Treize experts venus de toute la France, une salle consacrée à l'art contemporain, et 76 dossiers sur la table : la Commission Scientifique Régionale chargée des Acquisitions muséales (CSRA) a tenu sa séance plénière dans un cadre soigneusement choisi. C'est Hélène Jagot, directrice des musées municipaux de Tours, qui a accueilli et introduit la séance, au cœur des collections mêmes qui font la richesse du territoire.
La CSRA n'est pas une instance parmi d'autres : elle incarne le contrôle scientifique et technique de l'État sur les collections des établissements ayant obtenu l'appellation « Musée de France », conformément à la loi n° 2002-5. Tout projet d'acquisition, qu'il soit onéreux ou issu d'une libéralité, doit obtenir l'avis favorable de la commission avant de rejoindre les collections publiques. Présidée par la directrice de la DRAC, organisée par Diana Gay (conseillère pour les musées), et coordonnée par Meng Chiv (assistant-gestionnaire au Pôle publics et territoires), la séance réunit membres de droit et experts invités par arrêté préfectoral pour cinq ans, spécialisés dans des domaines aussi variés que l'archéologie, l'art contemporain, l'ethnologie ou les sciences de la nature.
Parmi les 4 822 biens examinés, un objet a particulièrement capté l'attention des commissaires. Proposé par le Conservatoire du machinisme et des pratiques agricoles (COMPA) à Mainvilliers en Eure-et-Loir, un chondromètre du XIXe siècle, instrument permettant de mesurer la qualité du grain de blé en calculant le rapport entre son poids et son volume, illustre à lui seul la diversité et la singularité des collections régionales. Tableaux, vêtements de nuit, ensembles de fossiles ou encore poissons empaillés : la variété des dossiers témoigne de l'étendue des champs couverts par les musées de France en Centre-Val de Loire.
Au-delà du vote à bulletin secret sur chaque dossier, la séance a été l'occasion d'échanges sur des enjeux contemporains : les défis de la conservation préventive, le devenir des collections après acquisition, et la valorisation des biens culturels auprès du grand public. Autant de questions qui s'inscrivent dans un débat plus large sur l'accès des citoyens à leur patrimoine muséal.
En marge des travaux, les membres ont visité le musée des Beaux-Arts de Tours et découvert l'étape 2 de l'exposition d'intérêt national (EIN) « Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris ». Ce label, décerné en 2025 par arrêté préfectoral, distingue trois musées de France dans trois régions différentes, Nogent-sur-Seine, Tours et Pont-Aven, et met en lumière non seulement l'œuvre de Camille Claudel, mais aussi celles d'autres femmes sculptrices longtemps restées dans l'ombre.
Pour les 64 musées de France que compte la région, la CSRA représente bien plus qu'une instance de validation : elle offre un accès à l'expertise de spécialistes, un accompagnement précieux pour des établissements dont les collections constituent un patrimoine vivant et irremplaçable.
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