Créé en 1994 par le ministère de la Culture et mis en œuvre depuis 2012 par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, le programme Maîtres d’art – Élèves constitue aujourd’hui une initiative unique en Europe. Il a pour vocation de préserver, de transmettre et de renouveler des savoir-faire rares, parfois menacés de disparition, désormais pratiqués dans quelques ateliers seulement et constituant un patrimoine vivant essentiel à l’identité culturelle et au dynamisme économique de la France.
Fondé sur un compagnonnage approfondi, le dispositif repose sur la relation étroite entre un professionnel reconnu pour l’excellence de sa pratique et un élève qu’il a choisi. Ensemble, ils s’engagent dans un parcours de transmission sur deux années, au sein de l’atelier. Ce temps long, indispensable à l’acquisition des gestes et des techniques, permet également de transmettre les exigences de qualité, les valeurs et la culture propres aux métiers d’art.
À l’issue de ce parcours exigeant, le maître transmetteur peut se voir attribuer le titre d’État de Maître d’art, distinction décernée à vie par le ministère de la Culture, qui salue à la fois l’excellence d’un savoir-faire et un engagement remarquable dans sa transmission.
Depuis sa création, le programme a accompagné 304 professionnels — 149 Maîtres d’art et 155 Élèves — couvrant plus de 100 spécialités, dont de nombreux savoir-faire rares. Il contribue ainsi activement à la sauvegarde et au renouvellement des métiers d’art sur l’ensemble du territoire.
Transmettre des savoir-faire rares : un enjeu majeur pour les métiers d’art
Dans un contexte marqué par le vieillissement des détenteurs de savoir-faire d’exception — dont près d’un quart a plus de 55 ans — et par l’absence de filières de formation dédiées pour de nombreuses techniques, la transmission constitue un enjeu majeur. Le programme Maîtres d’art – Élèves apporte une réponse concrète et exemplaire à ce défi en favorisant une transmission directe, incarnée et exigeante.
Durant les deux années d’accompagnement, le candidat Maître d’art bénéficie d’une allocation lui permettant de dégager du temps de production afin de se consacrer pleinement à la transmission.
Parallèlement, des moyens dédiés permettent d’accompagner l’élève dans le développement de son projet professionnel, notamment en finançant l’acquisition d’équipements, d’outils, l’accès à des formations spécialisées, ou encore l’accompagnement à la structuration de son activité. Il bénéficie également d’un suivi individualisé, garant d’une transmission de haut niveau et d’une insertion professionnelle durable.
Au-delà de la transmission des gestes, le programme vise à former une nouvelle génération de professionnels capables de pérenniser ces savoir-faire tout en les adaptant aux enjeux contemporains, qu’ils soient économiques, environnementaux ou technologiques.
Une promotion 2026 représentative de la diversité des métiers d’art
La promotion 2026 témoigne de la richesse et de la vitalité des métiers d’art en France, avec huit binômes sélectionnés dans des domaines variés, dont plusieurs représentés pour la première fois au sein du programme. Elle se caractérise par la diversité des métiers, incluant des savoir-faire rares ou peu documentés ainsi que par sa présence dans cinq régions françaises, illustrant l’ancrage territorial du dispositif. Elle reflète également la diversité des univers concernés, de l’architecture et du patrimoine bâti à la facture instrumentale, en passant par le textile ou la photographie.
Les savoir-faire représentés cette année — tels que la taillanderie, le tirage photographique noir et blanc à l’agrandisseur ou encore la marbrure sur papier — témoignent de la capacité des métiers d’art à conjuguer tradition, innovation et réponse aux enjeux contemporains, notamment en matière de durabilité, de création et de préservation du patrimoine.
Les huit binômes lauréats
- Stuc : Richard AUROUX, stucateur marbre et pierre (Île-de-France), avec son élève Ludovic BRUN
- Archeterie : Emmanuel CARLIER, archetier (Île-de-France), avec son élève Lydia GOLDE
- Taillanderie : Martin CLAUDEL, taillandier (Bretagne), avec son élève Caroline HASNE
- Photographie technique : Thomas CONSANI, photographe technicien (tirage noir et blanc à l’agrandisseur) (Île-de-France), avec son élève Alexandre DIAS LOPES
- Facture d’instruments à vent historiques : Henri GOHIN, facteur d’instruments Renaissance et baroques (Île-de-France), avec son élève Jules LEROY TERQUEM
- Tissage à bras velours de soie : Olivier JOANNEN, tisseur (Hauts-de-France), avec son élève Pauline DESMULLIER
- Facture d’instrument à cordes frottées : Antoine LESCOMBE, facteur d’instruments à cordes frottées (Moderne et Baroque) (Normandie) avec son élève Nolwenn LEFEVRE
- Marbrure sur papier : Marianne PETER, marbreur sur papier (Nouvelle-Aquitaine), avec son élève Paloma ERRECABORDE
Le ministère de la Culture soutient les métiers d’art
À travers ce programme, le ministère de la Culture réaffirme son engagement en faveur de la transmission des métiers d’art, de la formation des nouvelles générations et du soutien à l’insertion professionnelle.
Au croisement de la création, du patrimoine et de l’économie, les métiers d’art occupent une place essentielle dans le paysage culturel français. Ils participent au rayonnement international de la France, à la vitalité des territoires et à la préservation d’un patrimoine immatériel d’une
Le ministère de la Culture et l’Institut pour les Savoir-Faire Français félicitent chaleureusement les huit nouveaux binômes et saluent leur engagement au service de la transmission du patrimoine vivant de demain.