Peut-on peindre, tisser ou créer sans polluer ? Face aux pigments de synthèse industriels qui dégradent les sols et les réseaux hydrauliques, dix-neuf artistes proposent de transformer la couleur en un enjeu écologique. À l’île de Vassivière, la création artistique s’associe à la recherche scientifique pour proposer des alternatives concrètes aux teintes toxiques.
Un ancrage dans les ressources du Limousin
Autour de l’anthropologue Arnaud Dubois, commissaire de l'exposition, le collectif d’artistes explore les richesses végétales et minérales du territoire pour réinventer ses pratiques. Des céramiques de Limoges aux textiles d’Aubusson, le parcours valorise les savoir-faire locaux et respectueux du vivant. Les créateurs se font jardiniers, glaneurs ou chimistes en dialoguant directement avec leur environnement.
Le parcours se divise en trois volets complémentaires :
- Situer la couleur en inscrivant les pratiques dans un territoire rural spécifique ;
- Cultiver la couleur grâce à la récolte patiente de plantes ou de minéraux locaux ;
- Réparer la couleur en interrogeant les effets de l’industrie chimique et en valorisant des méthodes durables.
Une alliance féconde entre l'art, l'artisanat et la science
L’exposition réunion des artistes renommés et de jeunes talents. Le visiteur peut ainsi admirer les tissages de laine de la créatrice Clara Salomon ou les émaux naturels de la plasticienne Flavie Cournil, fabriqués à partir de roches ramassées dans la région. Des œuvres, comme les textiles de Louise Bourgeois ou les assemblages végétaux de Marinette Cueco, enrichissent ce dialogue. L’exposition prolonge le projet de recherche « Chromoculture », porté par l’École nationale supérieure d’art et de design de Limoges et le Centre national de la recherche scientifique. Ensemble, ces acteurs ouvrent la voie à une véritable transition chromatique.
Cette immersion poétique et engagée invite le visiteur à poser un nouveau regard sur la matérialité de notre monde visuel.
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