Des milieux ruraux aux grandes métropoles, en passant par les villes moyennes : les arts de la rue et de l'espace public ne connaissent pas de frontières. C’est toute cette diversité que vise à soutenir Écrire pour la rue, un dispositif porté depuis 2006 par la société des auteurs (SACD) et le ministère de la Culture (Direction générale de la création artistique). Il vise à aider financièrement des auteurs et concepteurs dans les étapes d'écriture de leurs projets pour l'espace public : une dramaturgie singulière, qui nécessite des temps d’expérimentation et se construit en se confrontant au réel. Ce soutien s'inscrit dans l'engagement du ministère de la Culture en faveur des arts de la rue et de l'espace public : des formes artistiques dont la singularité repose sur le choix délibéré de la rue comme espace de rencontre entre acte artistique et public, attentives au renouvellement des écritures contemporaines et à l'accès du plus grand nombre à la vie culturelle sur l'ensemble du territoire. Depuis sa création, ce dispositif reconnu par la profession a permis à de nombreux projets d'arts de la rue de voir le jour sur l'ensemble du territoire.
Le 9 juin dernier ont été dévoilés les dix projets lauréats, qui témoignent de cette vitalité et cette diversité des écritures contemporaines pour l’espace public. Un jury de spécialistes s’est réuni à cette occasion : Dalila Boitaud, autrice (compagnie Uz et Coutumes), Olivier Comte (compagnie Souffleurs commandos poétiques), Gaétan Ranson, auteur (compagnie La Populaire) et Yannick Valin, directeur de La Gare à coulisses et secrétaire général de Transe Express.
Des écritures en prise avec les enjeux de leur temps
Des formes chorégraphiques et déambulatoires aux créations sonores nocturnes, du cirque aux récits documentaires intimes, la sélection témoigne de la diversité des esthétiques qui investissent aujourd'hui la rue. Elle confirme une tendance forte à l'écriture au féminin et aux tandems d'auteurs autrices, porteurs de regards croisés sur le monde commun.
Les projets retenus s'appuient sur des lieux de résidence allant des scènes nationales aux CNAREP en passant par des structures associatives de proximité, reflet de la richesse du maillage territorial des arts de la rue.
Plusieurs projets font le pari du temps long et de la collecte documentaire comme matière première d'une écriture profondément ancrée dans le présent. La dimension politique et sociale du geste artistique traverse la sélection : chasse, vieillesse, genre, deuil, corps abîmés ou invisibilisés, autant de thèmes qui disent l'ambition de faire de l'espace public un lieu d'interrogation collective.
Le jury a également salué la maturité de compagnies établies comme l'émergence de structures plus jeunes, signe de la vitalité d'un secteur qui se renouvelle. Ces dix équipes bénéficieront d'un accompagnement à l'écriture dans des lieux partenaires engagés, condition essentielle d'une création pensée pour et avec les territoires qui la portent.
- ARTEMIS 61, pourquoi j'ai passé mon permis de chasse de Albane DANFLOUS, Cie Mycélium (association ces dames disent et compagnie) - lieu de résidence : Association Territoires Interstices
- CIRCÉ, peau dure amère de Cécile RUTTEN et Marion DEJARDIN, Compagnie Y a pas quelqu'un·e qui ? - lieu de résidence : FAL19
- ICI (Titre provisoire) de Cécile Le MEIGNEN et Laura DAHAN, Les Fugaces Le Lieu - lieu de résidence : Le Moulin Fondu - Oposito CNAREP
- La Piste radieusede Fred SANCERE, in'8 circle • maison de production - lieu de résidence : ACB, scène nationale de Bar-le-Duc et Meuse
- Les Autres, La Schtroumpfette et Moi (titre provisoire) de Camille REGNIER-VILLARD et Adrien CORNAGGIA, La Toile - lieu de résidence : Superstrat – Associtaion Regard et Mouvements
- Orage de Aude LIABEUF et Stéphanie SACQUET, Les Armoires Pleines (association Générique Bataar) - lieu de résidence : Les Fugaces - Le Lieu
- Phosphènes de Fanny SORIANO et Jules BECKMAN, Compagnie Libertivore - lieu de résidence : Les 2 Scènes
- Pleureuses de Julie ROMEUF et Kate FLETCHER, La Commune Mesure - lieu de résidence : Théâtre de la Renaissance
- VERNIS, récits d'ongles et de vies de Anne-Cécile PAREDES, OLA - lieu de résidence : Larural, scène de territoire en Créonnais
- W2028NNPJP6552 – Un Monstre de Nathalie Pernette, Association NA/Compagnie Pernette - lieu de résidence : Les Ateliers Frappaz
Partager la page
