Le ministère de la Culture et la Délégation générale pour la langue française et les langues de France promeuvent et valorisent toutes les langues de France. La langue des signes française en fait partie. C’est pourquoi le numéro 34 de Langue et Cité, intitulé : «2025 : La langue des signes française et les Sourds, 20 ans après la loi de 2005 », s’intéresse à la communauté sourde en France et à sa langue : la langue des signes française (LSF).
La LSF, une langue à part entière
Pourquoi aborder cette thématique dans une revue consacrée aux langues, à partir d’un texte législatif sur le handicap ? Parce que la surdité relève avant tout d’un empêchement dans l’échange et la communication, un obstacle qui ne concerne pas uniquement la personne sourde mais l’ensemble de ses interlocuteurs. En l’absence d’audition, l’accès spontané à une langue orale est en effet impossible.
Il convient par ailleurs de rappeler que la langue des signes n’est pas unique ni universelle. Il existe une grande diversité de langues des signes : certaines sont largement reconnues et structurées, comme la LSF, tandis que d’autres se développent au sein de cercles restreints, familiaux ou communautaires. Ces langues dites émergentes sont extrêmement nombreuses.
Une langue très utilisée, mais à l'accès compliqué
Les données disponibles restent approximatives, mais on estime aujourd’hui à environ 300 000 le nombre de personnes utilisant la LSF en France.
Pourtant, alors même que la loi de 2005 reconnaît officiellement la LSF comme une langue à part entière et autorise son usage dans la scolarité des jeunes sourds, ce sont précisément ces derniers qui y ont le moins souvent accès. Cette situation s’explique notamment par le fait que la LSF n’est que rarement présente dans l’environnement familial dès la naissance.
Si la loi a permis des progrès réels, ceux-ci demeurent insuffisants, en particulier dans le domaine éducatif. À l’heure actuelle, seule une infime proportion d’enfants sourds, autour de 3,5 %, bénéficie en France d’un enseignement véritablement bilingue. Celui-ci repose sur deux langues à la fois langues d’enseignement et objets d’apprentissage : la LSF, utilisée dans l’interaction directe, et le français écrit, considéré comme langue seconde, conformément à la définition du ministère de l’Éducation nationale.
Pour aller plus loin, découvrez le numéro spécial consacré à la LSF, son usage, ses enjeux :
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