Depuis son installation à Tours en 1989, le Centre chorégraphique national de Tours (CCNT) s’est imposé comme l’un des acteurs majeurs de la danse contemporaine française. Sous la conduite de Thomas Lebrun, qui en assure la direction depuis janvier 2012, l’établissement a produit seize créations et cumule plus de 800 représentations à l’international, illustrant avec éclat la vitalité du secteur chorégraphique français.
Le CCNT s’est pourtant longtemps heurté à une réalité matérielle contraignante : des locaux exigus dans le quartier Giraudeau, limités à environ 700 m², un seul studio de travail et une salle de 136 places. C’est sur ce constat que repose la nécessité absolue d’un nouveau lieu : permettre enfin au CCNT de se doter d’un outil à la hauteur de son projet artistique et de ses missions institutionnelles.
En tant que centre chorégraphique national, le CCNT est tenu d’assurer au minimum trois des cinq missions institutionnelles dévolues à ce label : création d’œuvres chorégraphiques, diffusion, sensibilisation à la danse, formation et accueil de compagnies. Le CCNT de Tours en remplit l’intégralité, auxquelles s’ajoute même une mission de programmation, avec des moyens immobiliers nettement insuffisants. Le nouvel équipement permettra enfin d’aligner les capacités du lieu avec l’étendue et l’ambition de son projet artistique.
Chorégraphe et interprète, Thomas Lebrun dirige le CCNT depuis 2012 avec une vision artistique affirmée, faisant de l’établissement un lieu de création ouvert sur le monde et ancré dans son territoire. Avec ses ateliers chorégraphiques en Guyane, Martinique, Guadeloupe et Cuba, ses résidences d’artistes internationaux et son programme « Dansez-Croisez » mettant en lien des artistes des territoires d’Outre-mer et de la Caraïbe avec la métropole, il incarne une vision généreuse et inclusive de la danse, en phase avec les priorités de la politique culturelle nationale.
Un nouveau lieu plein de rebondissements
Le chemin vers ce nouveau bâtiment n’a pas été linéaire. Un premier projet, remporté par l’architecte Lina Ghotmeh, également auteure du Musée national d’Estonie et du Musée d’histoire naturelle de Copenhague, avait été conçu dès 2016 pour un bâtiment de 2 900 m², incluant une grande salle de 450 places. Mais la flambée des prix consécutive à la période 2020–2022 a rendu ce programme intenable : le coût avait bondi de 38 %, portant la facture à près de 23 millions d’euros. La décision de stopper et de repenser intégralement le projet a été prise par la Ville de Tours, maître d’ouvrage.
C’est ce projet revu et redimensionné qui a fait l’objet d’un nouveau concours d’architecture en 2025, auquel ont répondu 128 candidatures. Le lauréat, l’agence Antonio Virga Architecte, a été désigné et présenté publiquement le 22 janvier 2026.
Une architecture au service de la création
Le futur CCNT s’implantera dans la zone d’aménagement concerté (ZAC) Beaumont-Chauveau, un quartier en pleine reconversion, à terme desservi par le tramway B et des lignes de bus, en proximité de l’université, d’établissements scolaires et du tiers-lieu des Beaumonts. Ce choix d’implantation traduit pleinement la logique d’accessibilité et d’ouverture aux publics créant ainsi un futur carrefour culturel.
Pour le futur CCNT, l’architecte déploie une écriture sobre et précise, où chaque détail, proportion, épaisseur, matière, contribue à l’harmonie de l’ensemble. Loin des effets de style, le projet mise sur une architecture atemporelle : un bâtiment qui s’inscrira dans le temps et donnera une dimension nouvelle au quartier.
D’une longueur de 70 mètres et d’une hauteur de 12,50 mètres, le bâtiment développe une surface de plancher de 2 116 m², soit le triple de la surface actuelle, auxquels s’ajoutent 771 m² d’espaces extérieurs. Sa composition repose sur deux principes affirmés par l’architecte : la clarté et la rationalité. Le programme permet une partition claire du bâtiment en deux entités : d’un côté, un petit studio dédié aux pratiques pédagogiques et un espace de convivialité ; de l’autre, le grand studio de création de 605 m², qui servira également à la représentation pour les formats de petite jauge.
Le futur CCNT se distingue par ses exigences environnementales élevées, conformes aux orientations du ministère de la Culture en matière de transition écologique. Le projet sera composé de matériaux biosourcés, privilégie une conception bioclimatique de l’enveloppe et adopte une stratégie zéro climatisation assurée par le confort hygrothermique passif. L’utilisation d’un béton armé contenant au moins 30 % de granulats recyclés et une politique de réemploi de matériaux locaux complètent ce dispositif ambitieux. Quelque 500 m² de panneaux photovoltaïques en toiture assureront une quasi-autonomie pour les consommations électriques du site.
Le soutien de la DRAC Centre-Val de Loire (ministère de la Culture) au titre de l’investissement, traduit la reconnaissance de l’importance stratégique du CCNT dans le paysage chorégraphique national. Le futur chantier est un événement national dans le paysage chorégraphique en France ; en effet, un tel projet n’a pas d’équivalent depuis de nombreuses années sur le territoire national.
Le calendrier prévisionnel
Après une phase de désignation de la maîtrise d’œuvre achevée fin 2025, les études se poursuivront jusqu’en janvier 2027, avant la consultation des entreprises au premier trimestre 2027. Le démarrage des travaux est prévu au troisième trimestre 2027, pour une livraison attendue au premier semestre 2029, année symbolique qui coïncidera avec le quarantième anniversaire de l’implantation du CCNT à Tours.
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