A l’image du film d’ouverture, La Vénus électrique, réalisé par Pierre Salvadori, le 79e Festival international du film de Cannes, qui va se tenir du 12 au 23 mai, promet une édition pleine d’énergie. Une édition placée également sous le signe de la vitalité, de la créativité et de la diversité, mais aussi d’enjeux nouveaux et d’interrogations multiples.
La diversité est au cœur des préoccupations du Centre national du cinéma et de l’Image animée (CNC), qui continue de la défendre en favorisant l’existence, le renouvellement et le rayonnement de la création sous toutes ses formes. A commencer par la création française qui est cette année largement représentée avec soixante-neuf films produits ou coproduits, ainsi que deux œuvres immersives, qui ont bénéficié d’un soutien du CNC.
Un partenariat inédit
C’est « une étape décisive pour la filière du cinéma et de l’image animée ». Avec quatorze régions signataires d’un nouveau partenariat annoncé le 11 mai, le ministère de la Culture poursuit la consolidation d’un écosystème exemplaire construit de longue date avec les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) et le Centre national du cinéma (CNC). Pour mémoire, rappelons que ce partenariat a permis d’investir en 2025 plus de 88 millions d’euros sur les territoires, dont 23,5 millions d’euros apportés par le CNC en faveur de la création, de la diffusion, de l’éducation à l’image et de la préservation du patrimoine
Le partenariat annoncé le 11 mai repose sur trois piliers, qui complètent la « refondation » des dispositifs d’éducation au cinéma, lancés par le Gouvernement en 2025 : la « stabilité des engagements » en faveur de l’éducation à l’image, la « reconnaissance » des régions partenaires comme acteurs majeurs de la politique cinématographique et un mode de « cofinancement inédit » (le CNC peut abonder jusqu’à trois fois le montant des financements apportés par les collectivités pour des actions favorisant une éducation fondée sur la pratique des images).
Cet « engagement sans précédent » témoigne de la volonté commune de l’État et des collectivités de placer la culture et l’éducation au cœur des territoires. Les quatorze régions sont les suivantes : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse, Grand Est, Guyane, Hauts-de-France, Ile-de-France, Martinique, Normandie, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Réunion. « Je me réjouis que la quasi-totalité des régions aient choisi de mener, aux côtés de l’État, cette bataille d’une plus grande maîtrise des écrans : ceux qui proposent une expérience collective de beauté et de vérité que l’on ne trouve nulle part ailleurs, ceux qui nous font lever les yeux et nous construisent en tant que citoyens de demain », a ajouté la ministre de la Culture.
Espoir, Sierra de Teruel, une restauration exemplaire
Alors qu’on célèbre le Cinquantenaire de la disparition d’André Malraux, l’héritage immense de l’auteur de La Condition humaine apparaît dans toute ses dimensions : écrivain visionnaire, intellectuel engagé, grand résistant, ministre emblématique des Affaires culturelles du Général de Gaulle… Il est cependant une part qu’on connaît moins de lui, c’est sa fascination pour le cinéma.
Jusqu’au 6 juin, une exposition, « Malraux, la tentation du cinéma », à la bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg, vient combler ce manque, en documentant de façon remarquable la passion malrucienne pour le cinéma – entre éblouissement devant le spectacle proposé par les films muets et intérêt majeur pour l’inventivité formelle du Septième Art.
Le 17 mai, le Festival de Cannes présente, dans sa sélection « Cannes Classics », la restauration événement de l’unique film réalisé par Malraux lui-même : Espoir, Sierra de Teruel. Adapté de son roman L’Espoir, ce long métrage mythique a été réalisé dans des conditions particulièrement éprouvantes. Tourné en 1938 en pleine guerre civile espagnole et terminé en France en 1939, il est d’abord censuré après la défaite des Républicains puis traqué par les nazis. Une copie du film échappe miraculeusement à la destruction car elle était rangée dans des boîtes portant le nom d'un autre film. Ainsi sauvé, le film Sierra de Teruel, rebaptisé Espoir par le nouveau distributeur, sort dans les salles parisiennes en 1945 et obtient le prix Louis-Delluc.
Sa restauration en 2026 est un véritable événement, fruit d’un partenariat entre le CNC, la Library of Congress, la Cinémathèque française, les Grands films classiques, et la succession André Malraux. Une table ronde, « De Malraux écrivain à Malraux cinéaste, d’Espoir à Sierra de Terruel », modérée par Béatrice de Pastre, directrice adjointe du patrimoine et directrice des collections au CNC, complètera le 20 mai la présentation de Sierra de Teruel. Avec les interventions de Jacques Peskine, fils de Boris Peskine, co-réalisateur du film, Céline Malraux, essayiste, Jean-Fabrice Janaudy, directeur des Acacias Distribution.
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