Six nouveaux arrêtés de protection au titre des monuments historiques ont été publiés en fin d'année 2020, en faveur du Château de Vaux à Fouchères (Aube), de Nancy-Thermal à Nancy (Meurthe-et-Moselle), de la Ferme des Custine à Assenoncourt, du Fort de Queuleu à Metz, des vestiges du château de la Horgne à Montigny-les-Metz (Moselle) et de l’église de la Paix et du monument aux morts des Straus-Durckheim à Froeschwiller (Bas-Rhin), portant à neuf le nombre d'édifices rejoignant, en 2020, les 4 463 monuments protégés (inscrits et classés) dans la région Grand Est.

Les six monuments qui viennent d'être protégés, par arrêtés de la Préfète de région, datés du 3 novembre 2020, sur proposition de la Commission régionale du patrimoine et de l'architecture du Grand Est, sont désormais inscrits au titre des monuments historiques, en raison de leur intérêt historique et artistique :

- le domaine de Vaux représentatif d'un domaine aristocratique des XVIIIe et XIXe siècles ;
- Nancy-Thermal
(début du XXe siècle), un ensemble atypique, implanté en milieu urbain, alliant thermes et bains municipaux ;
- la ferme des Custine témoin de l’habitat rural du XVIIIe siècle ;
- le fort de Queuleu r
éalisé sur le modèle de Séré de Rivières et lieu mémoriel de la Seconde Guerre mondiale ;
- les vestiges du château de la Horgne,
en tant que témoignage du siège de Metz en 1552, puis comme lieu de culte majeur pour les protestants du pays messin ;
- l’église luthérienne de Frœschwiller représentative du courant néo-gothique et de l’histoire des monuments historiques.

Trois autres édifices ont été protégés en 2020 (arrêté du 24 avril 2020) : le Mausolée de Bourgogne-Fresne (Marne), le Théâtre des Bleus de Bar à Bar-le-Duc (Meuse) et le Site du Grand tissage à Husseren-Wesserling (Haut-Rhin).
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La Région Grand Est compte, au 1er janvier 2021 :
- 2815 immeubles inscrits ;
- 1475 immeubles classés ;
- 182 protections mixtes.

Liste des monuments protégés au titre des monuments historiques dans le Grand Est

Présentation des six édifices protégés en date du 3 novembre 2020

FOUCHÈRES (Aube)

CHÂTEAU DE VAUX – extension de protection

Architecte : Philippe De Laforce et inconnus
Dates de construction : 1721-1780 et XIXe siècle
Propriétaire : privés

Inscription au titre des monuments historiques le 3 novembre 2020 (l’ensemble des éléments architecturaux du domaine sont inscrits en totalité, en complément des protections partielles existantes)

Pour avoir conservé le château et ses communs, son pigeonnier, la maison du gardien, les murs du potager, un abreuvoir-pédiluve, les allées structurant les vestiges du parc, le domaine de Vaux est représentatif de ce qu’était un domaine aristocratique au XVIIIe et XIXe siècles.

 

NANCY (Meurthe-et-Moselle)

NANCY-THERMAL

Architecte : Louis Lanternier
Dates de construction : 1912 – 1914
Propriétaire : Métropole du Grand Nancy

Inscription au titre des monuments historiques le 3 novembre 2020 (sont inscrites en totalité au titre des monuments historiques les parties suivantes du bâtiment des thermes : le hall principal, la piscine ronde, le pavillon de la source, la galerie nord. Sont inscrites au titre des monuments historiques les façades de la galerie Est du bâtiment des thermes. Est inscrite en totalité au titre des monuments historiques la grande piscine d'eau thermale, actuelle piscine olympique).

Composée de luxueux thermes ainsi que d’une vaste piscine d’eau thermale conçue comme des bains municipaux, cette station thermale érigée à la veille de la Première Guerre mondiale constitue un ensemble atypique de par son implantation en milieu urbain et les différents publics visés.

 

ASSENONCOURT (Moselle)

FERME DES CUSTINE

Architecte : inconnu
Dates de construction : entre 1722 et 1725 puis réaménagements réalisés au XIXe siècle et après 1945
Propriétaire : privés

Inscription au titre des monuments historiques le 3 novembre 2020 (sont inscrits en totalité au titre des monuments historiques le corps de logis et la grange composant la ferme des Custine)

Particulièrement bien documentée et bien conservée, la ferme des Custine à Assenoncourt constitue un précieux témoignage des possessions de la famille de Custine et de l’habitat rural du XVIIIe siècle dans une zone qui a connu les destructions des guerres.

METZ (Moselle) 

FORT DE QUEULEU

Architecte : Séré de Rivières (ingénieur)
Dates de construction : 1868-1870 ; 1872-1874 ; 1885-1890
Propriétaire : propriété de l’État

Inscription au titre des monuments historiques le 3 novembre 2020 (sont inscrits en totalité au titre des monuments historiques les structures, les substructures et les fossés du Fort de Queuleu, ainsi que le sol des parcelles : n°73, n°62, n°192. Cette protection vient compléter une protection antérieure comprenant la caserne II, inscrite au titre des monuments historiques en tant que lieu de détention de 1943 à 1944 par arrêté du 13 février 1970).

Le fort de Queuleu relève du modèle défini par Séré de Rivières avant la guerre de 1870 pour les forts détachés, et à ce titre il préfigure le système mis en place à l’échelle de toute la France à partir de 1874.
Annexe du camp de concentration du Struthof, camp spécial d’internement de la Gestapo, puis centre de séjour surveillé après la Libération, le fort de Queuleu devient un lieu mémoriel après la Seconde Guerre mondiale.

MONTIGNY-LES-METZ (Moselle)

VESTIGES DU CHATEAU DE LA HORGNE

Architecte : inconnu
Dates de construction : XVe – XIXe siècles
Propriétaire : privés

Inscription au titre des monuments historiques le 3 novembre 2020 (sont inscrits en totalité au titre des monuments historiques les vestiges conservés du château de la Horgne, ainsi que le sol correspondant à l'emprise de l'ancienne ferme fortifiée (parcelle 337)).

Avec les fortifications médiévales de la ville de Metz, les vestiges du château de la Horgne constituent un des rares sites permettant d’évoquer le siège de Metz en 1552. Cet évènement historique majeur marque l’avancée vers l’est du royaume de France ainsi que le déclin de l’empereur Charles Quint à la fin de son règne.
En outre, l’ancienne ferme fortifiée présente un intérêt pour l’histoire du protestantisme en Moselle. Lieu de culte majeur pour les protestants du pays messin, elle a accueilli au XVIIe siècle des célébrations par le pasteur Paul Ferry à plusieurs reprises.

 

 

FROESCHWILLER (Bas-Rhin)

ÉGLISE DE LA PAIX ET MONUMENT AUX MORTS DES STRAUS-DURCKHEIM

Architecte : Charles Winkler
Date de construction : 1874-1876
Propriétaire : Commune de Frœschwiller

Inscription au titre des monuments historiques le 3 novembre 2020 (sont inscrits en totalité au titre des monuments historiques l’église de la Paix, parcelle 66, et le monument funéraire des Straus-Durckheim, parcelle 67).

Église consacrée à la Paix, l’église luthérienne de Frœschwiller a une haute valeur symbolique.
Son architecture, tout comme son mobilier, restent également représentatifs du courant néo-gothique. Enfin, son statut de monument historique classé par les autorités allemandes, puis son déclassement tardif lors du retour de l’Alsace à la France et enfin cette nouvelle protection par arrêté du 3 novembre 2020, apportent un témoignage particulier à l’histoire des monuments historiques.