C’est avec une profonde tristesse que j'apprends le décès de Claude Bessy, figure emblématique de la danse classique française, dont le talent exceptionnel et l’élégance inaltérable ont marqué l’histoire du ballet de l’Opéra de Paris.
Née en 1932 dans un milieu artistique, Claude Bessy avait nourri très tôt une admiration pour la danse. La voyant dessiner une ballerine sur le tableau de l’école, une professeure lui avait donné le contact de Gustave Ricaux, et c’est avec ce danseur de légende qu’elle avait commencé la danse classique. Peu après, elle entrait à l’école de danse de l’Opéra, en pleine Seconde Guerre mondiale, malgré les privations de l’Occupation.
Ses débuts comme soliste avaient été fulgurants : repérée par George Balanchine à seulement quatorze ans, encouragée par Serge Lifar, Claude Bessy avait été nommée étoile dès 1956. Dès lors, elle s’était imposée comme l’un des visages de la culture française dans le monde, remarquée jusqu’à Hollywood, notamment par Grace Kelly.
Sa technique exceptionnelle, au service d’un sens inné de l’émotion, en avait fait une interprète recherchée, connue pour ses nombreux rôles de soliste dans tous les ballets emblématiques du répertoire classique, Daphnis et Chloé, Roméo et Juliette, Le Lac des cygnes ou encore Coppélia. En tant que danseuse étoile, elle avait également beaucoup œuvré pour faire entrer la danse moderne à l’Opéra de Paris, interprétant notamment la célèbre chorégraphie de Maurice Béjart sur le Boléro de Ravel.
Après ses adieux à la scène, Claude Bessy était restée fidèle à cet art qu’elle avait porté au plus haut. Chorégraphe, nous lui devons plusieurs ballets, et notamment sa propre version de La Fille mal gardée, mais aussi Play Bach ou Concerto en Ré. Directrice de l’école de danse de l’Opéra de Paris de 1973 à 2004, elle s’était consacrée à transmettre sa passion et avait formé bien des futures étoiles. La « génération des étoiles Rudolf Noureev », Sylvie Guillem, Manuel Legris, Laurent Hilaire ou encore Éric Vu-An, est aussi la génération Claude Bessy.
J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à ses nombreux admirateurs, en France et dans le monde entier. Je m’associe également à la tristesse de toute la grande famille de l’Opéra de Paris, qui perd une artiste hors pair et une grande ambassadrice de l’école française de danse.