Trois ans après la première opération de rapatriement de vingt-huit caisses de vestiges du site, douze nouvelles caisses ont pu être identifiées, et rapatriées en France pour leur étude et leur conservation. Retour sur une épopée transfrontalière.
Des vestiges conservés en Angleterre depuis 30 ans
Entre 1984 et 1992, des fouilles programmées par l’État français ont été menées sur le site de Quentovic par David Hill, archéologue britannique de renom, associé à l’université de Manchester. Si la législation indiquait bien le retour des vestiges exhumés à l’État après leur étude en Angleterre, ces derniers n’avaient pu être restitués après leur exploitation scientifique.
Les vestiges ont pu être retrouvés grâce à la mise en réseau de différents acteurs : de le prise de contact avec David Hill par le conservateur Jordan Perris, jusqu'à la démarche de recensement des connaissances du site de Quentovic par les universitaires belges Laurent Verslype et Inès Leroy (Université catholique Louvain-la-Neuve CRAN/FNRS). Cette mise en réseau a ainsi permis d'identifier la présence de vingt-huit caisses de ce mobilier archéologique au domicile de Margaret Worthington, membre de l’équipe de fouille britannique. Celles-ci ont été remises à l’État en septembre 2023, grâce à la mobilisation d’Inès Leroy, d’Armelle Masse (alors responsable du Centre de conservation et d’étude du Pas-de-Calais) et de Laetitia Maggio (service régional de l’archéologie des Hauts-de-France).
Quentovic, un site clé
Situé sur l’estuaire de la Canche, Quentovic est un site archéologique majeur du haut Moyen Âge en Europe du Nord. Cet ancien port de commerce était particulièrement actif entre le 7e et le 10e siècle. Véritable plaque tournante entre les mondes franc, anglo-saxon et scandinave, l’étude du site et de ses vestiges sont ainsi essentiels à la compréhension de ces mondes et de leurs échanges.
Douze nouvelles caisses retrouvées
À la suite de cette première opération, douze nouvelles caisses ont pu être identifiées à l’Université de Manchester. Elles regroupaient ainsi du mobilier archéologique, dont des objets remarquables en alliage cuivreux et des morceaux d’ambre brut, des restes humains, mais aussi deux albums photos réalisés lors des fouilles.
Le service régional de l’archéologie des Hauts-de-France instruit régulièrement des demandes de sortie temporaire de biens archéologiques du territoire français, et s’assure de leur retour. Cependant, le cas de figure d’un rapatriement organisé 30 ans après la sortie du territoire est plus rare et plus épineux. C'est d'autant plus le cas dans ce contexte, avec la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne.
Pour mener à bien cette opération, un travail étroit de collaboration entre universitaires et archéologues s’est alors engagé : le docteur John Piprani (Université de Manchester, Université de Chester) s’est pleinement investi dans cette opération, en lien avec Inès Leroy ainsi que Catherine Bershaw, pour réaliser un inventaire exhaustif des biens conservés dans les caisses. Le SRA en la personne de Laetitia Maggio a organisé le rapatriement et assuré la gestion administrative en lien avec les services de douanes françaises et l’Arts Council of England.
L’ensemble des mobiliers archéologiques rapatriés sont désormais en cours d’étude, de marquage et de reconditionnement au sein du Centre de recherches d'archéologie nationale (UCLouvain-CRAN) par Inès Leroy. Une convention de prêt pour étude a été passée entre le Service régional de l’archéologie des Hauts-de-France et l’Université de Louvain-la-Neuve, dans le cadre d’un programme de recherche financé par le FNRS sur la céramique et les éléments organiques provenant des fouilles de La Calotterie.
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