Édifié entre 1700 et 1723 sur les vestiges d’une ancienne place forte du duché de Normandie (douves et deux tours médiévales en témoignent), le château de Médavy incarne l’élégance du style classique inspiré de Mansart. Ce monument historique majeur a gravement été endommagé par un incendie en septembre 2025. IL bénéficiera d’un soutien financier issu de cette 9e édition du Loto du Patrimoine, dont le montant précis sera annoncé lors des Journées européennes du patrimoine en septembre prochain.
Le Loto du patrimoine est devenu un rendez-vous précieux pour notre mémoire collective. Il prolonge l’engagement des territoires et des citoyens qui refusent de voir disparaître ces témoignages de notre histoire.
Une opération qui mobilise les Français depuis 2018
Depuis sa création en 2018, la Mission Patrimoine a permis de collecter plus de 380 millions d’euros et d’accompagner plus de 1 080 sites en péril à travers la France. Près de 70 % d’entre eux sont aujourd’hui sauvés ou en cours de l’être. Chaque année, les Français participent massivement via les jeux « Mission Patrimoine » de FDJ UNITED, complétés par des dons et mécénats. Pour 2026, près de 650 candidatures ont été examinées selon des critères rigoureux : intérêt patrimonial, état de péril, maturité du projet et impact territorial.
Derrière chaque pierre, il y a des aventures humaines. Le patrimoine contribue au rayonnement culturel, notamment en ruralité, et impacte directement le développement économique des territoires.
Le Château de Médavy : un témoin d’exception de l’architecture classique française
Le château de Médavy fut construit, entre 1700 et 1723, sur les fondations d'un ancien édifice militaire, pour Jacques Éléonor Rouxel, comte de Grancey et baron de Médavy, maréchal de France.
Entre 1754 et 1789, Pierre Thiroux de Montregard, intendant général des postes et premier valet de chambre de Louis XVI, l’embellit profondément : grand escalier, communs, colombier et haras voient le jour. Au fil des siècles, le château a connu plusieurs occupants avant d’être acquis en 2004 par ses propriétaires actuels. Ceux-ci ont entrepris une restauration méticuleuse des toitures, façades et intérieurs, enrichissant les lieux d’une remarquable collection de tableaux, objets d’art classique, cartes et globes anciens, ainsi que quelques œuvres d’art contemporain du XXIe siècle.
Classé et inscrit au titre des monuments historiques (façades, toitures, tour Saint-Pierre, tour Saint-Jean-Baptiste et chapelle depuis 1989 ; reste du château depuis 1926), le site faisait partie du « Cœur d’Orne », club regroupant les incontournables du département (Haras du Pin, château d’Ô). Avant le sinistre, il accueillait des visites, des reconstitutions historiques (la dernière, napoléonienne, avait attiré 4 300 visiteurs), des chambres d’hôtes et projetait d’aménager les anciennes écuries en salle de réception.
L’incendie dramatique de septembre 2025
Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2025, un violent incendie a ravagé le château. Près de 70 pompiers du SDIS de l’Orne sont intervenus, mais environ 80 % de la toiture a été détruite et 70 % du bâtiment endommagé par le feu ou l’eau. Les collections d’art ancien et contemporain ont également été lourdement touchées.
Les propriétaires, qui avaient obtenu en 2023 une deuxième étoile au Guide Vert Michelin pour leur travail de restauration, ont vu vingt années d’efforts brutalement compromises. Une vidéo récente du propriétaire présentant le domaine et ses collections reste visible sur YouTube.
Immédiatement, la DRAC Normandie (Conservation régionale des monuments historiques et Unité départementale de l’architecture et du patrimoine de l’Orne), le Groupe d’aide en cas de sinistre patrimonial (GASP) de la Fabrique de patrimoines en Normandie et les Archives départementales de l’Orne ont apporté leur soutien pour le sauvetage des œuvres et la mise en sécurité du site.
Un projet de reconstruction ambitieux et une réouverture progressive
Un parapluie de protection a été installé pour protéger les murs pendant l’hiver. Les travaux de reconstruction, pilotés par un architecte en chef des monuments historiques, débuteront en 2026 pour s’achever début 2029. Un cahier des charges et un calendrier précis sont en cours de finalisation.
Malgré le sinistre, le site rouvrira partiellement dès l’été 2026 (du 27 juin au 30 août) : les visiteurs pourront accéder au parc, à la promenade le long de l’Orne, à la salle des maquettes de bateaux, à la chapelle, au pigeonnier (qui abrite une collection d’art africain) et à la tour Saint-Pierre (art contemporain). Le château principal rouvrira une fois les travaux terminés.
Un appel aux dons pour faire vivre ce patrimoine
La Fondation du Patrimoine a lancé une collecte de dons ouverte à tous :
Le Château de Médavy incarne à la fois la richesse du patrimoine normand et la résilience face à l’adversité. Grâce au Loto du Patrimoine et à la mobilisation citoyenne, ce témoin exceptionnel de l’histoire de France pourra renaître et continuer à rayonner sur le territoire de l’Orne.
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