« On tient toujours du lieu dont on vient »
Un musée patrimonial au cœur de Château-Thierry
Musée municipal, le musée Jean de La Fontaine est installé à Château-Thierry (02) dans un hôtel particulier de la Renaissance édifié en 1559, au sein de l’enceinte médiévale de la ville. Construit en pierre de taille entre cour et jardin, l’édifice est classé au titre des Monuments historiques depuis le 1er août 1910. Le jardin, délimité par le mur médiéval et une tour conservée, demeure accessible gratuitement pendant les heures d’ouverture.
Le musée Jean de La Fontaine est aménagé dans la maison natale du poète, un hôtel particulier de la Renaissance acquis par les parents de Jean de La Fontaine en 1617 et conservé par la famille jusqu’en 1676 : c’est dans cette demeure qu’il passe son enfance et son adolescence. La Fontaine y est baptisé le 8 juillet 1621, fils de Charles de La Fontaine, maître des Eaux et Forêts du duché de Château Thierry, et de Françoise Pidoux.
Il commence probablement ses premières études au collège de Château Thierry, avant de poursuivre sa formation à Paris. Après un bref passage à l’Oratoire et des études de droit, il retourne à Château Thierry à la fin des années 1640, où il se marie et voit naître son fils Charles. C’est aussi à Château Thierry que sa vocation littéraire s’éveille pleinement avant qu’il ne s’impose à Paris comme l’un des grands auteurs français du XVIIᵉ siècle.
La maison elle même, située au cœur de la ville - historiquement nommée Chaûry à l’époque de sa naissance - témoigne aujourd’hui de ce lien intime entre le lieu et la figure littéraire, en offrant aux visiteurs une plongée dans l’univers du jeune La Fontaine.
« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point »
Un projet de rénovation au service de l’accueil et de l’accessibilité
Engagé à partir de 2020, le projet de rénovation répond à des constats établis dès 2017 : surfaces limitées, parcours contraint, absence d’espaces dédiés aux expositions temporaires et à la médiation, accessibilité partielle aux personnes à mobilité réduite. Le projet associe étroitement le musée et la médiathèque Jean Macé, attenante, dans laquelle sont désormais implantés l’accueil-boutique, la salle d’expositions temporaires et une circulation verticale accessible.
La maîtrise d’œuvre, désignée en 2021, est assurée par l’agence Pallot (ACMH), en lien avec le scénographe Philippe Maffre (MAW). Le marché de travaux a été lancé en juin 2022, pour un démarrage du chantier à l’automne 2022. Le coût total de l’opération s’élève à un peu plus de 6 millions d’euros (hors taxes).
Les travaux ont été conduits en deux tranches distinctes :
- la première concernant les espaces situés dans le bâtiment contemporain de la médiathèque – accueil, boutique et salle d’exposition temporaire ;
- et la seconde portant sur l’hôtel particulier classé Monument historique, dédié au parcours permanent et aux ateliers de médiation.
« Instruire en plaisant »
Un parcours renouvelé pour redécouvrir Jean de La Fontaine
Le nouveau parcours muséographique, structuré autour d’une circulation verticale descendante, propose une approche progressive de la figure de Jean de La Fontaine et de la richesse de son œuvre. Après des salles introductives sobres, la scénographie devient plus immersive, en dialogue avec les traces de l’histoire de la maison. Elle met en lumière les sources d’inspiration du fabuliste, la diversité de ses illustrateurs et la réception savante et populaire de son œuvre.
« Chacun salue qui mieux peut »
Un musée accessible à toutes et tous
Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite, à l’exception des combles. Des dispositifs tactiles, des supports de médiation à plusieurs niveaux de lecture, un livret de visite et un audioguide complètent l’offre, afin de favoriser une découverte active et sensible, notamment par l’écoute de la musicalité des textes.
