En lien avec la Mission Patrimoine, le Loto du patrimoine est déployé depuis 2017. Ce dispositif vise à financer la restauration d’édifices patrimoniaux en péril avec la vente de tickets et l’organisation de tirages de loto dédiés, par FDJ UNITED (anciennement La Française des jeux).
Pour l’occasion, ce sont 100 lieux départementaux qui ont eu la chance d’être sélectionnés dans toute la France, et 18 lieux régionaux désignés projets emblématiques. Ces derniers bénéficieront d’une dotation comprise entre 100 000 et 500 000€. Dans les Hauts-de-France, c’est le Château royal de Senlis dans l’Oise qui a été choisi pour faire partie de cette sélection 2026. À ses côtés, 5 autres projets dans la région peuvent espérer bénéficier de financements dont le montant dépendra des bénéfices récoltés lors du Loto du patrimoine.
Château royal de Senlis dans l’Oise, projet régional emblématique de 2026
Dans l’Oise, le Château royal de Senlis se dresse depuis le Moyen Âge. Trésor historique et patrimonial, cette bâtisse est l’une des rares résidences palatiales de cette époque qui ne soit pas entièrement effondrée. Avant que l’importance du rôle de Paris dans la gouvernance du pays n’augmente sensiblement, ce château a vu se succéder de nombreux souverains en résidence (Clovis, Charlemagne, Louis V, etc.). Ce sont d’ailleurs ces mêmes hommes qui lui ont fait subir de nombreuses transformations au fil des siècles.
Désigné comme un des 18 projets emblématiques 2026, le château royal de Senlis bénéficiera d’une dotation de 400 000€ pour sa rénovation. En effet, avec le temps, des chutes de pierre, les intempéries et la végétation poussant sur l’édifice fragilisent cet édifice partiellement classé et inscrit au titre des monuments historiques.
Les 5 projets départementaux sélectionnés
Le château des Chaînées de Chevregny (02)
Situé dans l’Aisne, le château des Chaînées à Chevregny a été achevé en 1927. Inscrit au titre des monuments historiques depuis 2021, celui-ci fût construit à proximité de l’ancien, détruit par des bombardements allemands durant la première guerre mondiale. Cet édifice conçu par l’architecte parisien Paul Robine tire ses caractéristiques architecturales de l’Art déco et du mouvement britannique Arts & Crafts.
Le mouvement Art déco
L’Art déco est un style décoratif qui a connu une grande popularité des années 1910 à 1930. Souvent utilisé pour décrire des productions architecturales, notamment d’architecture d’intérieur, celles-ci présentent des formes opposées à celles organiques et courbes de l’Art nouveau, c’est-à-dire basées sur la symétrie et l’ordre.
Le mouvement Arts and Crafts
Le mouvement Arts and Crafts est né au Royaume-Uni dans les années 1860 et s’est développé des années 1880 à 1910. Celui-ci traduit la peur d’une partie de la population de cette époque de voir disparaître l’artisanat et sa volonté de s’ancrer dans une production d’objets devant servir le progrès social, donc s’opposant à la production en série, en vogue à cette période. Les productions de ce mouvement présentent notamment des motifs inspirés de la nature : des figures d’animaux et de végétaux.
Accompagné d’un vaste jardin à l’anglaise, le château des Chaînées témoigne du mode de vie bourgeois du XXe siècle, adopté par les propriétaires de l’époque. Également, ont pu être conservés de nombreux éléments d’origine (papiers peints, miroirs, éviers, etc.) rendant le lieu historiquement précieux. Aujourd’hui âgée de presque 100 ans, la bâtisse joue un rôle culturel important dans la ville de Chevregny, que le Loto du patrimoine pourrait permettre de prolonger en finançant sa rénovation.
L’église Saint-Nicolas d’Ercuis (60)
Plus qu’un lieu de culte, l’église Saint-Nicolas joue un rôle central dans la vie des habitants et habitantes d’Ercuis en accueillant de nombreux événements : religieux (baptêmes, mariages, messes, etc.) et culturels (concerts, visites touristiques, etc.). Construit à la suite d’une chapelle royale du XIIIe siècle, l’édifice rassemble des éléments architecturaux des XIIIe, XVIe et XIXe siècles.
Déjà victimes d’importantes fissures en 2025, cet édifice sera restauré avec notamment la mise en place d’un accès facilité pour les personnes à mobilité réduite ou encore la mise en valeur du parvis et du puit, afin de renforcer son rôle d’espace de rencontre entre Ercuisiens et Ercuisiennes.
L’église Saint-Médard à Domart-en-Ponthieu (80)
Cette église inscrite au titre des monuments historiques depuis 2021 menace de s’effondrer. Cette église dont la tour date des années 1620-1630 domine Domart-en-Ponthieu par sa position en hauteur de la ville. Placée sous arrêté de mise en péril en 2024, sa rénovation devient plus qu’urgente et les fonds apportés par le Loto du patrimoine permettront de débuter le chantier par la restauration des charpentes et de la toiture.
L’Église Saint-Vaast à Bihucourt (62)
Après le passage d’une violente tornade en 2022, l’église Saint-Vaast de Bihucourt s’est retrouvée éventrée et par conséquent fermée au public. La couverture de la nef a été touchée et une partie des voûtes en brique a été détruite. Le clocher, certains vitraux ainsi qu’un des pinacles de la façade orientale (élément architectural pyramidal ou conique, placé au sommet d’un pignon) ont également été endommagés. Initialement construite en 1750, cette église et l’ensemble du village furent entièrement détruits pendant la Première Guerre mondiale. Édifiée à nouveau entre 1926 et 1931, Saint-Vaast est un témoignage de la période d’après-guerre de la Reconstruction. Les fonds obtenus dans le cadre du Loto du patrimoine permettront une rénovation et une réouverture du lieu pour les Bihucourtois et Bihucourtoises.
Manoir du Blauwhuys à Quaedypre (59)
Partiellement inscrit au titre des monuments historiques depuis 1978, le Manoir du Blauwhuys est une maison de maître rurale des XVI-XVIIIe siècles. Cet édifice, dont le nom signifie « maison bleue », du flamand blauw huis, est menacé par les eaux. La charpente et les planchers risquent la dégradation ainsi qu’une contamination par la merule, un champignon destructeur se nourrissant de bois et se développant dans les bâtiments très humides, sombres et peu aérés. L’intérêt patrimonial du Manoir du Blauwhuys en font un chantier qu’il est urgent d’entreprendre et que les propriétaires souhaitent mener selon des principes de circuit-court et de réemploi.
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