces œuvres entretiennent avec le milieu ou le vivant, ou plusieurs de ces dimensions.
Cette recherche ne donne pas obligatoirement lieu à une production artistique mais est documentée, sous une forme librement choisie par les co-porteurs du projet, afin de diffuser ces nouvelles pratiques au sein du secteur de la création. Ce dispositif s’inscrit ainsi pleinement dans l’objectif « mieux produire, mieux diffuser » du Guide d’orientation et d’inspiration pour la transition écologique de la Culture.
Différentes institutions, pour lesquelles les enjeux de transition écologique sont structurants, sont ainsi partenaires : l’Office national des forêts (ONF), l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains (GIP EPAU). Leur soutien prend des formes variées : mise en lien avec des professionnels de l’écologie au moment de l’incubation, mise à disposition de lieu, apports en nature, valorisation des résidences, etc.
Deux personnalités ont été choisies pour être marraines de l’édition 2026 :
- Douce Mirabaud, artiste plasticienne, résidente en 2023-2024 au tiers lieu « la Filature du Mazel », au sein du pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) des Causses et Cévennes ;
- Josée Sarrazin, chercheuse en écologie benthique, spécialisée dans les grands fonds marins, à l’Institut et laboratoire d'appartenance (Unité de recherche biologie et écologie des écosystèmes profonds) de l’Ifremer.
Grâce à un temps de recherche exceptionnel et fructueux, notre espace imaginaire est sans limite.
18 projets choisis pour être incubés
260 projets offrant une diversité de propositions ont été reçus dans le cadre de l’appel à candidatures lancé le 16 juin 2025.
Après une étape de présélection, un comité réunissant des représentants du ministère de la Culture (DGCA/DRAC/DAC), les organisations partenaires et les marraines du dispositif s’est réuni le 17 novembre dernier pour choisir les 18 projets qui seront incubés.
Le choix a été effectué sur la base des évaluations réalisées par cinq collèges de lecteurs différents. Il a également été orienté par le souci de respecter un équilibre territorial, disciplinaire et thématique.
Accompagnés par les conseillers création des DRAC/DAC, la direction générale de la création artistique et les partenaires du dispositif, les 18 artistes sélectionnés vont désormais s’employer à rechercher ou confirmer leurs co-porteurs de projet (lieu d’accueil et professionnel de la transition écologique) et à préciser leur projet en partenariat avec ceux-ci.
Un nouveau comité se tiendra en mars 2026 pour examiner les dossiers définitifs et confirmer les projets lauréats.
Aurélie Deloche (Auvergne-Rhône-Alpes), théâtre et arts associés.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- Les Aires – Théâtre de Die et du Diois (Auvergne-Rhône-Alpes).
Leïla Bouyssou (Bourgogne-Franche-Comté), design prospectif.
- Karbone Prod (Bourgogne-Franche-Comté).
- Le Musée et Parc Buffon de Montbard (Bourgogne-Franche-Comté).
Sarath Amarasingam (Advaïta L Cie) (Bourgogne-Franche-Comté), danse.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- Le Dancing - CDCN Dijon Bourgogne-Franche-Comté.
Natacha Nisic (Île-de-France), arts visuels.
- Ifremer (Bretagne).
- Co-porteur lieu d’accueil de la résidence non encore identifié.
- Lieu de production-diffusion du champ de la création non encore identifié.
Quentin Rioual (oaqi) (Bretagne), théâtre et arts associés.
- Marguerite Courtel (Les Augures, Île-de-France)et Léa Lévy (Géosciences Rennes).
- Co-porteur lieu d’accueil de la résidence non encore identifié.
- Lieu de production-diffusion du champ de la création non encore identifié.
Alexandru Balgiu (Île-de-France), arts visuels.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- Les Tanneries – Centre d’art contemporain d’intérêt national d’Amilly (Centre-Val de Loire).
Camille Mutel (Compagnie Li (luo)) (Grand Est), danse.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- La Cité des paysages du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle (Grand est).
Élise Fitte-Duval (Martinique), photographie.
- Sarra Gaspard (Université des Antilles, Guadeloupe).
- Arts au Pluriailes (Guadeloupe).
Pauline Delwaulle (Hauts-de-France), photographie.
- Erika Clavijo (IUT de Lille, Institut Charles Viollette, Polytech’Lille, UMRT BioEcoAgro, INRAe) (Hauts-de-France).
- L’Institut pour la photographie (Hauts-de-France).
Magalie Grondin (La Réunion), arts visuels.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- Le Conservatoire Botanique National & Centre Permanent d’Initiatives pour l'Environnement de Mascarin (La Réunion).
- Lieu de production-diffusion du champ de la création non encore identifié.
Didier Boutiana (Compagnie Soul City) (La Réunion), danse.
- Eco-Stratégie Réunion (La Réunion).
- Centre chorégraphique Le Hangar (La Réunion).
Bastien Picot aka AURUS (SCIC La Machinerie) (La Réunion), musique.
- Perma'Kiltir Réunion (La Réunion).
- Co-porteur lieu d’accueil de la résidence non encore identifié.
- Lieu de production-diffusion du champ de la création non encore identifié.
Clément Debailleul (Cie 14:20) (Normandie), magie nouvelle.
- Violaine Talbot-Havard (Bureau du Cèdre, Normandie).
- La DSN – Dieppe Scène Nationale (Normandie).
Prune Phi (Provence-Alpes-Côte d’Azur), arts visuels.
- La Belle Transition (Occitanie).
- Le Hangar Blanc (Occitanie).
Magali Milian et Romuald Luydlin (La Zampa) (Occitanie), danse.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- Le centre culturel de Saverdun (Occitanie).
Olive Martin et Patrick Bernier (Pays de la Loire), arts visuels.
- Marine Legrand(programme de recherche-action OCAPI ; Laboratoire Eau, Environnement et Systèmes Urbains ; École des Ponts ParisTech) (Île-de-France).
- Le Lieu Unique – Scène nationale de Nantes (Pays de la Loire).
Mattieu Delaunay (Cie Atelier de Papier) (Pays de la Loire), musique.
- L’ADEME (Pays de la Loire).
- Le Chabada – Scène de musiques actuelles d’Angers (Pays de la Loire).
Iris Kaufmann (FeM collectiu) (Provence-Alpes-Côte d’Azur), musique.
- Co-porteur professionnel de la transition écologique non encore identifié.
- GMEM – Centre national de création musicale de Marseille (Provence-Alpes-Côte d'Azur).
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