Du 15 au 18 octobre 2026, la Normandie participe à la 11e édition des Journées nationales de l'architecture, organisée par le ministère de la Culture. Placée sous le thème « Réhabiliter : bâtir l'avenir », elle met en lumière la transformation du bâti existant et le réemploi des matériaux. Les 15 et 16 octobre, l'opération « Levez les yeux ! » est consacrée aux scolaires ; les 17 et 18, le grand public est invité à pousser les portes.
Outre la qualité de cet événement qui cherche à mettre en avant le travail des architectes et valoriser l’architecture, cette onzième édition des Journées nationales de l'architecture est aussi l’occasion de célébrer les 50 ans de la loi architecture.
1977-2027 : cinquante ans de la loi sur l'architecture
Ces Journées précèdent de quelques mois un anniversaire majeur : le 3 janvier 2027, la loi sur l'architecture aura 50 ans. Ce texte fondateur a posé que l'architecture est une expression de la culture et que la qualité des constructions, leur insertion dans le paysage et le respect du patrimoine sont d'intérêt public. Il a ouvert la voie à une politique publique de la qualité architecturale, dont les Journées nationales de l'architecture, créées en 2016, sont aujourd'hui l’une des expressions les plus notables.
Les CAUE, acteurs de proximité depuis cinquante ans
La loi de 1977 a par ailleurs permis la création des Conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE). Acteurs de terrain indispensables, au cœur des préoccupations locales, ces organismes conseillent les particuliers et les collectivités, sensibilisent les habitants et les scolaires et accompagnent les projets de réhabilitation. Leur rôle est aujourd'hui plus actuel que jamais : réhabiliter, c'est précisément leur métier au quotidien.
Les rendez-vous à ne pas manquer lors des Journées nationales de l’architecture
Dans le Calvados, regarder la ville autrement
À Caen, les Journées nationales de l'architecture proposent plusieurs façons de redécouvrir une ville profondément marquée par la Reconstruction. La visite architecturale de la chapelle du Bon Sauveur, joyau de la Reconstruction conçu par Léon Rême à partir de 1956, permettra de revenir sur l’histoire et les choix architecturaux de cet édifice. Une visite de deux heures, accessible dès 8 ans, est proposée gratuitement sur réservation.
Deux balades urbaines, avenue du Six-Juin et dans le quartier Saint-Paul, proposeront également deux lectures complémentaires de la ville reconstruite, sous la conduite du musée de Normandie. Gratuites sur réservation, elles invitent à parcourir la ville pour mieux comprendre ses formes, ses évolutions et les choix qui ont façonné son paysage urbain.
Au Pavillon à Caen, l’exposition « Re-sourcer l’existant, bâtir demain » s’intéresse quant à elle à la transformation de l’immeuble Langevin, une barre HLM des années 1960 initialement vouée à la démolition et appelée à être entièrement restructurée. Une manière concrète d’interroger les possibilités offertes par la réhabilitation et le changement de regard porté sur l’existant.
À Vire Normandie, le circuit « Virée dans les années 1950 », proposé par le Musée de Vire Normandie en partenariat avec l’Office de tourisme Pays de Vire Collines de Normandie, emmènera les visiteurs à la découverte du patrimoine de la Reconstruction. À Lion-sur-Mer enfin, la visite des villas Belle Époque permettra de découvrir un autre visage du patrimoine architectural du département. D’une durée d’une heure, elle est gratuite sur réservation et limitée à 20 personnes.
Dans l’Eure, entre patrimoine transformé et architecture de demain
À Évreux, le circuit consacré à la transformation du patrimoine architectural, proposé par le service Ville d’art et d’histoire, sera l’occasion de revenir sur les différences entre restaurer, réhabiliter, rénover et reconstruire. Une visite d’une heure, au départ de l’hôtel de ville, pour mieux comprendre les choix qui accompagnent la transformation des bâtiments existants.
À La Heunière, la visite architecturale de la « Maison 10 » ouvrira les portes d’un prototype de maison bioclimatique conçu pour produire l’énergie de dix autres maisons. D’une durée d’une heure, cette rencontre permettra également d’échanger directement avec l’architecte.
À Nonancourt, la visite de l’église et du bourg castral invitera enfin à porter un regard attentif sur les relations entre architecture, histoire et organisation urbaine. La visite dure une heure trente et est limitée à 30 personnes.
Dans la Manche, du patrimoine rural au hangar à dirigeables
Dans la Manche, la programmation fera dialoguer des patrimoines très différents, de l’architecture rurale aux grands ouvrages industriels. À Bricquebec-en-Cotentin, une conférence consacrée au patrimoine rural des environs de Bricquebec ouvrira les Journées le jeudi 15 octobre à 18 h 30, à la mairie.
À Flamanville, la conférence « Réhabiliter : bâtir l’avenir… de l’Antiquité » proposera un détour historique pour montrer que la transformation et le réemploi des bâtiments et des matériaux ne sont pas des préoccupations nouvelles. La Rome antique offre ainsi un étonnant terrain de réflexion sur le réemploi.
À Écausseville, le spectaculaire hangar à dirigeables sera au cœur d’un programme particulièrement riche : visite du hangar, table ronde sur son statut de monument historique, animations pour les enfants et spectacle « Chantier interdit au public » composeront une journée consacrée à l’histoire, à l’architecture et à la transmission. La visite du hangar dure 45 minutes et est limitée à 30 personnes.
À Saint-Sauveur-le-Vicomte, une balade aurevillienne dans les rues de la commune permettra enfin de découvrir les monuments liés à la figure de Jules Barbey d’Aurevilly. Cette promenade est gratuite et sans inscription.
Dans l’Orne, au plus près du chantier
Dans l’Orne, les Journées donnent accès à un chantier de restauration particulièrement concret avec la visite du chantier de restauration de la Binnetière, à Lignou. La restauration d’une cheminée ancienne devient ici l’occasion de découvrir les gestes, les savoir-faire et les choix qui permettent de préserver et de transmettre un patrimoine existant.
En Seine-Maritime, révéler et réinventer l’existant
Au Havre, la visite architecturale « Scènes de vie » permettra de découvrir la requalification de l’ancien site de l’École de management de Normandie. Présenté par l’agence SHEMA, ce projet transforme l’ancien bâtiment en un ensemble mêlant logements intergénérationnels, hôtel et pôle santé. Une visite d’une heure, limitée à 20 personnes, pour observer concrètement comment un bâtiment peut changer d’usage sans disparaître.
À Elbeuf, la visite de la Halle aux Poissons permettra de redécouvrir une halle de type Baltard longtemps masquée et aujourd’hui révélée. À Yvetot, la balade architecturale « Sur les pas de la Reconstruction », d’une durée d’une heure trente, proposera quant à elle une autre lecture de la ville, en compagnie de l’architecte conseiller du CAUE 76.
Le CAUE 76, au Petit-Quevilly, ouvrira également ses portes pour une plongée dans ses coulisses. Installé dans une villa du XIXe siècle prolongée par une extension contemporaine en bois, métal et verre, le site illustre lui-même le dialogue entre patrimoine et architecture contemporaine. Une visite d’une heure trente, accompagnée d’un livret-enquête destiné aux enfants.
Enfin, à Darnétal, les portes ouvertes du Centre des archives permettront de découvrir ce site à l’occasion de ses 40 ans. Les visites durent une heure et sont organisées par créneaux de 16 personnes maximum.
Certaines visites ont une jauge limitée. La programmation peut évoluer jusqu'au 14 octobre.
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