Découvrir ou redécouvrir les bâtiments, les formes architecturales, les métiers : chaque année les Journées nationales de l’architecture proposent à toutes et tous un ensemble d’événements pour mieux observer différemment ce qui nous entoure. Du 15 au 18 octobre, elles ont célébré la réhabilitation, c’est-à-dire la remise en état de constructions existantes en les améliorant et en les réinventant. En ouverture de la manifestation, la Cité de l’architecture et du patrimoine a proposé une conférence invitant à des regards croisés de professionnels sur le sujet. La réhabilitation peut et doit être acte de création architecturale, elle est d’intérêt public, a ainsi rappelé Delphine Christophe, directrice générale des Patrimoines et de l’Architecture au ministère de la Culture.
L’architecture est en effet porteuse de solutions pour répondre aux enjeux de transition écologique, aux évolutions des modes d’habiter, de transformation de nos villes. Puisque l’existant et le « déjà-là » constituent le gisement principal pour loger et équiper la France des décennies à venir, la réhabilitation doit devenir le principal mode d’intervention architecturale.
Dans un premier temps, le public venu nombreux était invité à échanger avec le groupe de travail composé d’architectes, d’urbanistes, de paysagistes, d’enseignants, de chercheurs, d’ingénieurs et d’artisans, mobilisé par le ministère de la culture pour identifier les paramètres clés et les questionnements contemporains fondamentaux relatifs à la réhabilitation.
Ces regards croisés ont permis d’explorer plus profondément quatre thématiques.
- La réhabilitation bouleverse-t-elle nos codes patrimoniaux et esthétiques ?
- Argent, carbone, matière, énergie : peut-on faire une architecture sans moyens ?
- Du diagnostic au chantier, un art plus que jamais collectif : l’architecte est-il encore l’auteur de son œuvre ?
- Maintenance, usages : l’architecture doit-elle être « pratique » ?
Pour poursuivre plus concrètement cette réflexion, carte blanche été donnée à la Cité de l’architecture et du patrimoine pour l’organisation d’une revue de projets exemplaires. Douze architectes invités par Emmanuelle Borne (journaliste et commissaire d'exposition) et Martin Paquot (architecte lauréat des Albums des jeunes architectes et paysagistes et autres voies de l’architecture 2025 et cofondateur de la revue Topophile) ont présenté chacun une opération sous l’angle de la transformation des usages et de la transformation de la matière.
- 127 af (Ajap25) :Réhabilitation d’une maison de ville à Bagnolet (93), 2025. Maîtrise d’ouvrage privée.
- Remake (Ajap25) Restructuration et extension du cinéma Renoir à Roanne (42), 2025. Maîtrise d’ouvrage : Association Ciné Rivage.
- Studio Pia(Ajap25) : Restauration de l’église Sant’Andrea, à Ersa, Corse (2B). Maîtrise d’ouvrage : Commune de Ersa.
- Brunnquell & André architectes : Reconversion de la caserne Exelmans à Paris 16e, 2025. Maîtrise d’ouvrage : Paris Habitat OPH.
- Fab architectes, LINK : Rénovation et extension d’une auberge, création de 4 logements en accession, aménagement des espaces publics à Saint-Georges-Haute-Ville (42), 2026, Maîtrise d’ouvrage : Commune de Saint-Georges-Haute-Ville.
- Collectif encore : Réhabilitation d’une friche commerciale en tiers-lieu à Oloron-Sainte-Marie (64), 2026, Maîtrise d’ouvrage : Commune d’Oloron-Sainte-Marie.
- LandfabrikAteliers de fabrication des décors de la Comédie Française, Sarcelles (95), 2025. Maîtrise d’ouvrage : Théâtre de la Comédie Française.
- nunc architectes : Réhabilitation du Pavillon Keller, Paris 15e, 2025. Maîtrise d’ouvrage : La Poste Immo.
- Studio Rijsel mandataire + Atelier POST : Réhabilitation et extension d’un ensemble communal rural en école maternelle et salle multi-activités, Bellignies (59), 2026. Maîtrise d’ouvrage : Commune de Bellignies.
- Dauphins architectes : Réhabilitation du groupe scolaire de Marancy, Pau (64), 2025. Maîtrise d’ouvrage : Ville de Pau.
- Béal & Blanckaert architectes urbanistes : Restructuration d’un supermarché en tiers-lieu social et nourricier, Nœux-les-Mines (62), 2026. Maîtrise d’ouvrage : Nœux environnement.
- Nicole Concordet architecte : Réhabilitation du Garage moderne, Bordeaux (33), 2025, Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bordeaux.
En conclusion de cette journée, la 2e édition du palmarès réHAB XXe a été annoncée par la ministre de la Culture ainsi que l’ouverture, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, de six nouvelles expositions dont celle dédiée au Grand prix national de l'architecture 2024, Atelier d'Architecture Perraudin. Intitulée L’architecture ? C’est fait pour rendre les gens heureux !, elle présente huit projets réalisés en France, en Roumanie et au Sénégal, qui illustrent la démarche engagée de l’agence, attentive aux ressources locales, à la matière, aux territoires et aux usages.
À l’occasion des Journées nationales de l'architecture 2026, deux conférences organisées in situ ont permis de présenter les travaux de réhabilitation mis en œuvre successivement sur l'immeuble des Bons-Enfants, siège de l'administration centrale du ministère de la Culture .
- Francis Soler, Grand Prix national de l’architecture 1990 et Grand Prix d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts - Charles Abella est revenu sur l’opération qui a permis de transformer les deux bâtiments préexistants datant respectivement de 1920 et de 1955 en un seul bâtiment capable d’accueillir le millier d’agents travaillant quotidiennement dans ces murs et d’incarner le ministère de la Culture au début des années 2000.
- Guillaume Relier et Rodrigue Lombard de l’agence R-architecture ont expliqué l’opération de réaménagement des intérieurs qui leur a été confiée entre 2018 et 2025 pour adapter le bâtiment aux nouvelles pratiques de l’administration, offrir de nouveaux espaces pour de nouveaux usages et modes de travail.
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