« Susciter ensemble le désir de lire ». Telle est, selon Catherine Pégard, ministre de la Culture, la cause magnifique qui rassemble, autour d’un événement comme le Festival du livre de Paris qu’elle a inauguré jeudi 16 avril, tous les acteurs de cette grande fête de la lecture : auteurs, éditeurs, libraires et, bien sûr, lecteurs. « Le livre est la porte d’entrée dans un monde plus vaste, celui de la culture, de la vie », a poursuivi la Ministre, en rappelant les défis à affronter, notamment ceux du recul de la lecture chez les jeunes, mis en évidence dans la cinquième édition de l’étude « Les jeunes Français et la lecture en 2026 » publiée par le Centre national du Livre.
Depuis quelques années, le Gouvernement a multiplié les initiatives pour « renforcer la place du livre dans les pratiques culturelles des jeunes » : depuis la « lecture, grande cause nationale » en 2021, jusqu’à « Biblis en folie », une opération nationale destinée à mettre l’accent sur les richesses des bibliothèques, en passant par les États généraux de la lecture pour la jeunesse (EGLJ). Afin de poursuivre cet effort, la ministre de la Culture a présenté les trois axes principaux de son action : le soutien au pass Culture (dispositif dont la ministre a souligné l’intérêt, « 33 millions de livres ont été vendus depuis la création du pass Culture »), la lutte contre la concurrence des écrans et le fait de rendre l’offre plus visible et accessible aux jeunes. En parallèle, la signature de la Charte interprofessionnelle sur le prix du livre a pour but de consolider la loi sur le prix unique du livre en garantissant l’accès du plus grand nombre à la lecture.
Le pass Culture, une porte d’entrée vers la lecture
L’étude du pass Culture, publiée à la fin de l’année 2025 dans le cadre des États généraux de la lecture pour la jeunesse, révèle que parmi les jeunes détenteurs du pass, « 92% déclarent avoir lu un livre au cours des 12 derniers mois (72% pour leurs loisirs, 20% pour les cours). » Des résultats que Catherine Pégard souhaite développer à travers la convention de partenariat signée entre le pass Culture et le Syndicat national de l’édition. L’objectif de cet accord ? « Il s’agit de renforcer la place du livre dans les pratiques culturelles des jeunes, en rendant plus visibles encore les offres qui leur sont destinées », a précisé la ministre.
Depuis sa mise en œuvre en 2018, le pass Culture s’impose comme un levier clé pour encourager la lecture chez les jeunes. Un outil qui permet ainsi d’accéder plus facilement au livre, en abaissant des barrières ressenties par certains jeunes. Il agit tout d’abord directement sur le frein économique, le prix restant un obstacle réel, en particulier pour les publics les plus éloignés de la lecture. Le pass Culture facilite également l’accès aux ouvrages, qu’il s’agisse de romans, de mangas ou de bandes dessinées. Par ailleurs, il favorise l’autonomie et l’appropriation du livre. Le rapport à la lecture se transforme : d’abord perçue comme contrainte, elle devient un loisir accessible et choisi.
Face aux écrans, l’alternative de la lecture et sa transmission
Dans son intervention, la Ministre a également rappelé l’importance du livre comme vecteur de lien social face à la concurrence accrue des écrans qui « nous enferment trop souvent dans une bulle de solitude et d’immédiateté ». Les États généraux de la lecture pour la jeunesse, la plus importante consultation sur le sujet qui ait existé jusqu’à présent, dont le rapport final est publié sur le site du ministère de la Culture, mettent en lumière ce rôle en présentant le livre comme une alternative essentielle, à la fois pour l’accès à la culture et pour le développement personnel.
« En parlant des livres, en les rendant visibles, présents partout, nous ferons de la lecture une véritable alternative aux écrans », a assuré la Ministre, en annonçant un été culturel sous le signe de la lecture partagée, « en famille, entre amis, en groupe ; lecture à voix haute, jouée – pourquoi pas – déclamée » et la prochaine édition de « Biblis en folie », qui promeut auprès des jeunes les bibliothèques comme endroit de déconnexion, de rencontres et de découvertes.
Partager, transmettre, c’est aussi le sens d’un déplacement le 16 avril à la Cité internationale de la langue française, à Villers-Cotterêts avec le Président de la République à l'occasion du lancement de la journée hors ligne. « Voir deux collégiens interpréter, en le lisant pour la première fois, un extrait de l’École des femmes [de Molière] dont ils ne savaient rien la veille, et nous transmettre une émotion nouvelle, suffit à dire la nécessité et la force incomparable de la lecture », s’est réjouie la Ministre.
Faire découvrir les métiers du livre et de l’édition aux plus jeunes
Au-delà des dispositifs mis en place pour renforcer la lecture chez les jeunes, la ministre de la Culture a rappelé l’importance « d’accompagner l’ensemble de la filière du livre ». Des mesures visent à soutenir le secteur, notamment pour garantir des conditions stables aux éditeurs et aux libraires. L’enjeu est de préserver un réseau visible et accessible, condition indispensable pour favoriser l’accès de tous les jeunes à la lecture.
C’est pourquoi la convention de partenariat signée entre le pass Culture et le syndicat national de l’édition a pour seconde ambition de « faire découvrir les métiers du livre et de l’édition. » La ministre de la Culture a ainsi salué les éditeurs « qui nous font connaître des écrivains magnifiques, des ouvrages qui nous emportent. Du rapport de confiance que ces éditeurs-là nouent, avec les auteurs se tisse une histoire unique qui dessine la création littéraire française dans son originalité et sa liberté. »
La bande dessinée séduit de plus en plus les jeunes générations
La consultation du pass Culture met en lumière l’intérêt croissant des jeunes lecteurs pour les formats culturels considérés comme plus accessibles et attractifs. Parmi ces formats, la bande dessinée figure en bonne place : « Parmi les autres genres lus au cours des douze derniers mois, 28% des utilisateurs indiquent avoir lu une bande dessinée (…). » Un genre hybride entre récit et image, fiction et réalité, qui traite des sujets parfois complexes sur le monde contemporain et qui s’impose comme un levier majeur pour attirer les jeunes vers la lecture.
En 2026, le Festival du Livre de Paris fait de la bande dessinée son invité d’honneur. Pour mettre en lumière le 9e art, une programmation autour des thèmes du voyage et de la romance est proposée à travers ateliers et expositions. En complément, le public pourra découvrir des artistes qui font vivre la BD, notamment à l’occasion de temps d’échanges et de séances de dédicace, qui ne vont pas manquer, tout au long de ces trois jours, de faire l’événement.
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