Devenu "Musée de France" en 2023, le musée de la Création franche est un lieu artistique singulier du territoire néo-aquitain. Ses collections révèlent des œuvres surprenantes, à la croisée de l’art brut et des arts naïfs et populaires, et se situent en marge des grands mouvements artistiques. Derrière elles se cachent des parcours et des profils atypiques : un créateur qui assemble des objets sur un vélo au fil des décennies, un artiste maniant le stylo à bille, un bâtisseur de maquettes cinétiques ou encore une créatrice composant des collages au pastel…
Créé en 1989, par Gérard Sendrey, le musée de la Création Franche répond à l'une des missions soutenues par le ministère de la Culture : rendre ses collections accessibles au plus grand nombre afin de diffuser la connaissance. C’est pourquoi l’établissement profite de sa fermeture jusqu’en 2027 pour publier en ligne une partie de ces créations, consultables en quelques clics.
Qu'est ce que la base Joconde ?
Outil de travail quotidien pour les professionnels des musées, Joconde est dans le même temps un catalogue numérique ouvert à tous. Il rassemble des notices, véritables fiches d'identité des œuvres.
Accessible gratuitement sur POP (Plateforme ouverte du patrimoine), ce catalogue permet à chacun – professionnels, chercheurs ou simples curieux – de naviguer au cœur des richesses nationales. Le musée de la Création Franche rejoint ainsi les nombreux autres établissements de la région Nouvelle-Aquitaine déjà actifs sur la base.
Une mosaïque de formes et de profils autodidactes
Ce premier versement concerne une partie des acquisitions réalisées par le musée en 2023. Les notices de 11 auteurs concernés par ces acquisitions illustrent la variété des formes que peut revêtir cette création spontanée, qui s'épanouit en dehors des circuits artistiques et culturels traditionnels.
Derrière ces créations se cachent des personnes aux profils atypiques (animateurs en bibliothèque, peintres en chantier naval) dont le musée s'attache à valoriser. Le public peut notamment y découvrir :
- Le collage Le bon point d'Andrée Acézat ;
- Les dessins minutieux au stylo à bille de Karl Beaudelere ;
- La maquette cinétique de L’oiseau euphorique de Jean-Luc Johannet ;
- L'étonnant vélo d’André Pailloux, confectionné et assemblé au fil des décennies.
Une diffusion progressive jusqu'à la réouverture en 2027
Ce premier pas marque le lancement d’un chantier de plus grande ampleur. Les prochains versements sur la base Joconde intégreront successivement les acquisitions réalisées en 2024, puis celles de l'année 2025.
Par la suite, le musée de la Création Franche diffusera l’entièreté de ses collections au gré des futures campagnes de récolement des œuvres. Une opportunité pour le public de se documenter en attendant la réouverture du nouveau musée prévue en 2027.
Le récolement décennal : au cœur de la vie des collections
Que deviennent les œuvres d'art lorsqu'elles ne sont pas exposées ? Comment les musées s'assurent-ils de la présence physique, de la localisation et de l'état de conservation de leurs collections à travers le temps ?
Plus qu'un simple inventaire, le récolement est une mission fondamentale, à la fois scientifique et administrative. Obligation légale pour les Musées de France, cette démarche minutieuse garantit la protection, la traçabilité et la transmission de notre patrimoine aux générations futures.
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