Les 22 tableaux de la cathédrale sont entrés en restauration en octobre 2021 pour 2 ans. Cette opération fondamentale et exceptionnelle, portée par la Conservation régionales des monuments historiques (CRMH) de la DRAC Île-de-France, est rendue possible grâce aux donations collectées pour la restauration de la cathédrale suite à l’incendie survenu le 15 avril 2019.

 

Des tableaux de grands maîtres, empreints de tradition et d’odyssée

Œuvres datant du XVIIe et XVIIIe siècle, ces tableaux, commandés aux plus illustres peintres parisiens, témoignent de la qualité artistique de la peinture religieuse à Paris à cette époque. Treize Mays sont toujours présentés dans la cathédrale.

À partir de 1630 et jusqu’en 1707, la confrérie des Orfèvres parisiens offrait chaque année au 1er mai un tableau de grande taille réalisé par un artiste de renom représentant un sujet tiré des Actes des Apôtres. Le mois de mai s’écrivait alors « may », ce qui a donné le nom des Mays de Notre-Dame. Au début du XVIIIe siècle, la corporation cesse sa pratique. Le chœur de la cathédrale fût réaménagé par Louis XIV pour honorer le vœu de son père Louis XIII. Pour décorer ce nouveau chœur, les meilleurs peintres de l’époque réalisent huit grandes peintures illustrant la Vie de la Vierge.

À la Révolution, les tableaux sont dispersés dans toute la France. Les Mays retrouvés sont envoyés au Louvre et à Versailles avant de revenir à Notre-Dame à la suite du Concordat de 1802. En 1821, 21 Mays sont installés dans la cathédrale. En 1844, Eugène Viollet-le-Duc débute la première restauration de Notre-Dame de Paris : les tableaux sont alors envoyés au Louvre, seuls quatre Mays restent dans la cathédrale. Le retour des Mays et des autres tableaux à Notre-Dame est dû à l’opiniâtreté de Pierre-Marie Auzas, inspecteur des monuments historiques, dès 1943.

Les 22 œuvres de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, en plus d’être des toiles de grands maîtres, sont pour la plus part des tableaux de grande taille allant jusqu’à 4,5 m de haut et 3,5 m de large.

  • 7 Mays sont des dépôts du musée du Louvre
  • 2 Mays et La Nativité de la Vierge de Louis et Mathieu Le Nain sont des dépôts de la ville de Paris
  • 4 Mays et les autres tableaux sont sous la responsabilité directe de la DRAC Île-de-France

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De l’incendie à la restauratio: deux années de préparation

Dès le 15 avril 2019, deux tableaux sont évacués vers le musée du Louvre dont La Nativité de la Vierge des frères Le Nain et la Vierge de Pitié de Lubin Baugin. Le 19 avril, dix-huit autres tableaux sont sortis. Les deux dernières œuvres, difficilement accessibles, sont évacuées en août 2020. Tous les tableaux ont été dépoussiérés face et revers et ont bénéficié chacun d’un constat d’état. Le Centre de recherche et de restauration des Musées de France (C2RMF) a soutenu la DRAC pour organiser les venues de restaurateurs et gérer les opérations de contrôle et d’évacuation.

Les tableaux ayant été déposés, et chaque manipulation étant délicate (10 personnes nécessaires pour les plus grandes toiles), il a été décidé de mener une restauration complète de l’ensemble des œuvres.

À l’automne 2020, la DRAC lance un appel d’offre pour trouver, en Île-de-France, un lieu unique à aménager spécialement pour l’opération de restauration, avec un espace pour traitement du support, un espace pour le traitement de la couche picturale et un espace de stockage. Ce projet émane d’une volonté de la DRAC de permettre à ses équipes et partenaires de superviser le chantier d’une part, et d’offrir un cadre de travail optimal aux restaurateurs d’autre part. Le Groupe Bovis, spécialiste de la manutention délicate, du transport et du stockage de tout ce qui est lourd, fragile ou précieux, a été retenu pour ce marché. Les tableaux ont été transportés sur le site de restauration, en Essonne, en décembre 2020, et les ateliers de restauration ont été achevés en mars 2021.

Au printemps 2021, un nouvel appel d’offre a été lancé pour recruter les équipes de restaurateurs. Quatre lots ont été définis : trois lots équilibrés en tailles des tableaux et en difficultés de restauration, un quatrième lot pour les tableaux appartenant à la Ville de Paris. L’appel d’offre demande des compétences en matière de restauration de support, de couche picturale et de cadre, et la transmission des savoir-faire par l’insertion dans les équipes de jeunes diplômés et de stagiaires en cours de formation.

En octobre 2021, trois groupements de restaurateurs ont été retenus (Atelier Arcanes, Laurence Mugniot et Isabelle Chochod). Depuis octobre 2021, les travaux de restauration ont pu débuter.

Malgré la crise sanitaire, le travail des équipes de la DRAC Île-de-France a permis de réunir les conditions en seulement deux ans permettant de débuter le minutieux travail des restauratrices et restaurateurs.

Une restauration exceptionnelle, minutieuse et scientifique

Les techniques de restauration anciennes ont permis une bonne conservation des œuvres dans le temps. Les altérations des tableaux de Notre-Dame sont due au vieillissement naturel des matériaux et non à l’incendie qui n’a, heureusement, pas détérioré les tableaux. L'opération de restauration, inédite par son ampleur, doit durer deux ans, afin que les toiles puissent retrouver la cathédrale au moment de sa réouverture.

La saleté qui s’est déposée sur les œuvres s’explique par le passage du temps, accru par les allers et venues de visiteurs, le décollement des rentoilages, le jaunissement des vernis et la modification des anciennes retouches picturales. La DRAC Île-de-France a régulièrement entretenu ces œuvres par des dépoussiérage à plusieurs reprises, et procédé à la restauration d’une toile (L'Assomption de Jean Jouvenet, du XVIIIe siècle).

La restauration s’effectue par étapes en série de quatre tableaux (un tableau par lot du marché) dans des ateliers conçus spécifiquement. La première étape consiste à réaliser des tests de restauration sur les tableaux pour déterminer leur usure et les besoins d’interventions à réaliser. Chaque équipe de restaurateurs étudie minutieusement les supports et la couche picturale à l’aide de techniques scientifiques perfectionnées : traitement à base de produits chimiques, projection précise de lumières spécifiques, utilisation de technologies de pointe.

Une commission scientifique se réunit à l’issue de cette phase pour valider les tests et les propositions d’opération de restauration. Les œuvres entrent alors dans la deuxième étape des travaux. Une fois le processus achevé, les équipes de restauration recommencent à l’étape de test sur une nouvelle série de tableaux.

Dans un sujet diffusé au JT de 20h le 25 décembre 2021, France 2 a suivi le démarrage de cette restauration spectaculaire.

La restauration des tableaux de Notre-Dame de Paris

Partenaires :

 

Relations presse

Vivian SICARD

Chargé de communication et des médias

vivian.sicard@culture.gouv.fr

06 99 29 89 54

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Revue de presse

France 3 Île de France du 29 octobre 2021

 

Reportages télé

France 2 Grand angle JT de 20h du 25 décembre 2021

France 3 Île-de-France JT du 15 décembre 2021