Repenser l’alimentation et la restauration dans les lieux et évènements culturels
L’alimentation est un enjeu écologique majeur, y compris pour les équipements et évènements culturels. De l’origine des produits consommés au traitement des déchets, ses conséquences écologiques (émissions de carbone, empreinte sur la biodiversité, utilisation de matières premières…) ne sont pas négligeables. Quelles solutions pour adapter nos pratiques ?
L’alimentation représente en moyenne 22% de l’empreinte carbone d’un Français. A l’échelle d’un festival, opter pour de la bière locale et biologique permet de réduire de 25% les émissions liées à la consommation de bière. La faire évoluer, par exemple en la végétalisant davantage, produits donc des effets positifs pour l’environnement, mais également des co-bénéfices : plus de variété alimentaire, une meilleure santé et des économies.
La législation encadre ces enjeux, notamment à travers la loi Agriculture et Alimentation, dite « EGalim ». Cette loi poursuit principalement trois objectifs, que le secteur culturel peut également garder en tête :
- Rémunérer justement les producteurs ;
- Renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits (bien-être animal, bonnes conditions de production) ;
- Favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous (la loi fixe un seuil de 50% de produits durables et de qualité pour la restauration collective publique et encourage à lutter contre le gaspillage alimentaire et l’utilisation du plastique).
L’Etat a également publié sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (2025-2030).
Concrètement, plusieurs leviers peuvent être actionnés pour transitionner vers une alimentation plus durable, comme :
- Lutter contre le gaspillage alimentaire : les gestionnaires et organisateurs, les prestataires et traiteurs, les lieux, les consommateurs et les publics peuvent tous agir, à leur échelle. Il est possible de définir des quantités adéquates au nombre de convives attendu, d’anticiper les conditions de conservation des produits, de récupérer et de redistribuer les excédents, de permettre la gestion différenciée des déchets.
- Utiliser de la vaisselle réutilisable et limiter les emballages jetables : depuis janvier 2020, le ministère de la Culture s’est engagé à supprimer le plastique à usage unique dans les restaurants du personnel, à réduire sa présence dans les distributeurs et en incitant à utiliser des gourdes et tasses pour les boissons chaudes.
- Réduire la consommation de viande bovine : les émissions mondiales de gaz à effet de serre dues à l’agriculture s’élèvent à 14%, dont 60% proviennent de l’élevage. L’élevage constitue notamment la première source d’émissions en France de méthane et de protoxyde d’azote. C’est la raison pour laquelle le gouvernement souhaite encourager une consommation plus raisonnée de viande : manger moins souvent de viande et de la viande de meilleure qualité.
Exemples d'initiatives & bonnes pratiques
En 2023, We Love Green, festival de musique réunissant plus de 100 000 spectateurs en île de France, s’engage dans une restauration totalement végétarienne. De plus, la vaisselle réutilisable est consignée pour éviter les emballages. Les efforts principaux de We Love Green portent sur la traçabilité des produits utilisés, de saison, bio et locaux, l'élimination du plastique jetable, la réduction des déchets et la mise en place de dons des invendus à des ONG. La démarche a été lancée à travers un appel d’offre aux prestataires de restauration habitués aux festivals et événements à grand public.
Le Cabaret Vert organise un festival de musique annuellement et suit 12 objectifs. Inspirés des 17 objectifs de développement durable, ces objectifs visent à impliquer toutes les parties prenantes (bénévoles, salariés, prestataires, partenaires, médias et public).
Ce guide pour des festivals zéro plastique s’inspire de l’initiative portée par l’Association of Independent Festivals (AIF) et la RAW Foundation au Royaume-Uni. A la suite des 60 festivals anglais ayant ratifié une charte, le collectif R2D2 (réseaux régionaux d’accompagnement des événements au développement durable) a traduit et recontextualisé les contenus de cette charte pour diffuser des connaissances et des conseils sur l’usage de plastique.
L’association Mieux manger au ciné a créé une plateforme en ligne permettant aux salles de cinéma adhérentes de commander sans intermédiaire les produits éco-responsables sélectionnés (zéro déchet, circuits courts…).
Ce projet est lauréat de l’appel à projet « Soutenir les alternatives vertes » de France 2030.
Partager la page