Les langues actuellement parlées en Guyane proviennent de sources diverses : le français, langue de l’État, côtoie ainsi les langues amérindiennes, les différents créoles à base française, anglaise, portugaise – et les nombreuses langues que l’immigration apporte du Surinam et du Brésil voisins. Il n’est ainsi pas rare de rencontrer des locuteurs qui utilisent trois, quatre langues, voire plus, au quotidien. Or, en tant que département très étendu, mais pauvre et proportionnellement assez peu peuplé, la Guyane est dans une situation socio-économique difficile, ce qu’une très récente grève générale a rendu visible dans la presse nationale.
L’objectif de ce numéro est ainsi, au-delà de l’habituel panorama de la diversité linguistique interne française, de rendre compte des interrogations contemporaines d’une sociolinguistique que l’on pourrait qualifier d’impliquée, plutôt que d’appliquée : en quoi les recherches sur les pratiques langagières plurilingues d’une population peuvent-elles à la fois informer et interroger la conception des politiques publiques, que celles-ci concernent la santé, l’éducation ou la justice ?
Langues et cité n° 29 : Les langues de Guyane
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