Laisser évoluer la langue générale
Chacun est libre d’écrire et de parler au quotidien comme il l’entend, mais il est essentiel, pour bien se faire comprendre, de suivre un ensemble de règles communes et d’employer le vocabulaire en usage.
La langue française, c’est un ensemble exceptionnel de mots et de règles qui évolue librement au fil des changements de la société. Sans cesse des mots apparaissent, d’autres disparaissent, parfois définitivement.
Le lexique général
Ces évolutions sont enregistrées dans les dictionnaires d’usage du français, chaque éditeur ayant défini ses propres critères de sélection. Certains sont prompts à enregistrer les nouveautés, en particulier les dictionnaires commerciaux réédités chaque année, d’autres observent les évolutions dans la durée pour ne retenir que les mots et les tournures dont l’usage s’est installé durablement.
C’est le cas du Dictionnaire de l’Académie française et du Trésor de la langue française, un dictionnaire des XIXe et XXe siècles édité par le Centre national de la recherche scientifique entre 1971 et 1994. Quant à la Commission d’enrichissement de la langue française, qui n’est pas compétente pour la langue générale, elle considère déjà comme acquis et fait sien le vocabulaire attesté dans ces deux dictionnaires de référence pour la production néologique dans les domaines scientifiques et techniques répondant aux besoins de l’administration.
Les mots nouveaux
En France et dans la francophonie, des équipes de linguistes observent les évolutions du français à l’écrit et à l’oral en recueillant les mots nouveaux, ou néologismes formels, les sens nouveaux, ou néologismes sémantiques, les changements de graphies ou encore les modifications syntaxiques. Ces néologismes peuvent être des mots empruntés à des langues étrangères, autrefois aux langues anciennes, et désormais aux langues modernes, notamment l’italien, très en vogue au XVIe siècle, et surtout l’anglais depuis le XIXe siècle.
En règle générale, seuls les néologismes dont l’emploi se répand sont intégrés dans les dictionnaires d’usage du français, selon le choix, entièrement libre, de leurs auteurs, et après avoir été repérés selon des critères spécifiques. En revanche, l’Académie française explique sur son site qu'elle « [...] n’accepte dans son Dictionnaire que les mots correctement formés, répondant à un véritable besoin linguistique et déjà bien ancrés dans l’usage ». Le site CorpusDico propose un panorama des nouveaux mots admis dans plusieurs dictionnaires d’usage.
L’étude des phénomènes néologiques en français ne peut se concevoir indépendamment des autres langues européennes, tant les échanges scientifiques, commerciaux et techniques influent pareillement sur ces langues, toutes concernées par les emprunts à l’anglais. La Délégation générale à la langue française et aux langues de France soutient des initiatives et des réseaux scientifiques tel celui constitué par le Congrès international de néologie des langues romanes (CINEO).
Les rectifications de l’orthographe du Conseil supérieur de la langue française
Que ce soit pour la confection de dictionnaires, pour la création néologique ou encore pour l’enseignement, les rectifications orthographiques visent à harmoniser certaines règles, en supprimant des anomalies, des exceptions ou des irrégularités. Les rectifications recommandées par le Conseil supérieur de la langue française et approuvées par l’Académie française ont été publiées au Journal officiel le 6 décembre 1990. En France, chacun est libre d’adopter les rectifications ou de suivre les formes traditionnelles, aucune ne pouvant être considérée comme fautive. Les graphies rectifiées, qui entrent progressivement dans l’usage, figurent désormais dans la majorité des dictionnaires de français, notamment dans la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française.
Le texte des rectifications au Journal officiel du 6 décembre 1990
Numéro spécial de Langues et cité, Les rectifications de 1990 (2006)
Le numéro 1 des Cahiers de l’Observatoire des pratiques linguistiques, Les rectifications orthographiques de 1990 – Analyses des pratiques réelles (2006)
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