J’ai appris avec tristesse la disparition de Didier DECOIN, figure majeure de la littérature française, prix Goncourt en 1977 pour son ouvrage John l’Enfer, et président de son jury de 2020 à 2024.
Fils du cinéaste Henri Decoin, Didier Decoin avait commencé sa carrière comme journaliste au quotidien France-Soir avant de collaborer aux Nouvelles littéraires, Europe 1 et le magazine VSD.
A 20 ans il publiait déjà son premier roman, Le procès de l’amour, suivi par une trentaine d’autres, dont L’enfant de la mer de Chine, Meurtre à l’anglaise ou Madame Seyerling. Passionné de faits divers, il avait publié en avril son dernier roman, Maypops, inspiré d’une histoire vraie dans le sud des États-Unis.
Président de la Société des gens de lettres à deux reprises, il a également participé à la création de la Société civile des auteurs multimédia (Scam).
Didier Decoin était également un scénariste prolifique pour le cinéma, travaillant avec des réalisateurs tels que Marcel Carné, Robert Enrico, Henri Verneuil ou Maroun Bagdadi, avec lequel il a reçu le prix spécial du jury au festival de Cannes pour le film Hors-la-vie. En parallèle, il travaillait pour la télévision, dirigeant la fiction de France 2, jusqu’à recevoir en 1999 le Sept d’Or du meilleur scénario pour une mini-série sur « Le Comte de Monte-Cristo ».
Fasciné par la navigation, il présidait depuis 2007 les Ecrivains de Marine, sillonnant les mers sur les bateaux de la Marine nationale.
Président de l’Académie Goncourt de 2020 à 2024, il n’a jamais cessé de s’y investir, défendant jusqu’au bout son idée de la langue française et de la littérature.
J’adresse toutes mes condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues de l’Académie Goncourt, ainsi qu’à l’ensemble des artistes qui ont partagé son exigence, son humanité et son amour de l’écriture et de la lecture.