L’action du ministère pour les langues de France
Les langues de France constituent un patrimoine d’une grande richesse et façonnent l’identité culturelle de la France. Le ministère de la Culture leur consacre une politique publique active portée par la DGLFLF, qui vise à soutenir leur vitalité, leur transmission et leur valorisation culturelle.
Pourquoi et comment soutenir les langues de France ?
Les langues de France sont un patrimoine partagé qui a été progressivement reconnu par les institutions et dans la loi.
En 2005, la langue des signes française (LSF) a été reconnue comme une langue à part entière dans la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
En 2008, l’inscription des langues régionales dans la Constitution postule :
« Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » (art. 75-1).
Depuis 2021, les langues régionales bénéficient de la loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, dite « loi Molac ».
Dans ce cadre, la DGLFLF a pour mission de piloter une politique adaptée à la diversité des langues parlées sur notre territoire, dans un dialogue permanent avec celles et ceux qui la valorisent.
Comprendre les usages : l’Observatoire des pratiques linguistiques
Comprendre les dynamiques linguistiques pour mieux agir : l'Observatoire des pratiques linguistiques produit et rassemble les données nécessaires à l'évaluation et à l'orientation de la politique publique en faveur des langues de France.
L'Observatoire a pour vocation de suivre l'évolution des pratiques linguistiques sur l'ensemble du territoire national. Il contribue à objectiver les enjeux liés à la vitalité des langues, à leur transmission et à leur présence dans les différents espaces sociaux (famille, école, vie publique, médias, numérique).
Ses missions :
- Produire et analyser des données sur l'usage et la vitalité des langues de France
- Coordonner les travaux d'enquête et de recherche menés en partenariat avec les organismes scientifiques
- Mettre à disposition des acteurs publics et associatifs des indicateurs de suivi
- Contribuer à l'évaluation des dispositifs de soutien aux langues
Articulation avec la recherche
L'Observatoire travaille en lien avec les équipes de recherche spécialisées en sociolinguistique et en sciences du langage.
Recueillir la parole : le laboratoire mobile des langues
Outil de terrain au service des langues de France, le Laboratoire mobile se déplace au plus près des locuteurs pour documenter, valoriser et transmettre les pratiques linguistiques dans leur diversité. Une démarche au long cours, ancrée dans les territoires.
Écouter-Parler — Le Laboratoire mobile des langues est un dispositif itinérant piloté par la DGLFLF, qui sillonne le territoire national à bord d'un camion équipé pour enregistrer et documenter la diversité des langues parlées en France : français dans toutes ses variations, langues régionales, langues de l'immigration.
Sa filiation intellectuelle remonte au linguiste Ferdinand Brunot, qui créa dès 1911 les premières Archives de la parole, constituées à partir d'enregistrements phonographiques sur l'ensemble du territoire. C'est dans cet héritage que s'inscrit, à partir de 2006, le programme porté au sein de l'Observatoire des pratiques linguistiques de la DGLFLF, dont le Laboratoire mobile est l'aboutissement concret.
Lancé officiellement en mars 2022 à l'occasion de l'inauguration de la Cité internationale de la langue française au château de Villers-Cotterêts, le dispositif a d'emblée rencontré un large public. Il se distingue par son double ancrage scientifique et artistique, fruit d'une collaboration entre linguistes, le CNRS et l'artiste Guykayser, autour du concept de « dispositifs conversationnels ». Le programme associe également des partenaires régionaux — comme le CIRDOC pour l'occitan — et s'appuie sur une logique de co-construction avec les acteurs des territoires. Son ambition est patrimoniale et durable : constituer la plus grande base de données des langues parlées en France, tout en offrant au public un accès interactif aux collections existantes, des archives historiques aux enregistrements les plus récents.
Objectifs
- Documenter les pratiques linguistiques vivantes par des collectes de terrain (enregistrements, témoignages, entretiens)
- Sensibiliser les populations locales à la richesse de leur patrimoine linguistique
- Soutenir les initiatives de transmission intergénérationnelle
- Constituer des archives sonores et audiovisuelles à destination des chercheurs et du grand public
Sur le terrain
Chaque mission du Laboratoire mobile donne lieu à des restitutions locales et à la production de contenus valorisables : captations sonores, portraits de locuteurs, ressources pédagogiques. Ces matériaux contribuent à enrichir les fonds documentaires disponibles sur les langues de France.
