Depuis plus de quarante ans, Banlieues Bleues accompagne les métamorphoses du jazz et des musiques qui gravitent autour de lui. Fidèle à cet esprit d’exploration, le festival réunit cette année encore des artistes venus d’horizons multiples et propose un parcours attentif aux dynamiques de la création contemporaine.
Dans une approche à la fois festive et engagée, le parcours musical présente des œuvres issues de différentes traditions et sensibilités. Les concerts font entendre le gnawa marocain d’Asmaa Hamzaoui & Bnat Timbouktou, l’une des rares femmes maâlem de cette tradition, originaire de Casablanca, ainsi que Maalem Houssam Guinia, héritier d’une grande lignée de musiciens de Marrakech.
L’Orchestre de la Crèche, formation intergénérationnelle de Kinshasa, fait également partie du programme. Avec énergie et authenticité, il ranime l’esprit de la rumba congolaise, née dans les années 1950 de la rencontre entre rythmes congolais et rumba afro-cubaine, marquant toute une époque. Originaire du quartier de Matongé, l’ensemble fait vivre ce répertoire dans un projet inédit. On retrouve aussi le rap incisif de Rocé et les explorations hip-hop du collectif Wolphonics avec Asha DaHomey, WRENS et Armand Hammer.
Plusieurs projets marquants jalonnent cette 43ᵉ édition. Artiste franco-togolaise issue des scènes alternatives parisiennes, la rappeuse afro-punk Uzi Freyja, en résidence à la Dynamo de Pantin, ouvre les festivités en mêlant rap percutant, énergie rock et esthétique afro-punk. À Stains, la flûtiste franco-syrienne Naïssam Jalal présente "Landscapes of Eternity", un jazz spirituel nourri d’improvisation et de sonorités venues du Moyen-Orient. Le trio Love & Revenge rend quant à lui hommage à Oum Kalthoum à l’Académie Fratellini.
Lieu emblématique du festival, la Dynamo de Pantin illustre l’ancrage local de Banlieues Bleues. Ses concerts et rencontres font vivre une scène artistique dynamique en Seine-Saint-Denis et favorisent les échanges entre artistes et publics.
Xavier Lemettre, directeur de Banlieues Bleues, nous en parle
"Les artistes qui vont enchanter la 43ᵉ édition de ce festival ne marchandent pas, résistent et explorent de nouvelles pistes dans un monde où l’avenir - y compris pour la musique - n’a jamais été aussi menaçant, sans oublier de nous faire transer.
Avec une programmation toujours plus polychrome, polymorphe et polyglotte, 25 nationalités représentées, Banlieues Bleues peut satisfaire les goûts musicaux les plus éclectiques. Parmi les 37 groupes à l’affiche, 16 projets sont présentés pour la première fois en France. Autant de découvertes qui sont aussi des artistes de premier rang."
Croisements musicaux et explorations sonores
La programmation 2026 fait dialoguer plusieurs styles musicaux. Jazz contemporain, cultures urbaines et traditions revisitées se rencontrent et se mêlent. Certains projets associent des univers inattendus, à l’image d’Etuk Ubong, Twende Pamoja ou La Saramuya, mêlant inspirations venues d’horizons multiples, improvisation et nouvelles textures sonores. Le trompettiste nigérian Etuk Ubong développe un afro-jazz nourri de l’héritage de Fela Kuti, tandis que le collectif Twende Pamoja réunit musiciens d’Afrique de l’Est et d’Europe autour d’un afro-jazz collectif.
Cette ouverture constitue l’une des signatures du festival. Les artistes invités croisent répertoires et styles et inventent de nouvelles formes scéniques où traditions et courants contemporains circulent librement.
Expérimentations, rencontres et transmission
L’édition 2026 met à l’honneur plusieurs créations inédites en France. Musiciens venus d’horizons différents se rencontrent pour imaginer des collaborations originales, tandis que certaines performances explorent l’improvisation, la création collective et des formats hybrides. Parmi ces temps forts, la compositrice Rojin Sharafi, née à Téhéran et installée en Autriche, présente sa création "Sinthome’s Scenery", œuvre qui illustre parfaitement cette ouverture et cette inventivité.
Plusieurs artistes revisitent des répertoires marquants sous un regard contemporain, mêlant mémoire musicale et expérimentations sonores. Transmission et innovation restent au cœur du festival. Dans cet esprit, la cinéaste Alice Diop rejoint la musicienne américaine Angel Bat Dawid, figure du jazz créatif de Chicago, pour une variation musicale autour de "L’Odyssée de la Vénus Noire".
Un rendez-vous majeur des musiques audacieuses
Implanté dans dix villes de Seine-Saint-Denis et à Paris, le festival propose 23 soirées dans 16 lieux, réunissant 37 groupes venus de 25 pays. Seize créations ou projets présentés pour la première fois en France ponctuent cette édition, fidèle à l’esprit de Banlieues Bleues : faire circuler les styles musicaux. Créé en 1984 par une association rassemblant plusieurs villes du département, Banlieues Bleues s’impose comme une référence parmi les grands rendez-vous musicaux d’Île-de-France. Chaque printemps, le festival accueille des artistes qui prolongent l’histoire du jazz et des musiques associées tout en explorant les courants les plus novateurs.
Pour sa 43ᵉ édition, le festival investit à nouveau les salles de Seine-Saint-Denis avec une programmation dense, ouverte et résolument tournée vers la découverte.
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