Une véritable immersion dans l’univers de la culture ukrainienne : telle est la promesse du « Voyage en Ukraine » qui lie les deux pays pendant quatre mois, depuis décembre et jusqu’à fin mars. Imaginée par les deux Instituts français et ukrainien, cette Saison entend raconter la résilience des artistes ukrainiens impactés par la guerre et leur mobilisation par la culture, dans toute sa diversité : arts visuels, spectacle vivant, cinéma, création numérique ou encore patrimoine.
Au total, près d’une cinquantaine d’événements sont organisés dans plusieurs régions, et notamment dans une douzaine de structures subventionnées par le ministère. De la danse au cirque, en passant par la littérature contemporaine et la musique, zoom sur cette programmation régionale à l’image de cette Saison : éclectique et pleine de découvertes.
Coup de projecteur sur la littérature ukrainienne à Lyon
Installée en plein cœur du quartier de la Croix-Rousse à Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes), la Villa Gillet est depuis presque quarante ans un lieu de rencontre et de création dédié aux écritures contemporaines, à la portée européenne et internationale. Cette année, elle s’associe avec le festival Sens Interdits, biennale de théâtre internationale créée en 2009 dans la métropole lyonnaise autour des questions de mémoires, d’identités et de résistances, et le Théâtre National Populaire pour se mettre à l’heure du « Voyage en Ukraine ».
Les 22 et 23 janvier, plusieurs rencontres sont ainsi prévues avec un coup de projecteur sur la richesse et la vitalité de l’écriture contemporaine ukrainienne. Des textes seront lus le premier soir au TNP par les deux comédiens Jules Audry et Yuriy Zavalnyouk. Le lendemain, la Villa Gillet accueille toute la journée des artistes, dramaturges et écrivains ukrainiens. Les carnets de guerre de la journaliste Florence Aubenas seront lus avant une conversation avec l’autrice Tetyana Ogarkova autour du pouvoir de l’écriture, de la langue et de l’art en Ukraine et la projection de deux courts métrages ukrainiens.
Pluridisciplinarité et gastronomie à la Friche la Belle de Mai
À Marseille (Provence-Alpes-Côte d’Azur), la Friche de la Belle de Mai décline localement, les 29 et 30 janvier, cette Saison ukrainienne. Pendant ces deux jours, la friche va vivre à l’heure ukrainienne avec une programmation pluridisciplinaire qui rassemble une trentaine de représentants de hubs-créatifs – véritables lieux de transformation, d’hospitalité, d’expérimentation et de solidarité - ukrainiens, français et européens pour jeter les bases de futures coopérations. Elle mettra en avant également des grands lieux culturels ukrainiens comme l’Arsenal des arts à Kyiv, le Centre Yermilov à Kharkiv ou le Jam Factory Art Centre à Lviv.
En parallèle, un cycle d’événements met à l’honneur la diversité et la vitalité de la cuisine ukrainienne et notamment les liens culinaires entre les deux villes jumelées de Marseille et Odessa.
Les artistes ukrainiens explorent les guerres contemporaines au Palais de Tokyo
Le Palais de Tokyo prend aussi part au « Voyage en Ukraine » avec, le 11 février, une soirée de rencontres intitulée « Comment les sentiments deviennent champs de bataille : l’art ukrainien et les infrastructures émotionnelles de la guerre ». Cet événement qui réunit artistes et penseurs ukrainiens, explorera les architectures invisibles de la guerre, les batailles qui ne se déroulent pas uniquement sur le front mais également à travers les écrans et les réseaux. Les questions de la propagande, de la gouvernance algorithmique et de la manipulation affective comme armes de guerre seront au centre des débats.
Parmi les invités, l’écrivaine et chercheuse Svitlana Matviyenko livrera ses réflexions avant les présentations artistiques de FantasticLittle Splash, Lesia Vasylchenko, Sasha Kurmaz, Sergiy Petlyuk et la lecture d’un essai par Kateryna Iakovlenko. La soirée se clôturera par une table ronde.
Jeunes pousses circassiennes ukrainiennes en résidence à Toulouse
Les Abattoirs de Toulouse (Occitanie) consacrent jusqu’au 23 août prochain une exposition à Jean-Charles de Castelbajac avec près de trois cents œuvres, vêtements, objets de design, dessins, photographies du créateur de mode et artiste. Autour de cette exposition intitulée « L’imagination au pouvoir », toute une programmation a été construite avec notamment une création exceptionnelle réalisée par les jeunes artistes de l’Académie municipale des arts du cirque et du spectacle de Kyiv, ville jumelée à Toulouse.
Ces étudiants seront en résidence à l’École supérieure des arts du cirque de Toulouse (Esacto’Lido) pendant deux semaines en février. Quinze jours basés sur l’échange de pratiques pour rapprocher les deux établissements qui se clôtureront le 20 février par une représentation aux Abattoirs.
Danses traditionnelles et contemporaines se mêlent à Rennes
Née en Ukraine, formée à Bruxelles et à Angers (CNDC), la chorégraphe franco-ukrainienne Olga Dukhovna mêle folklore oublié et danse contemporaine et mène aujourd’hui une recherche sur la transmission et la mémoire du geste. Elle sera au cœur de la soirée événement « War(m) Corps en fête, corps en lutte », le 19 mars au Triangle-Cité de la danse de Rennes (Bretagne).
Pendant cette soirée, trois temps forts vont mettre en lumière la résistance de la culture ukrainienne et la vitalité artistique du pays. Le premier est le « Corps de ballet surcyclé », une œuvre recomposée pour et avec les élèves du Conservatoire de Rennes. Puis Korowod, une pièce inspirée des mouvements collectifs comme des danses folkloriques et des chœurs mouvants. Enfin Crawl questionnera sur le devenir de la danse avec une œuvre entre breakdance et danses traditionnelles avec Bboy Uzee Rock, figure du breakdance ukrainien. La soirée de clôturera par un DJ set.
- Théâtre du Nord de Lille, deux rencontres littéraires CitéPhilo les 24 janvier et 7 février ;
- Cinémathèque française (Paris) : rétrospective Oleksandr Dovjenko du 21 au 30 janvier ;
- Opéra de Lille : tournée du Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók, le 3 février ;
- Centre national du cinéma et de l’image animée (Paris) : projection du film « To the Victory ! » de Valentyn Vasyanovych le 4 février ;
- « Carte blanche » au Dnipro Center for Contemporary Culture au Phénix de Valenciennes les 5 et 6 mars et à la Maison de la Culture d’Amiens du 19 au 21 mars.
Une rencontre ministérielle sur la protection du patrimoine ukrainien
C’est une victime collatérale du conflit entre la Russie et l’Ukraine : le patrimoine ukrainien. Pour réfléchir aux actions de protection et de réhabilitation des centres historiques, institutions culturelles, monuments et autres édifices religieux endommagés, le ministère de la Culture organise, le 27 janvier, une rencontre dans le cadre du « Voyage en Ukraine », en partenariat avec l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine - ALIPH.
Des experts du patrimoine, architectes et urbanistes des deux pays échangeront autour de deux thèmes : protéger le patrimoine en temps de guerre d’un côté et reconstruire et réinventer de l’autre.
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