La convention vise à renforcer les coopérations entre les acteurs de la culture, de l’emploi et de la formation afin de mieux accompagner les parcours professionnels dans un secteur confronté à de profondes évolutions des métiers et des compétences. Elle doit permettre de développer des réponses plus adaptées aux besoins des professionnels, des structures culturelles et des territoires franciliens.
Comprendre les évolutions du secteur et accompagner les parcours
Dans un contexte de transformation des métiers, de tensions de recrutement, de besoins accrus en formation et de parcours parfois discontinus, cette convention donne un cadre renforcé à une coopération déjà engagée.
Elle permettra d’amplifier l’action conduite par la DRAC et France Travail Île-deFrance, en lien avec les structures culturelles, les collectivités territoriales, les partenaires sociaux ainsi qu’avec la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), l’Assurance formation des activités du spectacle (AFDAS), Audiens (Protection sociale et accompagnement des professionnels de la culture), la Commission paritaire nationale emploi-formation du spectacle vivant (CPNEF-SV), Thalie Santé et le Centre de formation professionnelle aux techniques du spectacle (CFPTS).
Des coopérations renforcées au service de l'emploi culturel
Cette dynamique s’inscrit également dans les travaux du COREPS Île-de-France, espace de concertation entre l’État, les collectivités, les organisations professionnelles et les représentants des salariés et des employeurs. Elle s’appuiera aussi sur un partenariat universitaire, afin de renforcer l’analyse des parcours, des trajectoires professionnelles et des évolutions du secteur.
L’objectif est de mieux relier connaissance du terrain et réponses concrètes. Il s’agit de partager les données disponibles, d’identifier les besoins des structures et des professionnels, de repérer les initiatives utiles et de rendre les dispositifs plus lisibles pour les acteurs culturels comme pour les personnes accompagnées.
La convention s'organise autour de trois priorités :
- Mieux connaître les besoins des structures, des métiers et des parcours professionnels ;
- Mieux articuler les dispositifs d'accompagnement, les offres de service et les actions de mise en relation ;
- Mieux mobiliser la culture comme levier d'insertion professionnelle et sociale.
La rencontre a également permis de mettre en lumière deux démarches concrètes qui illustrent ce qui sera possible grâce à cette nouvelle collaboration territoriale entre administration de l’État en Île-de-France. "L'Art d'accéder à l'emploi" s’appuie sur les lieux et les dynamiques artistiques et culturelles comme espaces de remobilisation, de confiance et de rencontre avec le monde professionnel, en lien avec France Travail et les partenaires de l’insertion.
"L'Art d'accéder à l'emploi", la culture comme vecteur de remobilisation
Parmi les initiatives mises en lumière lors de la rencontre figure "L'Art d'accéder à l'emploi", un dispositif qui mobilise la pratique artistique comme outil de remobilisation et d'insertion professionnelle. Déployé avec l'aide du ministère de la Culture en partenariat avec France Travail et les structures culturelles, le dispositif s'adresse notamment aux personnes les plus éloignées de l'emploi : jeunes, allocataires du RSA, habitants des quartiers prioritaires ou personnes en situation de handicap. Conçu pour des groupes de 10 à 12 demandeurs d'emploi, le dispositif se déroule sur une période de trois à six semaines autour d'un projet culturel collectif.
Théâtre, écriture, musique, patrimoine, arts plastiques, danse, cinéma ou encore découverte des musées deviennent ainsi des supports d'apprentissage et d'échange. Le parcours s'organise en quatre étapes, de l'appropriation des lieux à la présentation finale du projet devant des entreprises, des partenaires institutionnels, des élus et les membres de la communauté "Les Entreprises s'engagent". En s'appuyant sur les ressources culturelles des territoires et sur l'engagement des structures partenaires, "L'Art d'accéder à l'emploi" propose une approche originale du retour à l'emploi, fondée sur la confiance retrouvée, la valorisation des compétences et la rencontre avec le monde professionnel.
En Seine-Saint-Denis, le parcours Labo-T 93, inscrit dans la dynamique de "La Beauté du geste", propose à des jeunes du territoire une immersion dans les métiers du spectacle vivant. Il est porté par les neuf lieux du collectif : La Commune, la MC93, le Théâtre Public de Montreuil, le Centre national de la danse, le Théâtre Louis Aragon, le Théâtre Gérard Philipe, Houdremont, l’Espace 1789 et la Maison des Jonglages. Soutenu par le Département de la Seine-Saint-Denis, il associe également les missions locales, France Travail Aubervilliers, équipe jeunes et plusieurs partenaires locaux de l’insertion.
Labo-T 93, découvrir les métiers derrière la scène
Né dans le prolongement de l'Olympiade culturelle des Jeux de Paris 2024, qui avait réuni plus de 1 000 jeunes et attiré près de 17 000 spectateurs entre Aubervilliers et Pantin, Labo-T 93 poursuit une ambition simple. Faire des lieux culturels des espaces de découverte professionnelle et d'accès à l'emploi. Pendant deux ans, 19 jeunes de Seine-Saint-Denis sont accompagnés au sein des neuf lieux de création et de diffusion du spectacle vivant réunis dans le collectif La Beauté du geste. La première année est consacrée à l'exploration des métiers du spectacle vivant à travers près de 150 heures d'immersion. Les participants explorent les différents métiers du spectacle vivant, de la technique à la production, en passant par la communication, les relations avec les publics et l'organisation d'événements culturels.
Le parcours se prolonge au Festival d'Avignon, où ils sont accueillis à La belle scène Saint-Denis pour une immersion au contact des équipes artistiques, techniques et administratives. Cette immersion leur permet de découvrir concrètement les savoir-faire mobilisés pour faire vivre un grand événement culturel et de réaliser leur propre émission de radio. La seconde année ouvre la voie à la professionnalisation grâce à un stage d'un mois au sein des structures partenaires, puis à une expérience rémunérée dans le cadre de la biennale Multitude 2027. Le dispositif facilite également l'accès à des stages, à l'apprentissage, au service civique ou à l'emploi tout en favorisant la création d'un premier réseau professionnel. À travers Labo-T 93, les neuf structures de La Beauté du geste illustrent la manière dont les lieux culturels peuvent contribuer à l'insertion, à la transmission des savoir-faire et à l'accompagnement des parcours professionnels des jeunes du territoire.
Cette convention affirme une méthode qui consiste à partir des réalités du terrain, à faire travailler ensemble les acteurs concernés et à construire des réponses plus lisibles, plus partagées et plus durables. Pour la DRAC Île-de-France, elle ne constitue pas un point de départ, mais un changement d’échelle. Les enjeux d’emploi, de formation, d’insertion et d’évolution des métiers étaient déjà présents dans l’accompagnement du secteur. Ils font désormais l’objet d’une mobilisation plus structurée, au service des professionnels, des structures culturelles et des territoires franciliens.
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