Le pari était ambitieux : réunir, pour la première fois à cette échelle, responsables publics, créateurs, producteurs, diffuseurs, plateformes, salles de projection, acteurs du jeu vidéo et de la technologie autour de l’avenir du cinéma et de l’image animée. « Cet événement n’avait rien d’une évidence », a rappelé Catherine Pégard, ministre de la Culture, lors de son discours de clôture. Cette première édition a pourtant permis de rapprocher des acteurs aux modèles et aux intérêts parfois différents, de faire émerger des positions communes et de poser les bases de nouvelles coopérations politiques et économiques. Pour la ministre, le Sommet aura ainsi permis de faire de ces préoccupations « une question internationale ».
L’Alliance Lumière pour prolonger l’élan du Sommet
C’est l’une des réalisations les plus structurantes du Sommet : la création de l’Alliance Lumière, premier réseau mondial réunissant les institutions publiques chargées du cinéma et de l’audiovisuel. Cinquante-six agences y ont déjà adhéré. Son objectif : partager les expertises, coordonner les positions sur les grands enjeux internationaux et faire émerger des projets communs.
Le succès de ce Sommet ne s’arrête pas à ce que nous aurons décidé aujourd’hui. Il se mesurera à notre capacité à faire vivre ces engagements dans la durée.
L’Alliance doit surtout donner une suite concrète au rendez-vous de Saint-Paul-de-Vence. Ses membres se retrouveront chaque année à Cannes et lors d’un congrès accueilli à tour de rôle par un État membre. La Grèce s’est portée candidate pour l’édition 2027.
Des déclarations aux annonces concrètes
Le Sommet a d’abord abouti à six déclarations. La Déclaration Lumière, entérinée par plus de 120 signataires, fixe un cadre commun pour l’avenir du cinéma et de l’image animée. Cinq autres textes portent sur l’intelligence artificielle et la création, l’éducation à l’image, la lutte contre le piratage, la parité et la prévention des violences et du harcèlement sexistes et sexuels, ainsi que la durabilité. Sur l’IA, Catherine Pégard a ainsi résumé la ligne défendue : « L’innovation doit pouvoir se développer, mais elle doit rester au service de la création humaine. »
A ces textes répondent six mesures phares. Outre l’Alliance Lumière, IRIS (International Resilience Initiative for Independent Screens) doit soutenir les salles et distributeurs indépendants et favoriser la circulation des œuvres. De nombreux cinéastes soutiennent l’initiative, dont Martin Scorsese, Juliette Binoche, Jane Campion, Sofia Coppola, Costa-Gavras, les frères Dardenne, Isabelle Huppert, Jim Jarmusch, Hirokazu Kore-eda, Nanni Moretti, Jafar Panahi, Tilda Swinton, Denis Villeneuve ou encore Wim Wenders.
Avec ALIPH, l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit, un effort mondial doit contribuer à préserver films et archives audiovisuelles menacés. Un manifeste élaboré avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) vise à faire de l’éducation à l’image un apprentissage universel. S’y ajoutent un futur festival international du jeu vidéo et Audiovisual Next Gen, un programme de mentorat destiné à accompagner une nouvelle génération de professionnels issus de l’ensemble des industries créatives.
Un Partenariat Lumière pour aider au développement des industries du cinéma
Le Partenariat Lumière constitue l’annonce financière majeure du Sommet. Ouvert à d’autres États, il vise à soutenir le développement des industries du cinéma, de l’audiovisuel et de l’image animée. La France mobilisera 500 millions d’euros via Bpifrance sur la période 2027 - 2031, notamment à travers des investissements en capital, des financements pour la recherche, le développement et l’innovation créative, ainsi que des mécanismes de cofinancement et de partage des risques. La République de Corée a annoncé un engagement équivalent de 500 millions d’euros pour soutenir son industrie cinématographique, portant l’effort annoncé par les deux pays à un milliard d’euros.
Au-delà des annonces, l’enjeu est désormais de transformer les rencontres de Saint-Paul-de-Vence en partenariats durables. A l’ouverture du Sommet, le président de la République, Emmanuel Macron, soulignait ainsi que « les technologies, les capitaux, les images ne connaissent plus de frontières : c’est pourquoi ce défi est mondial ». Avec ses déclarations, ses nouveaux dispositifs et l’Alliance Lumière appelée à poursuivre chaque année le dialogue engagé à Saint-Paul-de-Vence, cette première édition du Sommet Lumière a posé les bases d’une coopération internationale appelée à se prolonger.
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