Les conséquences du changement climatique sont particulièrement marquées dans les Outre-mer : hausse des températures, intensification des cyclones, élévation du niveau de la mer, érosion de la biodiversité… avec des répercussions sur les conditions de vie des populations. Entre autres, 31 des 32 communes de la Guadeloupe sont situées en bord de mer, rendant le territoire particulièrement vulnérable au risque de submersion marine. Partant, la DAC Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin a réuni acteurs culturels, institutions de la transition écologique et collectivités pendant deux jours, afin de partager et d’étayer les réflexions autour des nécessaires adaptations et transformations du secteur culturel dans les Caraïbes. Ces rencontres sont un point de départ essentiel pour le développement d’initiatives collectives pour la transition écologique.
Des acteurs culturels locaux ont fait émerger des initiatives exemplaires :
- pour décarboner leurs activités et diminuer les pressions exercées sur les ressources, à l’image du Mémorial ACTe (MACTe), qui a mesuré l’empreinte carbone de la circulation des œuvres, renoncé à des œuvres venues de loin, coopéré avec la Martinique pour une programmation commune, introduit des clauses environnementales dans les marchés publics et a pensé le recyclage de la caisserie et de la scénographie, et du Karukera Ballet, qui a travaillé au regroupement des résidences dans l’hexagone et à l’automatisation de la climatisation de son bâtiment ;
- pour adapter les bâtiments à partir de savoir-faire architecturaux anciens, qui ont permis de penser des systèmes d’aération et de refroidissement naturels pendant des siècles, à l’image de la publication du rapport « Principes de l’architecture vernaculaire » et des rénovations de l’immeuble Bob-Halley, à Pointe-à-Pitre, et de la Maison Coquille (XVIIIe siècle), utilisée par la Ville de Basse-Terre comme lieu de résidence pour les artistes, sans climatisation.
80% de la biodiversité française est abritée dans les DROM-COM. Celle-ci est donc également au cœur des démarches d’acteurs culturels guadeloupéens, comme le projet de résidence verte porté par l’association Arts au Pluriailes qui vise à expérimenter des procédés de développement photo à partir d’algues sargasses et de plantes invasives.
Une coopération trans-filière pour mener collectivement la transition écologique du secteur culturel
L’exposition du territoire s’explique par ses caractéristiques géographiques, archipélagiques ainsi que par des facteurs humains et historiques. Durant les deux journées de formation organisées par la DAC, les participants soulignent notamment les difficultés posées par l'omniprésence de la voiture et la faible desserte en transports collectifs, la nécessité de penser des bâtiments adaptés au changement climatique ou encore les problèmes d’accès à l’eau (63% de l’eau perdue à cause des fuites, d’après l’Observatoire de l’eau de la Guadeloupe).
Durant les deux jours de formation-action, la DAC Guadeloupe a donc non seulement réuni un nombre important d’acteurs culturels, mais également les principales institutions de la transition écologique et des représentants de tous les niveaux de collectivités. Les initiatives des acteurs culturels ont ainsi été mises en regard de l’expertise scientifique territoriale et d’autres actions structurantes, à l’image du plan d’action « France Nation verte » de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Guadeloupe, construit à partir des propositions de plus de 6 000 participants, ou du programme « Nature et Culture » du Parc national de la Guadeloupe, qui réunit chaque année près de plus de 8 000 personnes.
Les participants à ces deux journées ont proposé des solutions concrètes, comme la mise en place d’une plateforme de covoiturage ou d’un système de navettes communs à plusieurs lieux culturels, la possibilité de transformer les écoles en « lieux refuges » pouvant accueillir des représentations qui ne peuvent plus être programmées en plein air à cause de pluies torrentielles, ou encore l’expérimentation de solutions de climatisation alternatives. Le besoin de formation et d’espaces de réflexion et de transmission sur les droits culturels, le patrimoine culturel et l’écologie a également été souligné.
Retour en images sur ces deux jours de formation-action.
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