Pendant près de quatre semaines, Paris et l'Île-de-France deviennent une scène à ciel ouvert. Cette nouvelle édition place la rencontre au cœur de son projet. Elle invite les œuvres à sortir des cadres habituels, à se rapprocher des habitants et à créer de nouveaux liens entre artistes, créations et publics. Du Grand Palais aux jardins, des monuments aux espaces publics, le festival déploie sa programmation dans vingt-huit sites, dont seize ouvrent leurs portes pour la première fois. Chaque lieu apporte son histoire, son atmosphère et sa singularité aux spectacles, transformant la manière de les découvrir. Le Grand Palais, le Jardin des Tuileries, la Monnaie de Paris, le Palais de la Porte Dorée ou le lycée Henri Bergson côtoient ainsi de nouveaux territoires de création.
Des lieux qui deviennent des partenaires de création
Le Festival Paris l'été ne se contente pas d’occuper des espaces. Il choisit des horizons singuliers qui participent pleinement à l’expérience artistique. Les lieux ne sont pas de simples décors, ils deviennent des partenaires à part entière capables de transformer la perception des œuvres. La cour de la Monnaie de Paris accueille ainsi "Anima", imaginé par Maëlle Poésy et Noémie Goudal, une création mêlant vidéo, musique et performance aérienne. Au Théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare, "Voir clair avec Monique Wittig", porté par Adèle Haenel et Caro Geryl, fait résonner les textes de l’écrivaine dans un environnement végétal propice à l’écoute.
Cette relation singulière aux lieux traverse l’ensemble de la programmation. Dans "Vivaldines", la chorégraphe Amalia Salle fait voyager la danse du château de Jossigny au château de Morsang-sur-Orge, avant de poursuivre son parcours dans différents espaces urbains. Au fil de cette itinérance, la pièce change de respiration et le regard du public se déplace. Avec "Les Voyages - Expérience 36" le Collectif XY transforme les Buttes-Chaumont, la rue Édouard-Pailleron puis le parc de la Villette en scènes d’acrobaties collectives. À Pantin et au lycée Henri Bergson, "Heavy Motors" de la Compagnie Société Protectrice de Petites Idées donne une nouvelle vie à une voiture sans permis devenue personnage de théâtre, de musique et de cirque.
Pendant près de quatre semaines, Paris l’été 2026 se déplace. Le festival assume son nomadisme : il circule, s’installe là où on ne l’attend pas, traverse les quartiers et vient au contact. Ce mouvement n’est pas un décor, c’est un geste. Une manière de prendre part à la ville, d’habiter autrement ses espaces, de les ouvrir avec celles et ceux qui y vivent. À chaque étape, il s’agit de provoquer des rencontres, de faire dialoguer les œuvres, les lieux et les publics - sans hiérarchie préalable.
Le festival se construit ainsi, au plus près du territoire, attentif aux usages, aux rythmes, aux présences. Dans une période incertaine, nous faisons le choix de la joie. Pas une échappée, mais une force. Quelque chose qui circule, qui relie, et qui donne envie d’être ensemble, simplement.
Des écritures qui déplacent les frontières
Cette 36ᵉ édition revendique une grande liberté dans les écritures. Théâtre, danse, musique, cirque, cabaret et performance ne se succèdent pas simplement. Ils dialoguent, se répondent et inventent de nouvelles façons de raconter le monde.
Au Jardin des Tuileries, "8 soirs par semaine" réunit Camille Chamoux, Vincent Dedienne et Léopoldine HH dans une création où lecture, jeu et musique composent un récit intime autour de la scène et du métier d’artiste. La danse prend ensuite le relais avec "Tendre colère" de Christian et François Ben Aïm, où dix interprètes explorent les tensions entre mouvement collectif et fragilité individuelle.
La même scène accueille également le collectif Catastrophe, Keren Ann avec son album "Paris Amour" et la chanteuse catalane Sílvia Pérez Cruz, dont le répertoire mêle flamenco, jazz et musiques populaires. Quelques jours plus tard, le chorégraphe portugais Marco da Silva Ferreira présente "CARCAÇA", où danses urbaines et héritages culturels se rencontrent, tandis que Carmel Loanga explore avec "L’Ivresse des lucioles" l’énergie et les contradictions de la jeunesse contemporaine.
Des artistes qui racontent le monde d’aujourd’hui
Au fil des créations, cette 36ᵉ édition laisse apparaître plusieurs lignes de force. Les corps, les identités, les héritages culturels et les récits contemporains traversent de nombreuses propositions sans enfermer le festival dans un discours unique. Cette richesse témoigne d’une scène vivante, attentive aux transformations du monde.
La liberté d’expression s’incarne aussi dans "La Bouche Cabaret" réunissant Mascare, Soa de Muse, Bili Bellegarde et Grand Soir, où humour, musique et performance composent un espace d’expression libre. Le festival ouvre également, pour la première fois, sa programmation au stand-up avec Tahnee et Mahaut Drama, affirmant sa volonté de faire place à des écritures capables d’interroger la société avec distance et humour. Cette ouverture se prolonge avec les regards venus d’ailleurs. L’artiste argentine Diana Szeinblum avec "Adentro" ou Mohammed Al Qudwa avec "3 saisons et 1 corps" témoignent d’une programmation ouverte aux récits de l’exil, de la mémoire et de la transmission.
Ce festival au plus près des habitants
La rencontre avec les publics reste au cœur du projet. Après le triomphe de sa première édition, le festival a célébré le retour du battle waacking. Dès l’ouverture, le 11 juillet, l’ALL-WORLD-WAACKING imaginé par Josépha Madoki a réuni sous la verrière du Grand Palais des danseurs venus du monde entier. Transformé en une vaste scène de joute spectaculaire, ce lieu monumental est devenu le théâtre d’une célébration où la virtuosité rencontre la fête.
Né au sein des communautés gays afro et latino-américaines de la côte ouest des États-Unis, le waacking, danse urbaine apparue dans les clubs de Los Angeles au début des années 1970, s’est imposé comme un espace de liberté. Extravagante, inclusive et résolument festive, cette danse, mondialisée depuis les années 2000, célèbre l’audace, la singularité et l’affirmation de soi. Une ouverture éclatante, où la virtuosité se mêle à la fête, portée par une énergie collective qui place l’été sous le signe du partage. Cet élan se poursuit avec "Le Grand Défilé" d’Édith Amsellem, "La même chose mais pas tout à fait pareille" d’Anne-Sophie Turion ou encore "Balatata" de Magda Kachouche. Ces propositions brouillent les frontières entre artistes et spectateurs et prolongent l’expérience du festival au-delà des représentations. Ateliers, stages, rencontres et débats l'enrichissent et permettent au festival d’accueillir des publics toujours plus larges. L’édition 2026 confirme ainsi sa singularité dans le paysage culturel francilien. Il fait de cette rencontre entre les œuvres, les artistes, les lieux et les habitants le fil conducteur de sa programmation.
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