Le choix des sites où les manifestations culturelles ont lieu, des matériaux et des modes de transport utilisés, du volume sonore ou de l’intensité lumineuse d’un événement en plein air, des conditions de conservation d’une œuvre ou du mode de gestion des déchets… : autant de décisions prises par les acteurs culturels qui impactent la biodiversité. À l’inverse, les activités culturelles dépendent elles-mêmes de la biodiversité (air, eau, sols, services écosystémiques). Réduire leur empreinte biodiversité participe ainsi à freiner une érosion qui leur est par ailleurs préjudiciable.
VIF – Pour une culture Vivante, Inspirante et Fertile est le fruit d’un an de recherche-action, portée par COAL, Les Augures et Être et Avoir, en collaboration avec plus de 50 partenaires des secteurs culturel, artistique, scientifique et territorial. Ce programme est lauréat de l’appel à projet « Soutenir les alternatives vertes 2 », soutien France 2030 à la transition écologique du secteur de la culture, financé par l’État.
Face à l’accélération de l’érosion de la biodiversité, VIF vise à doter les professionnels du secteur culturel d’outils d’action :
- pour comprendre comment leurs projets impactent la biodiversité ;
- pour comprendre dans quelle mesure leurs projets sont dépendants de la biodiversité ;
- pour affirmer leur rôle, en tant qu’acteurs culturels, dans la préservation de la biodiversité et la transformation écologique et sociale de la société.
Concrètement, qu’est-ce que VIF ?
VIF est le premier référentiel biodiversité à destination des professionnels de la culture. Les établissements culturels et patrimoniaux sont en interaction quotidienne avec des écosystèmes vivants : VIF les accompagne dans la compréhension des enjeux liés à la biodiversité et dans le passage à l’action, à travers la diffusion d’outils en libre accès et de parcours de formation.
- Le premier outil VIF est un calculateur biodiversité. Il délivre un diagnostic des impacts du projet sur la biodiversité et des dépendances du projet à la biodiversité durant toutes les étapes du projet (en amont, pendant et en aval), ainsi qu’un plan d’actions. Le type de milieu où le projet a lieu, son statut de protection écologique, la qualité des sols, la durée et la saisonnalité du projet sont pris en compte.
- Le second outil VIF est un guide pour intégrer la biodiversité dans un projet culturel. Il reprend les étapes du cycle de vie d’un projet culturel : programmation, fabrication, logistique et installation, publics et médiation, vie des œuvres, fin de vie. Pour chaque étape, les enjeux liés à la biodiversité sont détaillés, des actions à mettre en œuvre suggérées et des ressources partagées.
- Des parcours d'accompagnement et de formation permettent aux équipes d’un projet culturel de s’approprier les enjeux de biodiversité et les outils VIF. Le parcours VIF, programmé en 2026-2027, permet aux participants de mieux intégrer la biodiversité dans leurs organisations tout en faisant partie d’un réseau d’acteurs culturels et territoriaux dynamiques. VIF propose également un accompagnement sur mesure en stratégie et formation au sein des équipes qui en formulent le besoin.
Des actions concrètes pour préserver la biodiversité
Le soutien du ministère de la Culture au projet entre pleinement dans sa stratégie de transition écologique, traduite dans le Guide d’orientation et d’inspiration pour la transition écologique de la Culture. De nombreuses actions ont ainsi été mises en place, comme :
- la mobilisation des réseaux professionnels ;
- la labellisation des lieux culturels et patrimoniaux (EcoJardin, Engagés pour la nature, Ecocert, Jardins de Noé, Jardins remarquables, refuges LPO) ;
- le financement d’initiatives en faveur de la biodiversité, tels que VIF ou Création et Vivant ;
- les engagements promus par le Cadre d’actions et de coopération pour la transformation écologique (CACTÉ) pour les structures de la création artistique ;
- l’intégration des enjeux de biodiversité dans l’enseignement supérieur Culture ;
- ou encore des publications, à l’image du guide « Composer avec le changement climatique dans un jardin patrimonial » (2026).
Ces actions sont la traduction sur le terrain :
- des objectifs de l’Etat, traduits notamment dans la Stratégie nationale biodiversité, et auxquels la culture prend toute sa part ;
- des rapports scientifiques portant sur la biodiversité, à l’image du rapport dit « Nexus » de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
Plus qu’une réponse à l’érosion de la biodiversité, les acteurs culturels se mobilisent pour réduire leur empreinte biodiversité, mais aussi pour participer à un changement de paradigme. C’est un des points de départ du programme VIF, qui propose par exemple de transformer certains projets culturels en « solutions fondés sur la culture » (en référence aux solutions fondées sur la nature), qui mobiliseraient les arts et les institutions culturelles pour transformer les relations au vivant.
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