À l’occasion des Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI), qui donnent lieu chaque année à des centaines d’événements partout en France, une journée de sensibilisation et de formation s’est tenue le 24 septembre dans l’Hérault. Elle a réuni 105 professionnels des bibliothèques.
Co-organisée par la médiathèque départementale de l’Hérault, le Centre de ressources illettrisme et d’apprentissage de la langue du Gard (CEREGARD), et avec le soutien de la DRAC Occitanie, cette rencontre n’avait pas pour seule ambition de parler de l’illettrisme.
Il s’agissait d’interroger les manières de faire et surtout de faire entendre la voix de celles et ceux qui vivent ou ont vécu une situation d’illettrisme. Ce fil conducteur a donné à la journée une dimension particulièrement forte et riche en émotions.
Cette proposition est pleinement soutenue et impulsée par le contrat départemental lecture (2024-2026) conclut entre le département et la DRAC, et que cette dernière peut financer à plus de 30 000 euros par an. Ce dispositif vise à renforcer la capacité de la médiathèque départementale à remplir ses missions, et à répondre aux enjeux actuels, notamment en formant les bibliothécaires. Ainsi, indirectement, il permet de diffuser et de consolider une offre de lecture de qualité et inclusive dans tout le département, jusque dans les plus territoires les plus ruraux.
Plus largement la contribution « à la réduction de l’illettrisme » s'inscrit dans les missions dévolues aux bibliothèques de lecture publique par la loi du 21 décembre 2021 (article 1er). Elle assigne aussi le rôle de formateur des bibliothécaires aux médiathèques départementales (article 10). Ces dernières se trouvent donc en première ligne pour les accompagner dans leur mission, et les aider à mobiliser les partenaires experts de l’illettrisme de leur territoire (comme les Centres Ressources Illettrisme et Analphabétisme, ou CRIA, et l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme, ou ANLCI).
Un accompagnement pensé pour les personnes en situation d’illettrisme
La journée de formation de formation proposée par la médiathèque de l’Hérault a pleinement associé les personnes ayant vécu l’illettrisme, à la réflexion sur les réponses à apporter.
Je voulais aller à la bibliothèque mais j’avais un peu peur.
Pour mieux comprendre les besoins exprimés par les personnes en difficulté, Anne VINÉRIER (Docteure en sciences de l’éducation, autrice de plusieurs ouvrages), est intervenue, accompagnée des deux ambassadeurs qui ont surmonté leur illettrisme, Donata et Michel, membres de la « Chaîne des savoirs ».
A travers leurs témoignages, ils ont partagé les difficultés rencontrées durant leur apprentissage, leur parcours, les errances, mais aussi les réussites.
Cette formation n’est pas limitée dans le temps, c’est du sur mesure. On nous écoute.
Cette journée a par ailleurs permis de présenter plusieurs outils : médiation corporelle, atelier pratique de l’écrit, une sélection d’ouvrages « Faciles à lire » (FAL) et plus encore…
La place des bibliothèques dans la lutte contre l’illettrisme
La bibliothèque est plus qu'un lieu où l'on vient emprunter des livres.
Avec plus de 15 500 lieux, elle est l’établissement culturel le plus présent sur le territoire français. Ouverte à tous, gratuite, proche, on peut y entrer librement, même sans rien avoir à y faire. La médiathèque peut ainsi devenir le premier lieu de rencontre avec l'écrit, les savoirs et les médiations culturelles. Espace refuge, c’est aussi, parfois, un lieu où l’on reprend confiance, où l’on ose demander de l’aide, et où l’on retrouve progressivement le chemin des apprentissages.
La lutte contre l’illettrisme n’est toutefois pas l’affaire d’un seul acteur. Acteurs sociaux et culturels, professionnels de la formation, collectivités chacun peut contribuer, à son niveau, à créer les conditions pour que les personnes concernées se sentent suffisamment en confiance pour se frayer un chemin vers la maîtrise de la langue, et des savoirs de base…
Ces actions remarquables participent à ce que cela soit possible, demain, en franchissant la porte de chacune des 1 500 bibliothèques d’Occitanie !
« On parle d’illettrisme pour qualifier la situation de personnes qui, après avoir été scolarisées en langue française, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul, des compétences de base, pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. » (ANLCI)
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