Le festival Vis-à-vis permet de valoriser, auprès du grand public, des projets de création menés par des équipes artistiques dans des établissements pénitentiaires. Pour sa première édition en Normandie, il est accueilli par la Comédie de Caen – Centre dramatique national, en partenariat avec le Théâtre Paris-Villette.
L’enjeu est celui d’une rencontre entre l’intérieur et l’extérieur : un partage, une observation réciproque, un enrichissement de part et d’autre de la scène. Les spectacles, créés avec des personnes détenues, sortent ainsi du cadre de la détention pour rencontrer un public, à raison d’un tarif unique de 5 € par soirée.
Six créations, six regards
La programmation réunit des projets conduits dans des établissements de toute la Normandie, mêlant théâtre, danse et musique.
- Gilgamesh, La fin des héros (Compagnie Les Nuits Vertes, centre pénitentiaire du Havre, avec Le Volcan, scène nationale du Havre) : à partir de l’épopée mésopotamienne, une création collective où la quête d’immortalité devient une réflexion sur notre rapport au vivant et à nos limites.
- Paysages entre autres (Compagnie For Want of a Better – Deborah Lennie, centre de détention d’Argentan, avec Chorège CDCN Falaise Normandie dans le cadre de « FLASH, la danse par les temps qui courent ») : une pièce de danse qui explore la manière dont les paysages s’inscrivent en nous et se transforment dans la mémoire.
- #ELVIRE26 (Groupe Chiendent, centre pénitentiaire de Val de Reuil) : une relecture du Dom Juan de Molière, à l’ère post #MeToo, avec six acteurs du centre de détention. Et si Elvire devenait l’héroïne de sa propre histoire ?
- (E)au bain ! (Compagnie Ginko, maison d’arrêt de Rouen) : un spectacle né d’échanges autour du corps, du sensoriel et de la dignité, à partir d’un élément vital dont l’accès est limité en détention : l’eau.
- Une bouteille à la mer (Fanny Catel, Raoul Fernandez, Jean-Noël Françoise, centre pénitentiaire de Caen, avec la Comédie de Caen) : une île, un groupe d’hommes échoués, une constitution à inventer. Une écriture collective, entre théâtre et musique.
- Près des vagues (Compagnie L’Orage – Julie Lerat-Gersant, centre pénitentiaire de Caen-Ifs) : des comédiens amateurs croisent le jeu de Thomas Germaine autour d’une question intime : où se niche, en chacun, la beauté des choses ?
Autour du festival
Le festival se prolonge par des rendez-vous qui élargissent la réflexion. Le spectacle À l’Ombre du réverbère (Bertrand Kaczmarek, Enzo Verdet, Redwane Rajel) est présenté les 2 et 3 décembre à 20h et le 4 décembre à 14h. Seul en scène, le comédien Redwane Rajel y raconte comment il a découvert le théâtre au centre pénitentiaire du Pontet, puis comment cette rencontre a changé sa vie.
Le 3 décembre, de 12h30 à 13h30, la rencontre « À midi c’est Comédie ! », au Théâtre des Cordes, réunit Redwane Rajel et Valérie Dassonville, conseillère artistique au Théâtre Paris-Villette. Elle est animée par le journaliste et producteur de radio Sébastien Thème. L’entrée est libre.
Culture Justice : une politique partagée entre deux ministères
Vis-à-vis Normandie s’inscrit dans la politique Culture Justice, portée conjointement par le ministère de la Culture et le ministère de la Justice. Elle vise à garantir l’accès à la culture des personnes placées sous main de justice, en développant des projets artistiques et culturels dans les établissements pénitentiaires et auprès des publics suivis par la protection judiciaire de la jeunesse.
En Normandie, cette politique est mise en œuvre dans le cadre d’une convention régionale Culture / Justice, signée par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Normandie, la Direction interrégionale des services pénitentiaires du Grand-Ouest, la Direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse du Grand-Ouest et la Région Normandie. Ce partenariat permet à des équipes artistiques, des structures culturelles et des établissements pénitentiaires de construire des projets dans la durée, avec les personnes détenues.
Partager la page


