Le Biou est une fête périodique viti-vinicole, jour de la fête patronale (Saint-Just est le saint patron de la paroisse) et anniversaire de la Libération d’Arbois. Elle se déroule chaque premier dimanche de septembre, avec deux cortèges distincts : l’un religieux, celui de la grappe (le biou), documenté pour la première fois en 1665 ; l’autre laïc et républicain, celui de la couronne, existant depuis 1922.
Ainsi, le biou (avec b minuscule) désigne la grappe, tandis que le Biou (avec B majuscule) désigne la manifestation dans son ensemble.
À 9h40 commence le défilé du Biou. Devant la Maison Vercel, se forme un cortège dans lequel prennent place les quatre vignerons portant le biou suspendu à un brancard. Ils sont précédés d’un groupe de violonistes, issu de l’école municipale de musique. Tout au long du parcours, ils joueront en ritournelle un répertoire composé de deux mélodies populaires. Le maire et le président de la Société de Viticulture et, avec eux, les vignerons et les personnalités invitées prennent place derrière le biou. Toutes les personnes qui le désirent peuvent se joindre au cortège : des familles et leurs invités, vignerons, groupes d’amis, etc. Les vignerons se distinguent dans le cortège par le port de piques. Deux d’entre eux, en amont, portent des piques aux armes de la ville, ils règlent la cadence du cortège. Les autres l’encadrent.
Le cortège remonte ainsi la ville jusqu’à l’église Saint-Just où le biou est accueilli par le clergé. Entré dans l’édifice, il est accroché à un filin, béni par le prêtre et élevé dans le choeur. Les membres du cortège ne participent pas tous à la cérémonie religieuse. Certains rebroussent chemin à l’entrée de l’église ou attendent l’élévation de la grappe pour sortir. D’autres assistent à l’office, lui conférant un caractère religieux ou simplement culturel. S’en suit une messe dans laquelle l’officiant convoque le registre biblique assimilant ainsi le biou à la grappe de Canaan (Episode de l’Ancien Testament, où les envoyés de Moïse rapportent une grappe de raisin comme preuve de la découverte de la Terre Promise (Nombres XIII, 20-24)). Si l’accent est là mis sur la relation entre l’humain et une surnature, il peut aussi l’être sur la relation entre les humains, permettant à chacun, croyant ou non-croyant, de se retrouver. Pendant l’office, chaque porteur prononce une « intention de prière ».
Retour est fait ensuite à la Maison Vercel où prend corps un second cortège derrière la couronne de raisins, portée par deux jeunes vignerons coopérateurs de la Fruitière Vinicole. Précédée d’une fanfare marchant au pas de sa musique, la couronne est suivie de porte-drapeaux, des pompiers de la ville, puis du maire, du président de la Société de Viticulture, du préfet du département et de différents élus. Les personnes qui le désirent (habitants, vignerons) participent au défilé. Il est également possible d’assister à ce défilé, comme à celui du biou, dans la rue ou depuis sa fenêtre.
Le défilé se dirige cette fois au monument aux morts auquel la couronne est accrochée et où des gerbes sont déposées. Ce moment, patriotique, est l’occasion d’un rassemblement de la population autour d’un hommage rendu aux fondateurs de la Fruitière, aux soldats, pour beaucoup vignerons arboisiens mais aussi étrangers, morts dans différentes guerres, et aux militaires d’aujourd’hui. Le maire prononce là un discours, pour une part, commémoratif. Il rappelle, via le jumelage entre Hausach et Arbois, la réconciliation franco-allemande.