Les Assises nationales du logement et de la ville sont organisées chaque année par le Groupe Batiactu. Journée d’échanges, de partages d’expériences, cet événement intègre à la fois expositions, conférences, rencontres entre professionnels de la construction et élus. C’est l’occasion de faire le point sur la politique du logement et de la ville, sur les priorités à mettre en œuvre et sur les réglementations en cours. Cette année, elles ont eu lieu le 23 juin au Palais Brongniart.
La première table ronde animée par Florent Lacas, rédacteur en chef de Batiactu, était intitulée : Qualité architecturale, performance environnementale, confort et santé : l’équation impossible ? Réglementer jusqu’où ?
Hélène Fernandez, directrice de l’architecture au ministère de la Culture a rappelé que dans un contexte marqué par l’économie des ressources et les enjeux de résilience climatique et économique, il n’y a pas de la qualité architecturale sans qualité environnementale.
Réglementer jusqu’où ?
La règle et la norme sont des outils de démocratie et de transparence qui permettent de s’assurer du respect de l’intérêt public.
Toutefois certaines situations amènent les professionnels du secteur à s’interroger parfois sur leur pertinence. Sur le terrain, la norme et les règles sont souvent vécues comme un labyrinthe dont la logique est perdue, comme un assemblage de textes apparaissant parfois contradictoires avec les objectifs poursuivis et dont la variabilité, et le rythme de production constituent un stress test permanent dans le processus de « construction ».
L’équation impossible n’est pas celle que l’on croit
Construire l’habitat d’aujourd’hui et de demain, c’est créer de nouvelles équations, faire de nouveaux liens. La réhabilitation, le recyclage et la transformation de l’existant forment le nouveau cadre de la création architecturale. Agir sur ce qui est déjà-là, c'est mettre plus de chance de notre côté en termes de performances environnementale, économique et sociétale et peut-être d’invention architecturale à l’heure de l’intelligence artificielle.
Il est nécessaire de voir autrement et parfois de remettre en question des systèmes de valeurs, économiques notamment. Le modèle de production de type industriel basé sur la hiérarchie des fonctions et des postes souhaite la règle la plus précise possible pour l’insérer dans son processus. Il la déteste et en même temps la demande. C’est là l’équation impossible.
La condition pour dépasser les logiques de labyrinthe, de casse-tête, de stress, c’est sans doute la capacité à être plus performant dans la coopération, le travail d’équipe pour créer les laboratoires des possibles.
Dans un contexte de montée en puissances des exigences, notamment environnementales, il est plus que jamais nécessaire de donner toute sa place à la conception, à l’expérimentation pour que l’application des règlementations soit une invention et non l’addition de contraintes performatives qui par définition portent en elles une obsolescence programmée.
La réhabilitation, nouveau souffle de la création
La deuxième table ronde, animée par Hugo Christy, urbaniste et journaliste, posait la question de la réhabilitation comme acte de création architecturale : oui, mais comment ?
Émeline Bailly, chercheuse au Centre scientifique et technique du bâtiment, et Claudia Devaux, architecte co-fondatrice de l'agence DDA — lauréate de l’Équerre d'Argent pour la réhabilitation du téléphérique du Salève —, toutes deux membres du comité scientifique du palmarès réHAB XXᵉ, ont tenté de répondre à cette question.
La réhabilitation est le nouvel horizon de l’architecture. Elle ne contraint pas la création : elle la provoque, la stimule, la force à se réinventer. C’est tout l’enjeu de la prochaine édition du palmarès réHAB XXᵉ, trois ans après la première édition, porté par le ministère de la Culture dans le but de révéler de nouvelles pratiques, de renouveler le dialogue entre les architectes et leurs équipes, les maîtres d’ouvrages, les artisans et les entreprises sur les œuvres de leurs prédécesseurs.
En invitant les candidats à raconter l’histoire de leur projet, à détailler la réponse qu’ils ont apportée aux questions soulevées par la confrontation entre la création architecturale contemporaine et des édifices réalisés au XXᵉ ou au XXIᵉ siècle, le ministère de la Culture voit dans cette nouvelle édition l’opportunité de faire école.
L’objet de la table ronde portait sur la façon dont les processus de commande et de projet créent la possibilité de concevoir des architectures aussi pertinentes que possibles, notamment dans le domaine du logement. Les réponses, elles, seront apportées par les candidats.
Si vous souhaitez candidater à la nouvelle session du palmarès réHAB XXᵉ, restez attentifs aux informations à venir du ministère de la Culture.
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