Après une initiation à la langue chinoise au lycée Racine de Paris, Emmanuelle Péchenart rejoint les LanguesO’ en 1974. L’enseignement du mandarin y est alors dispensé notamment par le poète et écrivain François Cheng, futur académicien.
Diplômée de l’INALCO, de l’université Fudan de Shanghai et de l’Institut central du théâtre de Pékin, elle est également titulaire d’un doctorat en sciences du langage de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). En 2002, elle soutient, sous la direction de la linguiste et sinologue Viviane Alleton, une thèse intitulée Le Discours narratif dans Jinsuo Ji (La Cangue d’or) de Zhang Ailing (Eileen Chang) : les procédés de l’auteur, les choix du traducteur. Elle y développe une analyse érudite et originale des enjeux de la traduction de la littérature chinoise contemporaine.
Emmanuelle Péchenart participe aux recherches et traductions sur l'architecture et l’histoire de la ville chinoise à l’Institut Français d’Architecture puis à l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine (Cité de l'architecture & du patrimoine). Soucieuse de transmission, elle partage régulièrement son expérience et ses connaissances avec les traductrices et traducteurs du chinois et d’autres langues, et participe à des actions de soutien à la traduction littéraire.
Pionnière et découvreuse de talents, Emmanuelle Péchenart s’attache à traduire des textes marquants de la littérature contemporaine de langue chinoise, dont l’écriture exigeante présente des défis singuliers. Elle a ainsi fait découvrir au lectorat francophone des romans modernes et contemporains, ainsi que de la poésie, venus de Chine, de Taïwan et de la diaspora.
En collaboration avec de nombreuses maisons d’édition — Zulma, L’Aube, Bleu de Chine, Actes Sud, L’Asiathèque, Marie Barbier, Philippe Picquier, Mercure de France, Notabilia, Calmann-Lévy, Le Seuil et Cheyne —, elle contribue à faire connaître en français des œuvres majeures de la littérature chinoise.
Son travail a notamment permis de faire découvrir l’œuvre, désormais classique, d’Eileen Chang (Zhang Ailing), avec les romans emblématiques La Cangue d’or, Love in a Fallen City et Deux brûle-parfum (Zulma). Elle a également traduit des œuvres de Zhang Xinxin, figure marquante du renouveau du roman chinois, dont Le Courrier des bandits et L’Homme de Pékin (Actes Sud), ainsi que Les Aveugles de Bi Feiyu, English de Wang Gang et La Concession française de Xiao Bai (Philippe Picquier).
Constamment à la recherche de nouveaux auteurs et nouveaux textes, elle traduit les romans, Les Survivants (avec Esther Lin-Rosolato) et Le Recueil des ossements (Actes Sud) de l’auteur taïwanais Wuhe, Le Gong de Huang Chunming (Actes Sud), Le Dernier amour de Sun Yat-Sen de Ping lu (Marie Barbier).
Elle contribue à faire connaître la vitalité de la littérature taïwanaise contemporaine, avec Les Carnets du crocodile de Qiu Miaojin, ainsi que Dernières lettres de Montmartre, publiés aux éditions Noir sur Blanc.
Son travail s’étend également aux auteurs et autrices de la diaspora chinoise. Elle traduit ainsi le poète Meng Ming, dont le titre L’Année des fleurs de sophora (Cheyne), et Ma Desheng, peintre, performeur, sculpteur et poète, avec Vingt-quatre heures avant la rencontre avec le dieu de la mort (Actes Sud). Elle fait également découvrir Rue du Dragon-Couché de Chi Wei-jan (Calmann-Lévy) et Ghost Town de Kevin Che (Le Seuil).
Parmi ses traductions les plus récentes figure Les Portes de la Grande Muraille, roman dystopique et critique publié anonymement sous le nom d'auteur S. X. (Zulma).
Le Grand Prix Société des Gens de Lettres / ministère de la Culture pour l’œuvre de traduction a été créé en 2019 pour récompenser chaque année un traducteur ou une traductrice émérite pour l’ensemble de son œuvre. Il incarne la volonté commune du ministère de la Culture et de la Société des Gens de Lettres de valoriser le métier de traducteur littéraire, qui contribue à favoriser la transmission de la culture et des savoirs, à renforcer les liens et le dialogue entre les peuples et les cultures, à enrichir la diversité de l'offre éditoriale disponible en langue française. Il est décerné chaque année par un jury indépendant, placé auprès de la SGDL, composé de traducteurs, d’écrivains, de journalistes et de critiques littéraires.