Propriété de l’État, classée au titre des monuments historiques en 1913, cette œuvre avait été commandée en 1647 par les chanoines pour orner le maître-autel de la cathédrale. Ils avaient fait appel à Nicolas Mignard, dit le « Mignard d’Avignon », l’un des peintres les plus réputés du Languedoc.
Une œuvre au destin mouvementé – de 1647 à 2026
Partiellement brûlé, démonté et roulé pendant la Révolution, le tableau aurait même, selon la tradition, servi de tapis. Après plusieurs restaurations qui en modifient la composition, il quitte la cathédrale au XIXe siècle et demeure plus d’un siècle dans l’ancien évêché, avant d’être endommagé lors d’un incendie en 1987.
Redécouvert en 2008 dans les réserves des musées de Nîmes, il est transporté en 2015 au centre interrégional de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) à Marseille, étude laissée sans suite. C’est seulement entre 2022 et 2025, qu’il fait l’objet d’un vaste chantier de restauration. Cette intervention révèle aujourd’hui une œuvre marquée par son histoire : la partie supérieure, où la Vierge est entourée d’anges, témoigne du raffinement de la peinture de Nicolas Mignard, tandis que le registre inférieur, plus altéré, conserve les traces des vicissitudes traversées par l’œuvre.
En 2026, un accrochage contemporain a été spécialement conçu pour permettre son retour dans le chœur de la cathédrale.
C’est donc le 31 août que cadre et toile roulée ont été livrés dans la cathédrale. Les jours qui ont suivi ont vu successivement le châssis monté et la toile tendue, la mise à la verticale du tableau de 20m2, puis quelques retouches ponctuelles effectuées sur les bords. Un accrochage spectaculaire pour un cadre pesant près de 450 kilos assemblé et fixé au mur dans le chœur de la cathédrale.
Enfin, jeudi 3 septembre vers 15h30 le tableau s’est élevé lentement, tiré par un palan fixé à un échafaudage, et accroché sous les baies du triforium, juste en face du siège épiscopal.
Ce tableau sera visible du public dès samedi 5 septembre, durant les Journées européennes du patrimoine et à l'occasion des deux journées d’études ouvertes à tous - 22 et 23 octobre 2026 - sur l’édifice qui vient de vivre un colossal chantier de restauration et son mobilier.
Budget et entreprises de restauration
L’opération a été conduite sous la maîtrise d’ouvrage de l’État (DRAC Occitanie - conservation régionale des monuments historiques) pour un montant de 350 000 € TTC et confiée à un groupement de conservateurs-restaurateurs spécialisés en peinture sur chevalet.
Les entreprises intervenantes sur le chantier
- Conservation-restauration : équipe dirigée par Marina Weissman et composée de Armelle Demongeot, Hervé Giocanti, Silvia Petrescu Ruffat, Tiphaine Viale et Marine Victorien
- Maîtrise d’œuvre (pour l’accrochage) : agence Pierre-Jean Trabon, architecte en chef des monuments historiques
- Fabrication du cadre : Atelier Gilles Tournillon
- Éclairage : Ipsélios
Restauration et accrochage du tableau en images
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