Quel musée avez-vous visité l’an dernier ? Avez-vous découvert un monument historique, une Maison des Illustres, un domaine national ? Ou encore foulé le sol d’une Ville ou d’un Pays d’art et d’histoire ? Chaque année, le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS) du ministère de la Culture donne un éclairage sur la fréquentation des patrimoines en France à travers Patrimostat : visites des sites culturels, offre patrimoniale, pratiques des publics... Elle propose notamment un panorama des patrimoines présents sur le territoire et des principaux dispositifs qui contribuent à leur protection et à leur reconnaissance : monuments historiques, Musées de France, Jardins remarquables, sites inscrits à l’UNESCO, patrimoine culturel immatériel... Elle présente les estimations de fréquentation pour 2025 et revient sur les chiffres consolidés de 2024 à l’échelle nationale et régionale. Un ensemble d’indicateurs essentiels pour comprendre les transformations du secteur.
Une fréquentation générale positive
D’après les premières estimations, l’ensemble des sites et établissements patrimoniaux voient leur fréquentation se stabiliser ou augmenter par rapport aux années précédentes. Pour la première fois, le Centre des monuments nationaux dépasse les 12 millions de visiteurs (+ 10 % par rapport à 2024) et les monuments appartenant aux neuf domaines nationaux en accueillent plus de 3,5 millions (+ 15 % par rapport à 2024). En quatre mois, les tours de Notre-Dame de Paris, qui ont réouvert en septembre 2025, ont notamment attiré 110 000 visiteurs.
Les musées nationaux et lieux d’exposition totalisent quant à eux 32,8 millions d’entrées, un niveau proche de celui de 2024 (+1 %), malgré plusieurs fermetures intervenues au cours de l’année, notamment celle du Centre Georges-Pompidou à Paris. La réouverture des Galeries nationales du Grand Palais a contribué à soutenir la fréquentation des lieux d’exposition, avec près de 822 000 visiteurs accueillis.
La fréquentation estivale connaît par ailleurs un net rebond en 2025 : 9,5 millions d’entrées sont enregistrées en juillet et août, soit 22 % de plus qu’à l’été 2024, période marquée par la tenue des Jeux olympiques de Paris.
Des visiteurs internationaux toujours importants
Ces niveaux de fréquentation sont notamment soutenus par l’importance des flux touristiques internationaux : les visiteurs étrangers représentent 40 % de la fréquentation des monuments et 50 % de celle des musées. Les visiteurs étrangers restent majoritaires dans les musées les plus fréquentés, malgré un léger recul de leur part dans certains grands établissements. Le public américain occupe une place particulièrement importante : il représente 18 % des visiteurs du château de Versailles, soit un point de plus qu’en 2024. Au musée d’Orsay, il constitue également la première nationalité étrangère, avec 14 % des visiteurs (+2 points). Le public italien y représente 8 % de la fréquentation (+1 point). Il est également très présent au musée de l’Orangerie, où sa part atteint 15 %.
Mieux comprendre l’expérience de visite des publics
La publication rassemble également plusieurs études consacrées aux publics des patrimoines, à leurs pratiques et à leurs expériences de visite. Fondées sur des enquêtes quantitatives menées auprès des visiteurs et complétées, pour certaines, par des approches qualitatives, elles permettent de mieux caractériser les profils des publics et les conditions dans lesquelles s’inscrivent leurs pratiques de visite.
La fréquentation des musées et des expositions reste marquée par une forte présence des catégories favorisées et des personnes les plus diplômées, ainsi que des publics parisiens. Les moins de 25 ans y sont également bien représentés.
La composition des publics évolue néanmoins sur certains points. Par rapport à 2024, la part des personnes au foyer augmente de 8 points et celle des visiteurs non diplômés de 4 points.
Cette étude est également l’occasion d’interroger les publics sur leur perception des enjeux écologiques dans le cadre de la visite d’un lieu patrimonial. Quatre mesures ressortent de ces données : la nécessité d’inciter à utiliser les mobilités douces, et en particulier les transports en commun, mais aussi la végétalisation des abords des lieux patrimoniaux, ainsi que l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments et la réutilisation du matériel des expositions temporaires.
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