Les instances de dialogues
La politique des langues de France s'appuie sur un écosystème d'instances de dialogue qui associent, autour des enjeux linguistiques, experts scientifiques, représentants des communautés et décideurs publics.
Conseil national des langues et cultures régionales
Installé par le Premier ministre le 31 mars 2022, le Conseil national des langues et cultures régionales (CNLCR) constitue l'instance de dialogue et de concertation transversale réunissant l'ensemble des acteurs institutionnels impliqués dans la promotion et la valorisation des langues régionales.
Sa mission ? Faire progresser la coopération entre l'État et les collectivités territoriales, sur les enjeux de transmission linguistique, de développement culturel et d'aménagement du territoire. Ses travaux s'organisent autour de quatre axes prioritaires : la formation continue des enseignants et des personnels intervenant en langues régionales, le numérique et les outils d'apprentissage en ligne, les médias — notamment audiovisuels — et l'édition en langues régionales.
Le secrétariat du Conseil est assuré par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), qui en assure également la coordination administrative et la mémoire institutionnelle. Sa composition reflète la diversité des acteurs concernés :
Au titre de l'État, siègent les ministres chargés de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, de la Culture, de l'Intérieur et des Outre-mer, de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ainsi que de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Au titre des offices et instances territoriales, le Conseil réunit les représentants des principaux opérateurs publics de promotion des langues régionales : l'Office public de la langue basque (OPLB), créé en 2004 et pionnier du modèle de co-gestion État-collectivités ; l'Office public de la langue bretonne (OPLB), dont l'action couvre à la fois l'enseignement et la signalétique bilingue ; l'Office public de la langue catalane (OPLC) ; l'Office public de la langue occitane (OPLO), créé en 2015 et compétent sur un vaste territoire interrégional ; l'Office pour la langue et les cultures d'Alsace et de Moselle (OLCA) ; ainsi que le Conseil exécutif de Corse, qui exerce des compétences propres en matière de politique linguistique en application de la loi du 22 janvier 2002.
Au titre des outre-mer, des personnalités qualifiées représentent huit collectivités : la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion, la Martinique, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna — territoires caractérisés par une exceptionnelle diversité linguistique, avec des langues comme le créole, le shimaoré, les langues kanak ou le tahitien.
Au titre des fédérations de l'enseignement, siègent le président de la Fédération pour les langues régionales dans l'enseignement public (FLAREP), qui fédère les associations de parents d'élèves et d'enseignants impliqués dans les filières bilingues de l'enseignement public, et le président d'ESKOLIM, qui regroupe les six fédérations d'écoles associatives pratiquant l'immersion linguistique : Seaska (basque), Diwan (breton), Calandreta (occitan), ABCM-Zweisprachigkeit (allemand standard et dialectal d'Alsace), La Bressola (catalan) et Scola Corsa (corse). Ces réseaux scolarisent plusieurs milliers d'élèves et constituent un acteur essentiel de la vitalité des langues régionales en dehors du service public d'éducation.
Le conseil scientifique
Le conseil scientifique réunit des spécialistes reconnus des sciences du langage, de la sociolinguistique et des politiques linguistiques. Il éclaire les travaux de la DGLFLF par une expertise académique indépendante, formule des recommandations et contribue à l'orientation des programmes de recherche et de documentation.
Les États généraux du multilinguisme
Les États généraux du multilinguisme constituent un temps fort de réflexion et d’échange autour des enjeux liés à la diversité linguistique. Ils rassemblent chercheurs, institutions, acteurs culturels et associatifs afin de partager les expériences, croiser les regards et faire émerger des pistes d’action en faveur du plurilinguisme.
Les dernières éditions ont permis de mettre en lumière la vitalité des langues sur les territoires, tout en soulignant les défis liés à leur transmission, à leur visibilité et à leur reconnaissance dans l’espace public.
À la suite des États généraux de 2021, un pacte linguistique a été signé entre l'État et les collectivités de La Réunion en 2023. Premier pacte linguistique ultramarin, il s'articule autour de trois points essentiels : la lutte contre l'illestrisme et la maîtrise du français, la visibilité du créole réunionnais dans l'espace public, et la naissance d'un institut du créole réunionnais destiné à devenir un lieu de création, d'innovation, de culture, d'éducation populaire, de recherche et de développement du corpus du créole réunionnais.
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