Que peuvent encore nous apprendre des fouilles vieilles de plus de cinquante ans ? Beaucoup, à en croire les résultats qui seront présentés le 2 octobre prochain, à 18h, à la salle des fêtes d'Ingrandes (place de l’Église). Cette conférence, ouverte au grand public, sans inscription, reviendra sur l'histoire méconnue d'un vaste monument funéraire antique et sur le long travail scientifique qui a permis de lui redonner tout son sens.
Un monument funéraire oublié, une collection retrouvée
Tout commence entre 1969 et 1971, au lieu-dit les Perreaux, à Saint-Patrice, aujourd'hui rattaché à la commune de Coteaux-sur-Loire. Des fouilles y mettent alors au jour les vestiges d'un imposant monument funéraire maçonné datant du Haut-Empire, interprété comme une nécropole familiale. Sur place, plusieurs sépultures à inhumation et à crémation sont découvertes, accompagnées d'un mobilier funéraire remarquable : céramiques, objets en verre et pièces métalliques. Autant d'indices qui témoignent du statut privilégié des personnes inhumées dans ce secteur de la vallée de la Loire, probablement en lien avec la villa antique voisine de Tiron.
Longtemps conservée par des passionnés, cette collection, dite « collection Chasle », est finalement donnée à l’État en 2020. Avant son intégration au Centre de conservation et d’étude de la région Centre-Val de Loire, un chantier des collections financé par l’État a vu le jour. Il comprend l’inventaire de plusieurs centaines d’objets, leur reconditionnement et leur étude.
Ce travail minutieux, placé sous la responsabilité scientifique de Fabrice Couvin (Inrap), s’appuie sur les archives de fouille conservées par la Société archéologique de Touraine. Le mobilier archéologique y est étudié en tenant compte si possible de son contexte de découverte, c’est-à-dire de sa position dans la stratigraphie et des éléments permettant d’interpréter la couche dans laquelle il a été retrouvé.
Ce que révèle la réétude
Grâce à l'implication d'une équipe pluridisciplinaire, cette réétude a permis de préciser le nombre de personnes intégrées à ce monument : un enfant, un adolescent et six à neuf adultes, dont trois femmes. La pratique de l’inhumation côtoie celle l’incinération. La chronologie des sépultures couvre la seconde moitié du II e siècle après J.-C., soit deux à trois générations.
L’existence d’un monument de type pile ou mausolée ne peut être démontrée, mais l’inclinaison de l'enclos témoigne de la volonté de rendre visible l’intérieur depuis la plaine de la Loire et la voie antique Tours-Angers. L'analyse du mobilier, des objets en verre et des restes humains éclaire aujourd'hui d'un jour nouveau les pratiques funéraires : gestes rituels, pratiques de commémoration, statut social des défunts... Autant d'éléments qui redonnent vie à cette nécropole antique et à ceux qui y reposaient.
Une conférence pour tous les curieux d'histoire
Animée par Viviane Aubourg (Drac Centre-Val de Loire, Service régional de l'archéologie) et Fabrice Couvin (Inrap), cette rencontre reviendra à la fois sur la genèse de ce projet de sauvegarde et sur ses résultats scientifiques. Elle sera aussi l'occasion de souligner un enjeu plus large : l'importance de conserver et de réexaminer les collections archéologiques anciennes, dont l'étude continue, des décennies après leur découverte, d'enrichir notre connaissance des sociétés du passé.
Pour aller plus loin :
Nouveau regard sur la nécropole antique de Saint-Patrice (Coteaux-sur-Loire, Indre-et-Loire)
Partager la page





