Construite vers 1790 par l’architecte Paul Michel Thibault pour le négociant Martin Pierre Foäche, la Maison de l’armateur est un exemple remarquable d’architecture de style Louis XVI. Organisée sur cinq niveaux autour d’un puits de lumière octogonal, elle restitue l’ambiance d’une demeure de négociant à la fin du XVIIIe siècle.
Classée au titre des monuments historiques, elle a bénéficié d’un programme de travaux visant à garantir sa conservation et à améliorer les conditions d’accueil du public. Ces interventions ont notamment porté sur la mise en conformité des installations, la sécurité du bâtiment, ainsi que la préservation des décors et des aménagements intérieurs, dans le respect de l’intégrité patrimoniale du lieu.
Soutenue par le ministère de la Culture, cette opération illustre l’engagement de l’État en faveur de la sauvegarde et de la transmission du patrimoine, en lien étroit avec les collectivités territoriales.
Une exposition pour révéler la mémoire du lieu
À l’occasion de cette réouverture, les Musées d’Art et d’Histoire du Havre présentent l’exposition Réminiscences – Fantômes de l’esclavage, conçue par Emmanuelle Gall et Ari Hamot, avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.
Pensée spécifiquement pour la Maison de l’armateur, cette exposition propose d’interroger l’histoire du lieu, dont la prospérité est liée au commerce triangulaire. En investissant les différentes pièces de la maison, les artistes mettent en dialogue œuvres contemporaines et éléments patrimoniaux — archives, documents, mobiliers — afin de faire émerger une mémoire longtemps restée en retrait.
Le parcours, déployé sur plusieurs niveaux, invite le visiteur à une expérience sensible : il s’agit de révéler un passé parfois occulté, celui de l’esclavage colonial, et d’en questionner les héritages dans notre société contemporaine. Cette approche artistique, à la fois documentée et immersive, contribue à renouveler le regard porté sur ce lieu chargé d’histoire.
Un temps fort d’inauguration et de programmation
L’inauguration de la Maison de l’armateur et de l’exposition se tiendra le 7 mai 2026, dans le cadre du Mois des mémoires et du 25e anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
L’exposition sera ensuite accessible au public du 8 mai au 20 septembre 2026. Elle donnera également lieu à des temps de médiation spécifiques, dont des visites guidées et des propositions performées par les artistes, notamment lors des Journées européennes du patrimoine.
Patrimoine et création : un dialogue renouvelé
La réouverture de la Maison de l’armateur illustre pleinement la volonté du ministère de la Culture de faire dialoguer préservation du patrimoine et création contemporaine. En accueillant une exposition qui interroge l’histoire et la mémoire du lieu, ce monument historique devient un espace de réflexion et de transmission, ouvert aux enjeux du présent.
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