Depuis la Renaissance, la ganterie et le travail des peaux façonnent l'identité de Saint-Junien, deuxième commune de la Haute-Vienne. Aujourd'hui au cœur d'un ambitieux projet de réhabilitation, ce site témoigne de l'essor industriel de la seconde moitié du XIXe siècle, qui vit s'élever au bord de l'eau la première mégisserie locale – une tannerie spécialisée dans le traitement des peaux fines pour la ganterie. Ce patrimoine bâti affirmé et sa riche mémoire ouvrière, devenus friche au fil du temps, attendaient d'être réinvestis pour réconcilier la ville avec sa rivière.
Réhabiliter sans effacer l'histoire
Inaugurée en décembre 2025, la Cité du cuir s'inscrit pleinement dans une démarche de sauvegarde et de revitalisation. Cet ensemble historique accueille désormais un programme culturel et artisanal complet : un parcours muséal à la scénographie immersive – dévoilant une collection d'exception de 4 000 modèles de gants, machines et outils –, des ateliers créatifs, un auditorium, un centre de ressources abritant les archives locales ainsi qu'une boutique valorisant les savoir-faire de la région.
Accompagnée par l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) de la Haute-Vienne, la restauration a veillé à préserver les structures d'origine et la matérialité de l'édifice tout en y intégrant des fonctions contemporaines. Le projet valorise ainsi l'existant sans le dénaturer : le site intègre également un atelier de production partagé pour les maroquiniers et créateurs, faisant dialoguer le geste industriel d'hier avec la création d'aujourd'hui pour maintenir un lien vivant entre passé et présent.
Une architecture tournée vers l'avenir
L'intervention menée sur cette friche des bords de Vienne illustre le rôle essentiel de cette reconversion dans le renouveau des territoires. Le site s'intègre ainsi avec harmonie dans le linéaire d'usines ancestrales qui longe le cours d'eau. La réutilisation du bâti ancien, conjuguée à une intégration architecturale mesurée, crée un dialogue équilibré entre mémoire industrielle, innovation et ouverture au public.
Plus qu'un musée, la Cité du cuir devient ainsi un lieu vivant qui célèbre la filière locale d'excellence tout en offrant un nouveau lieu de vie aux habitants. Une démarche exemplaire de sobriété et de transmission qui démontre comment l'architecture sait redonner du sens et de l'attractivité au patrimoine industriel de Nouvelle-Aquitaine.
Partager la page


