Dix-huit sites, soit un par région de métropole et d’outre-mer. Ces lieux « Emblématiques » ont été dévoilés mardi 14 avril, dans le cadre de la mission de sauvegarde du patrimoine en péril déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et la FDJ United à travers l’offre de jeux Mission Patrimoine.
Il s’agit de la neuvième édition de cette offre qui permet chaque année à des sites patrimoniaux en péril de bénéficier d’un soutien financier par l’intermédiaire d’un jeu de grattage vendu au grand public. « Depuis sa première édition en 2018, le Loto du patrimoine a contribué à faire entrer dans le quotidien des Français le patrimoine en danger, à le rendre visible, proche, parfois intime, résume la ministre de la Culture Catherine Pégard. Les dix-huit sites que nous distinguons aujourd’hui en sont l'illustration éclatante : ils disent la richesse et la diversité de notre héritage qu'il nous revient de protéger et de transmettre à notre tour. » La dotation de chacun de ces monuments sera annoncée lors des prochaines Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre prochain grâce aux fonds récoltés à travers cette loterie.
Emblématiques de la diversité patrimoniale française
Ces dix-huit sites sont des témoins de la diversité du patrimoine français avec du patrimoine religieux comme le couvent Saint-François d’Orezza à Piedicroce en Corse, haut lieu de l’histoire corse et du patrimoine franciscain, du patrimoine industriel tel que l’ancienne manufacture de draps de Montolieu (Occitanie), témoin de l’histoire textile du Languedoc, ou encore militaire avec le fort Queyras à Château-Ville-Vieille (Provence-Alpes-Côte d’azur), véritable condensé de l’histoire militaire franco-italienne. Ils peuvent être aussi moulins comme en Guyane avec l’ancien moulin de l’habitation Loyola à Rémire-Montjoly, château - comme celui de Médavy en Normandie - ou habitation comme à Basse-Terre en Guadeloupe avec la maison de l’historien Lacour. « Nous avons essayé de créer un équilibre parfait entre les différentes typologies avec du patrimoine protégé ou non, public ou privé, vernaculaire, des sites archéologiques, des parcs et jardins, du patrimoine religieux, sans oublier des maisons d'illustres, énumère Stéphane Bern, chargé de la Mission Patrimoine. Nous essayons aussi de répondre aux tragédies : quand un monument brûle, quand il est victime d’un tremblement de terre ou d’inondations, nous sommes là. »
Ils ont été choisis parmi 650 sites signalés comme étant en péril sur la plateforme de la mission. Ces candidatures ont ensuite été instruites par les délégations départementales et régionales de la Fondation du patrimoine et sélectionnées selon quatre critères principaux : l'intérêt patrimonial et culturel du site, son état de péril, la maturité du projet et son impact sur le territoire et le projet de valorisation. « Restaurer pour faire joli n'a pas de sens. Rénover pour donner une seconde vie est plus intéressant car nous sommes dans le cœur du patrimoine qu'on veut transmettre », poursuit Stéphane Bern.
- Auvergne-Rhône-Alpes : Anciens Grands Thermes à Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) ;
Bourgogne-Franche-Comté : Fosse Dionne à Tonnerre (Yonne) ; - Bretagne : Chapelle Notre-Dame du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon (Finistère) ;
- Centre-Val de Loire : Ancienne maison de la culture de Bourges (Cher) ;
- Corse : Couvent Saint-François d’Orezza à Piedicroce (Haute-Corse) ;
- Grand Est : Ancienne synagogue de Phalsbourg (Moselle) ;
- Hauts-de-France : Château royal de Senlis (Oise) ;
- Île-de-France : Château de Paley (Seine-et-Marne) ;
- Normandie : Château de Médavy (Orne) ;
- Nouvelle-Aquitaine : Fort Boyard (Charente-Maritime) ;
- Occitanie : Ancienne manufacture de draps de Montolieu (Aude) ;
- Pays de la Loire : Ferme modèle du château de la Valette à Villiers-Charlemagne (Mayenne) ;
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : Fort Queyras à Château-Ville-Vieille (Hautes-Alpes) ;
- Guadeloupe : Maison de l’historien Lacour à Basse-Terre ;
- Guyane : Ancien moulin de l’habitation Loyola à Rémire-Montjoly ;
- La Réunion : Ancienne usine de Beaufonds à Saint-Benoît ;
- Martinique : Église Notre-Dame de la Visitation au Gros-Morne ;
- Mayotte : Mosquée d’Antana-Bé à Chirongui.
Sept projets sur dix déjà sauvés
Depuis sa création en 2018, l'offre de jeux « Mission Patrimoine » a permis de collecter plus de 210 millions d'euros et de soutenir la restauration de 1 080 sites. « Le loto représente un quart des ressources de la Fondation du patrimoine, ce qui est loin d'être anecdotique », estime Guillaume Poitrinal son président. À cette somme s’ajoutent 103 millions d’euros attribués par le ministère de la Culture aux projets portant sur des monuments historiques et 52 millions d’euros collectés par la Fondation du patrimoine provenant de mécénats d’entreprises, de dons de particuliers et de ses ressources propres. Aujourd’hui, 70 % des projets sélectionnés sont sauvés ou sur le point de l’être et cinq cents chantiers sont terminés.
En plus des dix-huit sites emblématiques régionaux, 102 autres monuments – un par département cette fois-ci – seront dévoilés le 31 août prochain. Ils bénéficieront chacun d’une dotation qui sera annoncée en fin d’année en fonction des ventes des jeux Mission Patrimoine.
Partager la page


