Le 9 septembre 2021, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot-Narquin a ouvert la troisième session annuelle du CHEC sur le thème « Reconfigurations : Tenir le cap et inventer en temps de bouleversements ». Cette session sera l’occasion de prendre la mesure de toutes les mutations à l’œuvre dans le secteur culturel, qu’elles soient structurelles ou consécutives à la crise sanitaire, et de réfléchir à la manière dont les acteurs peuvent s’organiser et inventer dans ce contexte changeant, accompagnés dans leurs efforts par les politiques publiques.

Lors du lancement de la troisième session du CHEC, 48 auditrices et auditeurs venus d’horizons variés se sont rencontrés pour la première fois au Salon des Maréchaux, au ministère de la Culture, avant de se rendre ensemble à la Chartreuse de Neuville dans la région Hauts-de-France pour deux journées intenses de travail et de d’échanges. Cette session, composée de neuf modules de deux jours ouvrables par mois, répartis sur douze mois, sera l’occasion pour eux d’élaborer une réflexion collective et de réfléchir ensemble à l’avenir des politiques culturelles.

Une première journée au Salon des Maréchaux

A l’ouverture de ce premier module de la Session 21-22, consacré aux innovations sociétales et aux nouvelles manières de faire société grâce à la culture, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture, a réaffirmé son intérêt pour ce dispositif  permettant chaque année de créer une intelligence collective au service des politiques culturelles. Elle a notamment souligné qu’une attention particulière sera portée par le Ministère, en fin de session, au rendu des travaux des auditeurs, amenés à réfléchir en groupes sur huit thèmes de travail correspondant à des enjeux très contemporains de politique publique.

Deux conférences inaugurales ainsi qu’une table ronde ont ensuite rythmé le reste de la journée. Plusieurs membres du Comité d’orientation du Cycle des Hautes Études de la Culture étaient également présents.

De gauche à droite : Patrick Gérard, conseiller d’État, Jean-Gabriel Ganascia, président du Comité d’orientation, Isabelle de Ponfilly, présidente du Conseil d’Administration de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Steven Hearn, président de Scintillo,  Marc Drouet, directeur régional des Affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes.

Roland Auzet, metteur en scène et compositeur de la compagnie Act Opus, a ensuite donné le ton de la session lors de la première conférence inaugurale ; selon lui, « l’art est manière de réactiver le lien de vivre ». Metteur en scène de Nous l’Europe, Banquet des peuples (texte de Laurent Gaudé), il a en particulier rappelé l’importance de prendre soin du sentiment d’appartenance pour faire vivre le projet européen..

S’en est suivie une table ronde sur l’Olympiade culturelle, qui va animer la préparation et rythmer l’organisation des Jeux olympiques Paris 2024. Le dialogue entre Luc Allaire, secrétaire général du ministère de la Culture, Bertrand Munin, adjoint du délégué général à la transmission aux territoires et à la démocratie culturelle, et Michel Cadot, délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques 2024 a permis de rappeler le lien historique entre la culture et le sport depuis la création des Jeux olympiques en 1896, et de pointer les enjeux de mobilisation des territoires et d’accès de tous les publics à de nouvelles approches culturelles et sportives. 

Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, a enfin clos la journée par une conférence où elle a exposé comment les différentes chaines du groupe audiovisuel public qu’elle dirige sont amenées, au quotidien de leurs missions, à "tenir le cap et inventer”, en garantissant l’information, la liberté d’expression et la sécurité des sources dans les pays en crise (le traitement de l’actualité en Afghanistan a été longuement évoqué), et en promouvant la diversité, notamment linguistique.

Cap vers Montreuil-sur-Mer et visite de la Chartreuse de Neuville, Centre culturel de rencontre (CCR)

Le 9 septembre au soir, l’ensemble du CHEC s’est rendu à Montreuil-sur-Mer afin de visiter le lendemain la Chartreuse de Neuville, bâtiment historique fondé en 1324 et entièrement reconstruit en 1870, ayant connu de nombreux usages avant une désaffection, et une renaissance en cours grâce à un projet culturel ambitieux porté depuis 2008. 

Guidés par le responsable Création et patrimoine de la Chartreuse de Neuville Patrick Allindré, les auditrices et les auditeurs ont pu découvrir l’architecture et l’histoire monastique, hospitalière et artistique du lieu.

Par la suite, la conférence à distance donnée par  Alexia Noyon, directrice de la Chartreuse de Neuville, a dressé les enjeux de la labellisation de ce lieu culturel nouvelle génération en Centre culturel européen de rencontre (CCR), avec la présentation des développements à venir.

Dans l’après-midi, Jean-Paul Delevoye, président de la Chartreuse de Neuville, Hilaire Multon, directeur régional des Affaires culturelles des Hauts-de-France et Pierre Ducrocq, maire de Montreuil-sur-Mer, ont évoqué le projet de gouvernance de la Chartreuse de Neuville, lieu fortement ancré dans son territoire.

Delphine Mayaert et David Delattre, travaillant pour la Communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois, Amélie Morel, directrice de l’établissement de santé UGECAM La Molière et du SAMSAH (Service d'Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés) à Berck-sur-Mer et Colette Dréan, conseillère patrimoine et action culturelle auprès de la DRAC Hauts-de-France, ont quant à eux présenté les partenariats de la Chartreuse de Neuville dans les champs culturel, économique et social, au sein d’un projet construit en réseau.

Enfin, de retour à Montreuil-sur-Mer, une visite très enrichissante des remparts de cette ville s’est organisée selon un circuit précis suivant les pas de Victor Hugo. En 1837, après avoir visité ces remparts, l’auteur s’inspire des paysages de Montreuil-sur-Mer pour écrire son roman le plus célèbre, Les Misérables, en 1862.

Dernière journée au Grand Bain, lieu particulier d’émulation culturel

Les participants de la troisième session se sont retrouvés au matin du 11 septembre à la Chartreuse de Neuville afin de débuter les travaux de groupes qu’ils vont poursuivre pendant toute la session.

Pour clore cette journée de travail, la productrice Juliette Medelli a proposé aux auditrices et auditeurs une visite du Grand Bain, marquant ainsi la fin de ce premier module. Créé en 2008 par la productrice et son conjoint, l’architecte paysagiste Adrien Gosselin, Le Grand Bain est à la fois un lieu d’émulation artistique et environnemental, situé dans les marais de La Madelaine-sous-Montreuil, dont le projet et la programmation culturels s’inscrivent pleinement dans la thématique des innovations sociétales.

Le nouveau collectif désormais créé se retrouvera pour un prochain module, en région parisienne, les 7 et 8 octobre.