« On ne garde rien que ce que l’on cultive »
Des collections restaurées et des conditions de conservation renforcées
Les collections du musée Jean de la Fontaine, riches et diversifiées, rassemblent peintures, arts graphiques, éditions originales, sculptures, mobilier et objets d’arts décoratifs en lien avec la vie et l’œuvre de Jean de La Fontaine (1621-1695). Le musée conserve notamment la remarquable collection du baron Feuillet de Conches, ensemble unique composé de 172 Fables et 10 Contes en feuilles, illustrés par des artistes du monde entier entre 1828 et 1840.
Le chantier des collections a permis la restauration d’un nombre significatif d’œuvres, dont plusieurs pièces emblématiques. Les choix muséographiques privilégient un aménagement respectueux de l’édifice, sans reconstitution historique des intérieurs, et garantissent des conditions de conservation préventive adaptées à la fragilité des collections.
Le label « Maison des Illustres »
Attribué par le ministère de la Culture, le label « Maison des Illustres » distingue des lieux ouverts au public ayant abrité des personnalités ayant marqué l’histoire politique, sociale, scientifique ou culturelle de la France. Il reconnaît des maisons qui conservent et transmettent la mémoire de ces figures à travers un projet scientifique et culturel structuré. La maison natale de Jean de La Fontaine est labellisée « Maison des Illustres » depuis 2011, en reconnaissance de son intérêt patrimonial et de la qualité de son projet de valorisation.
« Deux esprits qui s’unissent valent mieux qu’un seul isolé »
L’engagement de l’État et des partenaires publics
Le projet s’inscrit dans le cadre du contrat de plan État-Région (CPER). À ce titre, l’État mobilise une participation de 400 000 euros et la Région Hauts-de-France 800 000 euros, affirmant un investissement conjoint en faveur du patrimoine et de l’offre muséale sur le territoire.
En outre, au titre de l’action « Musées », la DRAC des Hauts-de-France apporte un soutien financier majeur : 950 000 euros sont consacrés aux travaux de rénovation du musée, complétés par 78 000 euros dédiés au chantier des collections, engagés entre 2022 et 2023. Ces crédits visent à renforcer la qualité scientifique, la médiation et l’accessibilité du musée de France.
Le projet a bénéficié de concours financiers complémentaires, notamment de la dotation de soutien à l’investissement local, de la Région Hauts-de-France, du département de l’Aisne, ainsi que de financements issus du mécénat, témoignant d’une mobilisation partenariale élargie autour de ce projet patrimonial.
Au-delà de l’apport financier, la DRAC Hauts-de-France assure une ingénierie d’accompagnement structurante. Celle-ci comprend l’expertise scientifique et technique en matière de muséographie, l’appui aux études préalables, la coordination des diagnostics patrimoniaux ainsi qu’une veille réglementaire portant notamment sur la sécurité, l’accessibilité et la conservation préventive, en lien avec le service des musées de France et le pôle Patrimoines et architecture de la DRAC Hauts-de-France.
S’agissant de l’hôtel particulier classé au titre des monuments historiques, l’État intervient également en amont des travaux par le financement et le suivi des études techniques préalables à la restauration, incluant diagnostics et analyses structurelles. Cette intervention garantit la cohérence entre les exigences de conservation architecturale et les usages contemporains du site.
- « Rien n’est si doux que le lieu où l’on naquit » : Jean de La Fontaine, « La Mort et le Malheureux », Fables, Livre VIII, fable 10, 1678.
- « On tient toujours du lieu dont on vient » : Jean de La Fontaine, « La Souris métamorphosée en fille », Fables, Livre IX, fable 7, 1678.
- « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point » : Jean de La Fontaine, « Le Lièvre et la Tortue », Fables, Livre IV, fable 7, 1668.
- « Instruire en plaisant » : Jean de La Fontaine, « Préface », Fables, 1668.
- « Chacun salue qui mieux peut » : Jean de La Fontaine, « Les deux Amis », Fables, Livre VIII, fable 11, 1678.
- « On ne garde rien que ce que l’on cultive » : Jean de La Fontaine, « Le Savetier et le Financier », Fables, Livre XI, fable 7, 1693.
- « Deux esprits qui s’unissent valent mieux qu’un seul isolé » : Jean de La Fontaine, « Les deux Amis », Fables, Livre VIII, fable 11, 1678.
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