A l'occasion du 150e anniversaire de la disparition de George Sand, célébré en juin 2026, la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson a porté un ambitieux projet de création contemporaine associant l’artiste Françoise Pétrovitch et les savoir-faire des ateliers aubussonnais. Après plus de deux ans et demi de travail mené par la Manufacture Robert Four, la tapisserie sera dévoilée au public lors d’un week-end exceptionnel organisé à Aubusson du 5 au 8 juin 2026.
Un grand week-end d'hommage et le dévoilement à Aubusson
Cette aventure collective – qui a réuni durant plus de deux ans et demi l'artiste Françoise Pétrovitch, la cartonnière Delphine Mangeret, la teinturière Nadia Petkovic et les lissières de la Manufacture Robert Four – trouve son dénouement lors d'un grand week-end de célébration programmé du 5 au 8 juin 2026, date anniversaire de la mort de l'écrivaine.
Ce temps fort débutera le 5 juin par un concert d'Yves Henry autour du répertoire de Chopin. Il sera suivi le 6 juin d'une conférence universitaire menée par le Centre de recherches sur les Littératures et la Sociopoétique ainsi que de la projection du film Mauprat. Le 7 juin, la Scène nationale-théâtre Jean Lurçat accueillera le spectacle George sans S, avant le dévoilement officiel de l'œuvre après plus de deux ans et demi de travail mené à la Manufacture Robert Four à Aubusson.
Une déambulation interactive le long d'un ruban de 23 mètres
Rompant radicalement avec la tradition de la tapisserie murale classique, cette œuvre adopte un format hors normes : un immense ruban tissé de 23 mètres de long sur 2,15 à 2,20 mètres de haut, représentant une surface totale de 50 m².
Ce format horizontal a dicté à l'artiste une approche visuelle nouvelle, pensée comme un flux continu d'émotions et de scènes entrelacées. Avec ce parcours graphique, Françoise Pétrovitch offre aux visiteurs une véritable promenade interactive. Le public est invité à déambuler tout près du ruban, à hauteur de regard, en arpentant l'œuvre dans un sens puis dans l'autre afin de découvrir successivement le recto et certaines zones du verso. La perception spatiale se calque ainsi sur le rythme du déplacement, chaque pan se découvrant comme on tourne les pages d’un livre d’images.
Une installation textile inédite et autoportante
L'innovation majeure de ce projet réside également dans sa présentation matérielle. Grâce à une structure autoportante et modulable spécifiquement développée avec l'entreprise Corégie, la tapisserie s’émancipe définitivement du mur pour devenir une installation textile éphémère et mouvante.
Cette structure en métal permet de modifier l'orientation de la tapisserie selon les espaces d'exposition en y intégrant des virages et des courbes arrondies. Ce dispositif scénographique redouble la fluidité de la perception visuelle et permet de dissimuler certaines parties arrière de l'ouvrage sous un tissu, tout en mettant en valeur d'autres fragments du verso directement sous les yeux du promeneur.
Une commande publique artistique portée par l'État
Ce projet colossal a reçu le statut officiel de Commande publique artistique. Ce dispositif national, attribué par le ministère de la Culture, est spécifiquement destiné à accompagner les créateurs dans la réalisation d'œuvres dont les dimensions, les enjeux techniques ou le caractère parfois expérimental exigent des moyens inhabituels.
À ce titre, le projet a été nécessité l'expertise artistique et technique des DRAC Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire, et l'évaluation de sa version finale devant le Jury du Conseil national des œuvres dans l'espace public en septembre 2022. Le ministère de la Culture apporte également un soutien financier aux côtés de ses partenaires, la Région Nouvelle-Aquitaine, le département de la Creuse, la communauté de Communes Creuse Grand Sud, ainsi que le Conseil départemental de l'Indre, la Région Centre-Val de Loire et le Centre des monuments nationaux via le Domaine de George Sand à Nohant-Vic. L'œuvre voyagera dès l'été 2026 à la rencontre des publics de ces différents territoires, et bien au-delà.
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