Ces inscriptions représentent l’aboutissement de plusieurs années de collaboration entre la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Bretagne et la ville de Lorient. La ville en avait d’ailleurs fait un axe fort de son dossier de renouvellement de la convention Ville d’art et d’histoire (VAH) au printemps 2025. Selon les mots de Fabrice Loher, Maire de Lorient, lors de la CRPA : « cet engagement constitue un élément majeur de notre projection dans l’avenir car une ville sans identité historique et sans recul vis-à-vis de son histoire ne serait pas une ville qui construirait favorablement son avenir. »
Garantes de la préservation des édifices, ces six nouvelles protections encouragent aussi leur valorisation. Les journées européennes du patrimoine en offrent très prochainement l'occasion.
Les sites choisis témoignent de la riche histoire de la ville, qui fête cette année ses 360 ans.
En 1666, la Compagnie des Indes faisait de ce lieu une base pour ses chantiers navals. L’arrivée d’ouvriers travaillant sur ces derniers, accompagnés de leur famille en cette fin du XVIIe siècle marque la naissance de la ville de Lorient. La disparition de la Compagnie des Indes, qui avait laissé derrière elle un héritage architectural important, et les destructions de la Seconde Guerre mondiale ont paradoxalement constitué des événements fondateurs. Presque entièrement détruite par le second conflit mondial Lorient s’est relevée de ses décombres et a entamé, dès 1947, un vaste programme de reconstruction.
Les six monuments protégés par l’inscription au titre des monuments historiques dans les différents secteurs de la ville témoignent de périodes différentes et d’architectures variées.
Dans l’enclos du Port,
situé autour de la colline Faouëdic, 3 monuments sont concernés par l’inscription.
- La terrasse des Quinconces date des années 1730-1740 comme l’hôtel Gabriel (classé dès 1930), le mur et la terrasse s’inscrivent dans la grande composition classique conçue par l’architecte du roi Jacques V Gabriel pour mette en scène l’ancien hôtel des ventes.
- La tour de la Découverte. L'ouvrage construit en 1785 servait autrefois à la surveillance de la rade de Lorient, à la communication militaire et à l’orientation des marins. En lien avec l’observatoire astronomique installé dans l’un des deux moulins, elle a également joué un rôle stratégique dans la mesure du temps, servant de signal horaire.
- Le réservoir d’eau. Construit en 1875, il servait au stockage de l’eau utilisée dans l’arsenal militaire du port. Construit en ciment de Portland préfigurant le béton armé, ce rare ouvrage de génie hydraulique militaire présente un intérêt architectural remarquable ainsi qu'une indéniable valeur esthétique. Sa forêt de colonnes soutient des voûtes de belle portée.
Dans le quartier de Kerentrec’h,
en pleine expansion de la ville au milieu du XIXe siècle, se situe l’église Notre-Dame de Bonne Nouvelle, construite entre 1849 et 1854 par l’architecte Zacharie Richard (1804-1880). Son style néo-gothique flamboyant constitue l’un des rares témoignages de l’architecture lorientaise ancienne. L'édifice présente l'intérêt d'avoir conservé l’ensemble de son mobilier.
Sur les quais,
là où se concentrait la vie économique, et le cœur commercial de la ville, la Chambre de Commerce et d’Industrie capte le regard. Construite par les architectes Louis-Marie Dutartre, Édouard Ramonatxo et Charles Caro-Picard, elle présente un mélange d’architecture Art Déco et de classicisme peu commun en Bretagne. Le hall, éclairé par une grande verrière et décoré de ferronneries Art déco, est particulièrement digne d'intérêt. Le bâtiment présente également la particularité d'être l’un de rares à avoir échappé aux bombardements.
Enfin, au cœur du programme urbain de reconstruction, engagé dès 1947,
l’église Notre-Dame de Victoire. Labellisée Patrimoine du XXe siècle en 2000, (aujourd’hui Architecture Contemporaine Remarquable), l’église était déjà reconnue pour sa qualité architecturale et son inscription dans la composition de la place Alsace-Lorraine. Le travail minutieux de l’architecte Houlier sur le béton brut s’observe particulièrement au niveau de la coupole où les planches des coffrages ont formé un grand motif d’étoile .
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