C'est avec une profonde tristesse que j’apprends la disparition brutale de Nicolas Altmayer et Mathilde Favier, lundi 17 août dans un accident de la route survenu dans les Deux-Sèvres. J’adresse à leurs familles, à leurs proches et à tous ceux qui les aimaient mes condoléances les plus sincères et les plus émues.
Nicolas Altmayer a traversé trois décennies du cinéma français sans cesser d’y apposer sa marque. Avec son frère Éric, il fonde en en 1996 Mandarin Cinéma, maison de production qui allait devenir l'une des plus singulières et des plus prolifiques du paysage hexagonal.
On lui doit des comédies qui ont fait rire des générations entières, à commencer par la saga OSS 117 et Brice de Nice, mais aussi des œuvres plus graves, portées par une exigence d'auteur, de Saint Laurent à Frantz, en passant par Dans la maison, trois longs-métrages qui ont reçu le César du meilleur film.
Producteur au regard aguerri, capable de faire dialoguer le rire populaire et l'ambition d'auteur avec la même justesse, il avait reçu en 2017, aux côtés de son frère, le prix Daniel Toscan du Plantier de l'Académie des César.
À ses côtés, Mathilde Favier incarnait une autre grandeur française : celle de la mode et du luxe.
Directrice des relations publiques de la maison Dior au sein du groupe LVMH depuis plus de quatorze ans après en avoir passé onze chez Prada, elle avait su tisser, dans la discrétion et l'élégance, les liens entre la maison et les plus grandes personnalités du cinéma et de la culture internationale.
Présence constante et généreuse sur les podiums, les tapis rouges et les grands rendez-vous de la mode, elle avait contribué, par son travail passionné et son sens des relations humaines, au rayonnement mondial d'une maison emblématique du savoir-faire français.
Ensemble dans les avant-premières et les défilés, Nicolas Altmayer et Mathilde Favier formaient un couple discret, dans son époque, chacun ambassadeur, à sa façon, de deux fiertés françaises admirées dans le monde entier.
Leur disparition commune endeuille deux mondes qui, l'un par les récits qu'il invente et l'autre par les silhouettes qu’il façonne, portent ensemble au loin l'influence culturelle de la France.