Le programme Culture et Aménagement vise à mieux intégrer l’art et la culture en lien avec les transitions écologiques et sociales, dans les démarches des professionnels qui conçoivent, pilotent ou accompagnent des projets urbains et architecturaux. Ce dispositif est porté par le ministère de la Culture et les ministères de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, de la Ville et du Logement et opéré par le GIP Europe des projets architecturaux et urbains.
Intitulée « L’existant, ressource à cultiver », cette rencontre, co-construite avec le Mouvement de l’urbanisme culturel fait suite au premier atelier, organisé le 20 novembre 2025 consacré au lancement de la communauté apprenante. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par la montée en puissance des enjeux de sobriété foncière, de réhabilitation du bâti et de requalification des espaces déjà-là. Dans ce cadre, l’enjeu n’est plus seulement de produire la ville, mais de la transformer à partir de ses héritages, de ses usages et de ses imaginaires. Cela implique également de révéler des dimensions souvent invisibles des territoires (patrimoines immatériels, mémoires locales, pratiques sociales, sociologie des lieux), qui peinent parfois à être appréhendées par les seuls outils techniques de l’aménagement.
Une journée pensée pour partager et s’outiller
La journée s’est ouverte par les interventions de la sous-préfète du territoire roubaisien, Samira Alouane, puis des directrices adjointes de la DREAL Hauts-de-France, Anne-Lorraine Lattraye, et de la DRAC Hauts-de-France, Estelle Guilles des Buttes. Une ouverture scientifique assurée par Léa Donguy, docteure en géographie de l’art, a permis de souligner la convergence actuelle propice entre création artistique, fabrique de la ville et transitions.
Les participants se sont ensuite réunis dans la salle de spectacle de la Condition Publique pour une séquence plénière organisée sous la forme d’un débat inversé, donnant la parole en priorité aux participants. Ce format a permis de faire émerger des questionnements directement issus des pratiques professionnelles, en croisant les regards d’acteurs de la fabrique urbaine et du champ culturel, mais aussi de collectivités. L’après-midi, quatre ateliers en parallèle, organisés en format de codéveloppement, ont permis de mettre en dialogue des projets en phase d’amorçage avec des démarches plus avancées issues du territoire des Hauts-de-France.
La journée s’est poursuivie par une balade urbaine commentée par Yoan Miot, offrant un éclairage sur les spécificités de la ville de Roubaix, avant de rejoindre le monastère des Clarisses. Le projet d’occupation Saisons Zéro y expérimente depuis 2019 des manières de réhabiliter le patrimoine existant à partir de techniques d’aménagement sobres, peu consommatrices d’énergie et économes en matériaux, tout en recherchant un haut niveau de confort thermique. Enfin, la conférence-spectacle de l’Agence nationale de psychanalyse urbaine a proposé une lecture sensible du territoire en mettant Roubaix «sur le divan».
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