Les usages du numérique se transforment, dans toute la société et dans le secteur culturel : mise à disposition des collections en ligne, écrans d’information, recours à l’intelligence artificielle, aux technologies immersives, aux jetons non-fongibles (NFT)…
Ces évolutions ont des conséquences environnementales tangibles : en France, l’Arcep estime que le numérique représente environ 4% de l’empreinte carbone de la France. Son enquête « Pour un numérique soutenable » (2026) montre que les émissions de gaz à effet de serre et les consommations en électricité et en eau des centres de données continuent de progresser. Comment le ministère de la Culture continue-t-il à œuvrer pour un numérique plus responsable, comme il s’y est engagé dans le Guide d'orientation et d'inspiration pour la transition écologique de la culture ?
Des filières culturelles plus sobres...
Pour mobiliser tous les acteurs du secteur culturel, la stratégie numérique du ministère de la Culture s’est construite avec eux, à travers une plateforme de consultation publique en ligne. Cette stratégie cherche à systématiser la prise en compte de l’empreinte écologique dans la conception, le déploiement et le soutien de dispositifs numériques. Le développement des pratiques d’évaluation de l’impact écologique du numérique culturel et l’éco-conception des dispositifs numériques sont encouragés et soutenus par le ministère.
Les solutions et services innovants du secteur culturel doivent intégrer dès leur création les enjeux d’éco-conception dans les processus tant de design et de création que de production, afin de réduire l’empreinte environnementale sur tout le cycle de vie des services et produits (production, usage, fin de vie).
Afin de s'adapter à leur développement rapide, la stratégie du ministère pour des intelligences artificielles culturelles et responsables (2025) s’articule autour des usages responsables de l’IA, en promouvant des modèles transparents, éthiques et frugaux. Elle recommande que la conception et le déploiement de ces solutions se fondent sur :
- L’évaluation préalable de la pertinence du recours à l’IA ;
- La maîtrise de l’impact environnemental ;
- La durabilité des systèmes ;
- L’intégration de principes éthiques (lutte contre les biais algorithmiques, explicabilité des décisions…).
En cohérence avec la mise en œuvre de ces deux stratégies, le ministère a signé la « Charte numérique responsable » de l’Institut du numérique responsable en 2023, puis la « Charte IA responsable » de ce même institut en 2026.
Comment ces engagements se concrétisent-ils ?
L’appel à projet du ministère de la Culture « Transition numérique de la Culture et appropriation de l’intelligence artificielle » demande aux candidats d’intégrer des techniques et méthodes visant à maîtriser ou à réduire les impacts environnementaux (notamment un usage responsable de la donnée et/ou de l’intelligence artificielle) et visant la sobriété numérique, pour un écosystème exemplaire en matière d’écoresponsabilité.
... soutenues par un ministère engagé
L'engagement interne du ministère est également reconnu. En juillet 2026, le label numérique responsable de niveau 1 a été renouvelé pour l’administration centrale du ministère de la Culture et obtenu par ses services déconcentrés et services à compétence nationale. Ce label est décerné aux organisations s’engageant à réduire l’impact du numérique : il garantit la crédibilité de la démarche numérique responsable du ministère, engagée depuis 2021.
Au ministère de la Culture, 19 nouveaux engagements ont été pris, comme :
- une plus grande place accordée au numérique responsable dans les instances de gouvernance ;
- la montée en compétence de ses équipes ;
- la mesure de l’empreinte carbone de son système d’information ;
- un suivi fin et coordonné de l’avancement des structures dans leurs actions.
Ils s’ajoutent à des actions déjà menées, telles que :
- l'allongement de la durée de vie du matériel ;
- le regroupement et la rationalisation des serveurs ;
- une évaluation systématique de la pertinence à développer de nouveaux services numériques, la priorisation des fonctionnalités au sein de ces derniers, puis leur écoconception.
Le ministère de la Culture sensibilise également ses agents à travers la tenue régulière de fresques du numérique et sa participation à la Journée mondiale du nettoyage numérique.
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